Israël: un an de pandémie, deux élections et un vaccin qui "a changé la donne"

Publié le à Jérusalem (AFP)

Le 2 mars 2020, aux premiers jours de la pandémie, Hadas votait entourée "d'extraterrestres" en combinaison spatiale dans un bureau de vote destiné aux premiers Israéliens placés en quarantaine. Un an plus tard, la jeune avocate a voté telle une électrice lambda, et vaccinée.

Lorsque l'AFP a rencontré Hadas Vinograd-Haber en mars 2020, elle revenait d'un voyage en Italie, alors épicentre de la pandémie de coronavirus en Europe, et avait été privée de sortie pendant 14 jours par les autorités israéliennes.

Seule incartade alors autorisée: aller voter.

Sur le parking d'une zone industrielle de Jérusalem, là où ont habituellement lieu les examens du permis de moto, elle s'inquiétait auprès de l'AFP de voir autant de personnes susceptibles d'avoir été contaminées rassemblées au même endroit.

Les malades potentiels étaient alors accueillis par des policiers et des membres de la commission électorale en combinaison blanche intégrale, les intimant de garder leurs distances, dans une ambiance de fin du monde.

"C'était le début de la pandémie, tout le monde était déboussolé", se rappelle-t-elle un an plus tard, alors qu'Israël retourne aux urnes pour des quatrièmes législatives en moins de deux ans.

"Les gens se comportaient comme des fous, se tenaient tous à des mètres les uns des autres (...) On aurait dit des extraterrestres", ajoute-t-elle. "Comme si c'était la fin du monde, comme si de toute façon il était inutile de voter parce qu'il n'y aurait pas de lendemain".

Depuis, elle a retrouvé son bureau de vote traditionnel, une école du centre de Jérusalem où elle vit. Et seule son masque sanitaire bleu clair lui barrant le visage trahit la survivance de la pandémie.

- Deux doses, un vote -

Le 2 mars 2020, seuls 12 cas de contamination avait été détectés en Israël. Au 23 mars, le bilan du ministère de la Santé fait état de plus de 828.200 personnes ayant été infectées, dont près de 6.100 sont décédées, depuis le début de la pandémie.

Au plus haut de la crise sanitaire, les autorités ont recensé près de 10.000 nouveaux cas quotidiens.

Mais lundi, seuls 942 cas ont été détectés, résultat d'une massive et rapide campagne de vaccination ayant permis d'administrer deux doses de vaccin à près de la moitié de la population, dont 90% des personnes âgés de plus de 70 ans.

"Les vaccins ont changé la donne", estime Mme Vinograd-Haber, 27 ans et qui a aussi reçu ses deux doses. "C'était parfait, on l'a eu à temps et beaucoup ont pu se faire vacciner".

Le Premier ministre sortant Benjamin Netanyhau, qui joue sa survie politique dans le scrutin de mardi, a lui-même lancé la campagne de vaccination en décembre et mise sur sa stratégie vaccinale pour rester à son poste.

"Les gens ne pensent pas que la crise du coronavirus est derrière eux (...), ils pensent maintenant que le gouvernement gère bien la crise", indique Adi Geva, vice-président d'institut de sondages Migdam.

Quelque 700 bureaux de vote éphémères ont été installés mardi à travers le pays pour les personnes en quarantaine --celles susceptibles d'avoir été en contact avec des personnes infectées ou de retour de l'étranger-- et pour les personnes infectées.

Mais "il n'y a presque personne", note Omer Shefer, de permanence à un bureau de vote sur un parking de Holon, ville au sud de Tel-Aviv. "Je pense qu'ils avaient prévu (ces bureaux de vote) un mois ou deux en avance et ne savaient pas que le taux d'infection chuterait".

Au fur et à mesure de la campagne de vaccination, le taux d'infection a reculé pour passer d'environ 9% en janvier à 1,6% cette semaine, d'après les données du ministère de la Santé.

"Notre situation est très bonne ici en Israël comparé aux autres pays", se réjouit Hadas, qui ne souhaite pas dire pour qui elle a voté mardi, disant seulement être restée fidèle à ses votes passés. Ayant joué son va-tout sur le vaccin, Benjamin Netanyahu espère toutefois obtenir son vote.

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