Intenses consultations à l'Elysée après la bérézina des municipales

Publié le à Paris (AFP)

François Hollande, pressé de répondre au message de défiance adressé par les Français dans les urnes, conduisait lundi d'intenses consultations à l'Elysée où il s'est longuement entretenu avec le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, sur la sellette, tandis que les écologistes posaient leurs conditions à un maintien dans le gouvernement.

Après la défaite cinglante de son camp aux municipales, une "vague bleue" et l'arrivée du FN dans une dizaine de mairies, le président Hollande a bouleversé son agenda officiel pour recevoir dans la matinée le chef du gouvernement durant deux heures. Jean-Marc Ayrault a fait son entrée au palais présidentiel à l'abri des regards.

Les deux hommes devaient déjeuner ensemble, comme prévu dans l'agenda présidentiel diffusé vendredi, mais apparemment, il n'en pas pas été ainsi. Un véritable black-out régnait sur la communication de l'Elysée et de Matignon, sans doute dans l'attente d'une déclaration officielle.

Ministre de l'Agriculture proche de François Hollande, Stéphane Le Foll a annoncé que le chef de l'Etat allait prendre la parole "sans doute à la télévision", sans dire quand.

Quant à Manuel Valls, qui était également attendu à l'Elysée, à 10H00, comme tous les lundis, il n'y a pas été davantage vu. Ce rendez-vous a été "décalé", a fait savoir son entourage. Le ministre de l'Intérieur, qui a la faveur des Français pour succéder à Jean-Marc Ayrault, devait également rencontrer le chef du gouvernement lundi matin. Rendez-vous "reporté" aussi.

François Hollande est pressé lundi de toute part - y compris dans son camp - de remanier sans tarder son gouvernement, mais aussi de changer de cap.

Lundi matin, Jean-Vincent Placé - dont le mouvement EELV compte deux membres au gouvernement - a lancé une petite bombe en disant "stop au pacte de responsabilité", un dispositif que François Hollande a placé au coeur de son action pour relancer l'emploi... "En l'état, il est invotable et il ne sera pas voté par la majorité", a tranché ce membre influent du parti.

A quelques semaines du deuxième anniversaire de son entrée à l'Elysée et à deux mois d'élections européennes qui s'annoncent au moins tout aussi périlleuses pour la majorité, le président a essuyé dimanche une défaite personnelle: sanction d'une impopularité record sous la Ve République, d'une crise de confiance symbolisée par la forte abstention des électeurs de gauche et d'une hausse du chômage qu'il ne parvient pas à juguler.

Le chef de l'Etat aura du mal à se contenter d'un jeu de chaises musicales, car il affronte désormais l'impatience, voire la colère d'une partie de sa majorité.

Le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, a plaidé pour un "allègement de cotisations salariées".

Et quatre courants de la gauche du PS ont donné rendez-vous aux députés lundi soir à l'Assemblée nationale pour demander "une réorientation" de la politique menée et aborder la question de la confiance au prochain gouvernement.

"Après ce sinistre politique majeur, la confiance n'est pas automatique", a prévenu Christian Paul, député PS, de la Nièvre.

- Valls préféré des Français -

"Il y a un besoin de justice sociale", reconnaissait l'entourage du président dans l'entre-deux-tours. Il faut être "plus juste, peut-être plus conforme à nos promesses", ajoutait-il, laissant augurer un geste - au moins symbolique - en direction des classes populaires.

En perdant au moins 155 villes de plus de 9.000 habitants - certaines à gauche depuis plus de 100 ans - le camp socialiste permet à la droite d'effacer largement ses pertes du scrutin de 2008 (82 villes de plus de 10.000 habitants), abandonnant du même coup son statut de premier pouvoir local.

"Ce premier test pour François Hollande a été une véritable catastrophe, la victoire de 2008 a été complètement effacée", résume Frédéric Dabi de l'Ifop.

Le président de l'UMP, Jean-François Copé, a triomphé toute la soirée de dimanche sur le thème de cette "vague bleue" que son camp n'espérait même pas, tandis que Marine Le Pen a salué "une nouvelle étape" dans l'histoire du Front national, qui gagne onze mairies.

Selon un sondage BVA pour Le Parisien/Aujourd'hui en France, près des trois quarts (74%) des Français ne souhaitent pas que Jean-Marc Ayrault reste Premier ministre.

Parmi les favoris pour lui succéder, Manuel Valls arrive en tête (31%), loin devant Martine Aubry (17%) et Laurent Fabius (16%). Bertrand Delanoë (8%), Jean-Yves Le Drian (6%), Claude Bartolone (5%) et Michel Sapin (3%) ferment la marche.

Et comme si tout cela ne suffisait pas, la matinée de lundi a été marquée par une avalanche de mauvaises nouvelles économiques: dérapage du déficit public et recul des marges et des investissements des entreprises l'an dernier, fléchissement du pouvoir d'achat des ménages au 4e trimestre 2013...

Quant à la ministre déléguée à la Francophonie, Yamina Benguigui, elle est dans le collimateur de la Haute Autorité pour la transparence qui a évoqué "un doute sérieux" sur sa déclaration de patrimoine et qui a saisi le parquet de Paris.

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