Joe Biden à la tribune en rassembleur d'une Amérique meurtrie

Publié le à Wilmington (Etats-Unis) (AFP)

C'est le discours d'une vie: Joe Biden se présente jeudi soir face à l'Amérique en champion d'une famille démocrate plus unie qu'en 2016 qui espère faire de Donald Trump le président d'un seul mandat.

Couronnement d'une carrière politique entamée il y a près de 50 ans, l'ancien vice-président de Barack Obama, 77 ans, acceptera formellement l'investiture du parti démocrate depuis sa ville de Wilmington, dans le Delaware.

"Cette campagne a eu des hauts et des bas, mais, à travers elle, nous avons rassemblé notre parti et notre pays. L'heure du dernier chapitre est venue. Allons-y!", a-t-il tweeté quelques heures avant son allocution, sur scène mais sans public.

Ce discours, qui devrait être suivi par des dizaines de millions d'Américains, consacrera la ténacité de ce vieux routier de la vie politique américaine dont la vie a été jalonnée de drames personnels.

A deux mois et demi de l'élection, les Américains interrogés par les sondeurs ont majoritairement perdu confiance en Donald Trump pour sa gestion du pays, en particulier de la pandémie de Covid-19.

Toute la semaine, c'est d'ailleurs l'angle qu'ont choisi les démocrates, qui ont peu parlé de leur programme, pour pilonner le président sortant.

- Réquisitoire d'Obama -

Sillonnant l'Amérique pour occuper le terrain, Donald Trump, 74 ans, s'est rendu jeudi en Pennsylvanie, à deux pas de la ville natale de Joe Biden, Scranton.

"La survie de notre pays est en jeu (...) Ces gens sont devenus fous", a-t-il lancé, dressant un tableau apocalyptique du pays si ses adversaires l'emportaient le 3 novembre.

"Si vous voulez vous représenter la vie sous une présidence Biden, imaginez les ruines fumantes de Minneapolis, l'anarchie violente de Portland et les trottoirs tachés de sang de Chicago dans toutes les villes d'Amérique", a-t-il ajouté.

Mercredi soir, le réquisitoire de Barack Obama contre son successeur fut le plus sévère qu'il ait prononcé en quatre ans.

"J'ai espéré, pour le bien de notre pays, que Donald Trump puisse montrer l'envie de prendre son rôle au sérieux, qu'il puisse ressentir le poids de la fonction", a affirmé M. Obama.

"Mais il ne l'a jamais fait", a ajouté le premier président noir des Etats-Unis, et troisième ex-président démocrate à soutenir Joe Biden à la convention, après Bill Clinton et Jimmy Carter.

Le seul ancien président républicain en vie, George W. Bush, a fait savoir qu'il ne voterait pas pour Donald Trump.

Contre Barack Obama, Donald Trump a répliqué vertement: "Regardez comme il était mauvais, à quel point il fut un président inefficace".

- "Incompétence", "cruauté" -

Les républicains devraient aussi scruter de près le discours de Hunter Biden, fils du candidat qu'ils accusent d'être "corrompu" pour avoir siégé au conseil d'administration d'une compagnie gazière ukrainienne lorsque son père était vice-président des Etats-Unis.

C'est cette affaire qui est à l'origine de la procédure historique de destitution contre Donald Trump, acquitté en janvier.

La candidate à la vice-présidence, Kamala Harris, a dénoncé dans son propre discours d'investiture mercredi "le chaos permanent", l'"incompétence" et la "cruauté" du milliardaire.

Cette ancienne procureure générale, fille d'un père jamaïcain et d'une mère indienne, a appelé à la mobilisation. "L'absence de leadership de Donald Trump a coûté des vies" au pays, a-t-elle lancé, évoquant l'épidémie qui a fait plus de 170.000 morts aux Etats-Unis.

"Nous méritons beaucoup mieux!", a aussi déclaré la sénatrice de Californie, 55 ans, qui pourrait le 3 novembre écrire un nouveau chapitre de l'histoire américaine en devenant la première femme à accéder à la vice-présidence.

A cause de la pandémie, la convention démocrate se tient entièrement en ligne cette année, sous un format rythmé de deux heures par soir.

Elle est, comme c'est la tradition, l'occasion de mettre en valeur de nouvelles personnalités, et une place de choix a cette année été réservée à Pete Buttigieg, un démocrate modéré de 38 ans, et l'une des révélations des primaires du début de l'année.

Quant aux républicains, leur convention, largement virtuelle, aura lieu la semaine prochaine.

M. Trump prononcera son discours jeudi soir, depuis la Maison Blanche.

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