Israël: deux morts dans une nouvelle attaque, l'assaillant palestinien tué

Publié le à Tel-Aviv (AFP)

Après des heures de chasse à l'homme, la police israélienne a localisé et tué vendredi un Palestinien ayant tué au moins deux personnes en plein coeur de Tel-Aviv, une attaque qui endeuille à nouveau Israël.

Cette fusillade est la quatrième attaque meurtrière qui frappe Israël en moins de trois semaines, dont deux ont été commises par des Arabes Israéliens et deux par des Palestiniens.

Les mouvements islamistes palestiniens Hamas et Jihad islamique, qui prônent la lutte armée pour récupérer les territoires occupés par contre Israël, ont salué toutes les attaques dont celle de jeudi soir sans néanmoins les revendiquer.

"Après une nuit difficile et de longues heures de recherches par la police, les services de sécurité et l'armée, nous avons réussi ce matin (...) à resserrer l'étau autour du terroriste qui a été tué dans un échange de tirs" à Jaffa, au sud de Tel-Aviv, à quelques kilomètres du lieu de l'attaque, a dit le commissaire en chef de la police, Yaacov Shabtai.

Selon le Shin Beth, le service de renseignement intérieur israélien, l'assaillant, Raëd Hazem, 28 ans, était un Palestinien "sans affiliation connue" à une faction armée et originaire du secteur de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.

Jeudi, vers 21H00 (18H00 GMT), l'assaillant a ouvert le feu rue Dizengoff, artère du centre de la métropole côtière Tel-Aviv connue pour ses cafés, bars et restaurants, tuant deux personnes, des Israéliens de Kfar Saba (centre) selon la presse locale, et en blessant une dizaine dont certaines grièvement.

- Jénine -

"C'était une ambiance de guerre, des soldats et des policiers partout. Ils ont fouillé un restaurant, des gens pleuraient et couraient dans tous les sens", a déclaré à l'AFP Binyamin Blum, employé dans un restaurant.

Dror Yeheskel, 39 ans, buvait un verre avec son frère rue Dizengoff, lorsque les tirs ont commencé. "Les gens ont commencé à courir en criant +il y a un terroriste+. Nous avons couru à l'intérieur du restaurant. Dans la cohue, les gens tombaient. Le personnel poussait les gens vers la cuisine. Nous étions entassés et paniqués", a-t-il raconté à l'AFP.

Vendredi matin, des gens accroupis devant les barrières de sécurité déposaient des fleurs, des bougies, devant le bar, où s'est concentrée l'attaque, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le Premier ministre israélien Naftali Bennett a averti que "quiconque a aidé (l'assaillant), indirectement ou directement, en paiera le prix".

Il a ensuite indiqué avoir ordonné la fermeture du point de passage de Jalameh, situé au nord de Jénine, et liant cette région à Israël, afin de réduire la "possibilité de mouvement vers et à partir" de ce secteur.

C'est de la région de Jénine qu'était aussi originaire l'auteur palestinien d'une attaque qui a tué le 29 mars cinq personnes à Bnei Brak, ville juive ultra-orthodoxe près de Tel-Aviv.

Dans la foulée, l'armée israélienne avait mené des raids à Jénine tuant trois combattants du Jihad islamique, principal mouvement armé palestinien après le Hamas.

Le Jihad islamique a "salué" l'attaque de jeudi, une "réponse naturelle" selon lui aux "crimes" d'Israël. Le Hamas, au pouvoir à Gaza, l'a qualifiée d'"opération héroïque".

- Série d'attaques -

Les Etats-Unis ont condamné "l'attaque terroriste" disant se tenir avec l'allié israélien "résolument face au terrorisme et à la violence insensés."

L'attaque de Tel-Aviv a porté à au moins 13 le nombre de personnes tuées depuis le 22 mars dans une série d'attentats en Israël.

Avant l'attaque de jeudi et celle de Bnei Brak, deux policiers israéliens ont été tués dans une fusillade revendiquée par l'organisation jihadiste Etat islamique (EI) à Hadera (nord) le 27 mars. Les deux assaillants arabes israéliens ont été abattus.

Le 22 mars, à Beersheva (sud), quatre Israéliens ont été tués par un enseignant arabe israélien, un sympathisant de l'EI, également abattu.

Les Arabes israéliens (20% de la population d'Israël) sont les descendants des Palestiniens restés sur leurs terres à la création d'Israël en 1948.

Par ailleurs, la police était en état d'alerte vendredi pour la première grande prière du vendredi du mois du jeûne du ramadan sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé par Israël.

En 2021, des heurts entre Palestiniens et policiers israéliens en marge des rassemblements du ramadan à Jérusalem-Est, territoire occupé depuis 1967 par Israël, avaient conduit à une guerre de 11 jours entre le Hamas et l'armée israélienne.

© 2022 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

A lire également

Notre Sélection d'annonces avec LOGIC-IMMO.BE

Fil info