Israël intensifie ses raids à Gaza, 4 enfants palestiniens tués sur une plage

Publié le à Gaza (Territoires palestiniens) (AFP)

Israël a intensifié mercredi ses frappes contre la bande de Gaza, où quatre enfants morts dans un bombardement, au 9e jour d'une offensive aérienne majeure relancée après l'échec d'une tentative de trêve.

Alors que plus de 40 nouvelles roquettes palestiniennes ont été tirées depuis l'enclave palestinienne sur Israël, les efforts continuaient pour tenter de mettre fin au bain de sang après l'échec d'un premier cessez-le-feu proposé par l'Egypte.

Celui-ci a été accepté la veille par Israël mais rejeté par le Hamas qui contrôle la bande de Gaza. Un représentant du mouvement islamiste palestinien devait néanmoins avoir des discussions à ce sujet plus tard dans la journée au Caire, selon un responsable.

Arguant de ce refus, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a dit n'avoir "d'autre choix que d'étendre et d'intensifier" la campagne militaire contre Gaza, un territoire minuscule de 362 km carrés où s'entassent dans la misère 1,8 million d'âmes soumises à un blocus israélien depuis des années.

Une cinquantaine de raids aériens accompagnés de bombardements de l'artillerie ont visé les maisons de responsables du Hamas et d'autres cibles à Gaza, tuant vingt Palestiniens dont au moins cinq enfants selon les secours palestiniens.

Quatre des enfants ont péri dans un bombardement qui a détruit une paillote sur une plage de la ville de Gaza, près du port, où se trouvait un groupe d'enfants, à 200 mètres d'un hôtel utilisé par les journalistes.

Des enfants, certains ensanglantés, couraient en criant vers l'hôtel, où ils se sont réfugiés. L'un des enfants blessés se tenait le ventre en hurlant avant de s'écrouler et d'être transporté à la hâte par le personnel de l'hôtel vers une ambulance.

Deux autres enfants ont été blessés par des éclats, l'un à la tête. Une ambulance a aussi emporté un homme dont la jambe a été arrachée.

La plage visée, au bord de la Méditerranée, accueille des paillotes, des cabanes pour pêcheurs et des petits cafés, très populaires en temps normal.

- Nulle part où aller -

Au total 217 Palestiniens ont été tués et plus de 1.600 blessés, en grande majorité des civils, en neuf jours d'offensive contre Gaza, selon un dernier bilan des services d'urgences palestiniens.

Côté israélien, un civil de 37 ans a été tué mardi, touché par une roquette alors qu'il distribuait de la nourriture aux soldats postés à la frontière de Gaza.

Avant l'aube, l'armée a appelé par sms, messages téléphoniques et tracts, quelque 100.000 habitants du nord de Gaza à quitter les lieux avant 05H00 GMT en prévision de bombardements massifs, en affirmant qu'elle ne voulait pas "faire de mal" aux habitants.

Les journalistes de l'AFP sur place n'ont constaté aucune fuite massive des habitants, dont beaucoup soulignaient n'avoir nulle part où aller.

"Ils larguent ces tracts depuis leurs avions pour dire aux gens ordinaires d'évacuer. Mais où devons-nous aller? Mieux vaut rester et mourir dans nos maisons", s'est exclamé Fayçal Hassan.

Une dizaine d'ONG israéliennes ont critiqué les méthodes de l'armée d'autant que les résidents n'ont pas de réelles possibilités de fuite.

L'Agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) a indiqué accueillir désormais 21.000 réfugiés, dont un grand nombre dorment à même le sol faute de places.

Israël a annoncé que plus d'un millier de roquettes avaient atteint son sol en neuf jours et plus de 250 avaient été détruites par le système de défense Iron Dome.

- Diplomates en quête de solutions -

Les forces israéliennes n'ont cependant pas engagé d'opérations au sol, bien que des troupes d'infanterie et chars ont été ostensiblement déployés aux abords de Gaza et 40.000 réservistes mobilisés.

Pour Giora Eiland, ex-directeur du Conseil national de sécurité israélien, l'offensive terrestre est le seul moyen de "détruire" le réseau de tunnels construit par le Hamas. "Il semblerait qu'on aille dans cette direction".

Le Hamas, considéré par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne comme une "organisation terroriste", a exclu tout cessez-le-feu sans un accord global sur la fin du blocus de Gaza, l'ouverture du poste-frontière avec l'Egypte et la libération de détenus.

Après avoir reçu à Jérusalem la chef de la diplomatie italienne Federica Mogherini, dont le pays préside l'UE, M. Netanyahu a affirmé que "le Hamas porte toute la responsabilité de la poursuite de la violence".

Très en retrait dans cette crise, le président palestinien Mahmoud Abbas est arrivé au Caire pour des entretiens sur une possible trêve.

La nouvelle spirale de violence israélo-palestinienne a été enclenchée après le rapt et le meurtre de trois étudiants israéliens en juin, attribués par Israël au Hamas qui a nié, suivis de l'assassinat d'un jeune Palestinien brûlé vif à Jérusalem.

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