Jordan Bardella, le jeune premier du RN bientôt président par intérim

Publié le à Perpignan (AFP)

Désigné dimanche premier vice-président du Rassemblement national, Jordan Bardella, fidèle lieutenant de Marine Le Pen, va devenir à l'automne et à seulement 25 ans le président par intérim du mouvement le temps de la campagne présidentielle de la cheffe du RN.

Souvent sanglé d'un costume bleu marine, tombant davantage la cravate, le natif de la Seine-Saint-Denis aura la tache de conduire jusqu'à la présidentielle de 2022 un parti ébranlé par ses revers aux régionales, mais sans en changer la ligne.

Jordan Bardella a été particulièrement applaudi samedi au congrès du RN à Perpignan. Chef de file aux régionales en Ile-de-France où il avait recueilli 10,8% des voix au second tour (-3 points), il avait aussi présidé un meeting sans Marine Le Pen en Seine-et-Marne ressemblant fort à une répétition générale d'un chef de parti, où il avait appelé à "relocaliser chez eux" les délinquants en situation irrégulière.

D'ascendance italienne, né à Drancy en Seine-Saint-Denis, le jeune homme élancé et à l'allure un peu raide n'a plus sa carte d'étudiant en géographie et se consacre désormais "24h sur 24h" au parti, dont il a gravi rapidement les échelons jusqu'à devenir le premier vice-président, après avoir mené le RN à la victoire aux européennes en 2019.

"Avec la campagne européenne, j'ai le sentiment d'avoir pris 10 ans en 6 mois", admet le candidat, chez qui beaucoup au RN saluent la "maturité", et qui est en outre eurodéputé, conseiller régional sortant, et responsable de la jeunesse et de la communication du parti.

Son accession à la tête du parti fait que celui-ci n'est plus, pour la première fois hormis un très bref intérim pendant l'entre deux tours en 2017, dirigé par un Le Pen. Mais il reste dans la famille puisque Jordan Bardella vit en couple avec Nolwenn Olivier, fille de Marie-Caroline Le Pen, (la soeur aînée de Marine Le Pen), et de Philippe Olivier, conseiller spécial de la cheffe du RN.

Vieux militant malgré son jeune âge, intéressé tôt par l'histoire et la politique il prend sa carte au FN à 16 ans, au lendemain d'un débat en 2012 entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

Après avoir obtenu le bac ES mention "très bien" dans un lycée privé de Saint-Denis, il obtient une bourse au mérite et milite contre la disparition de ces récompenses, ce qui lui vaut sa première notoriété.

- "Renouveau" -

Il devient à 18 ans responsable de la fédération FN du département, dont il n'a de cesse de dénoncer "l'ensauvagement" et monte un collectif sur les banlieues, qui réunissent à ses yeux "tous les problèmes de la France puissance 10".

Il évoque ces amies entrées au collège "dans un état d'esprit parfaitement laïc" et qui ressortent du lycée "en portant le voile", les émeutes de 2005 en bas de chez lui et son "premier confinement" lors de l'assaut donné, tout près de son domicile, contre les terroristes du Bataclan.

Il n'est pas baptisé mais "assume l'héritage au moins culturel chrétien" de ses parents, qui se sont séparés quand il avait 2 ans. Il grandit chez sa mère. Elle travaille comme Atsem, à Saint-Denis, son père a une petite entreprise dans le Val d'Oise d'appareils pour boissons.

Elu conseiller régional d'Ile-de-France en 2015, il prend en 2018 la direction du mouvement des jeunes, qu'il rebaptise Génération nation (ex-FNJ), clin d’œil au mouvement radical dissout Génération identitaire. Il intègre en 2017 l'équipe de la campagne présidentielle, recruté par Jean-Lin Lacapelle. Ce dernier salue un militant "talentueux, efficace et humain".

Sa jeunesse "incarne le renouveau", fait valoir un autre cadre, en rappelant que le RN a toujours promu ses jeunes militants, parmi lesquels l'ancienne députée Marion Maréchal.

Les critiques sont rares, sauf un cadre qui évoque son manque d'intérêt pour les dossiers européens.

Outre le fait d'être un pur "produit de la maison", Jordan Bardella a pour avantage de n'avoir pas été éclaboussé par les affaires, contrairement à d'autres responsables mis en examen dans l'affaire des emplois présumés fictifs au Parlement européen.

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