Jour J pour la réouverture des discothèques... mais la plupart resteront fermées

Publié le à Paris (AFP)

Tests lumières, rangement, nettoyage... Les professionnels de la nuit se préparent à rouvrir vendredi soir les discothèques après environ 16 mois de fermeture, mais le strict protocole sanitaire imposé par le gouvernement a finalement dissuadé la plupart de reprendre leur activité.

A Paris, dans la salle encore vide du Sacré, qui pourra accueillir jusqu'à 300 personnes, soit 75% de sa capacité habituelle, les murs s'illuminent de couleurs. Des confettis sont tombés des miroirs rétractables au plafond. "Ceux-là, ils doivent avoir un an et demi", observe Martin Munier, gérant et directeur artistique du club dans le 2e arrondissement.

Quelques poubelles et cartons traînent encore près du dancefloor et du bar, décoré façon boule à facettes. "Même si on doit terminer cinq minutes avant l'ouverture, on sera prêt", promet Martin Munier.

"C'est un soulagement de pouvoir rouvrir, même si ce n'est pas tout de suite avec une activité à 100%", soutient-il, alors que les patrons de clubs réclamaient avec insistance depuis plusieurs mois leur réouverture.

Pour entrer, Covid oblige, il faudra se munir d'un pass sanitaire: preuve de vaccination complète depuis au moins 14 jours, test PCR ou antigénique négatif de moins de 48 heures, ou preuve d'une contamination au Covid entre six mois et quinze jours plus tôt. Le masque sera fortement recommandé, mais pas obligatoire pour les clients.

Au Sacré, une tente sera installée de l'autre côté de la rue, pour tester les clients de dernière minute. Un partenariat astucieux avec la pharmacie du coin, qui permettra au test d'être remboursé par l'Assurance-Maladie.

Pour les professionnels de la nuit, ces "barnums" de tests Covid, non-obligatoires, sont l'une des seules solutions pour faciliter l'entrée en boîte, alors que seulement 21% des 18-29 ans, leur cible privilégiée, est complètement vaccinée.

Afin de favoriser cette vaccination, à Nantes, le groupe propriétaire de quatre discothèques a même annoncé qu'il offrirait l'entrée aux 18-25 ans "ayant effectué au moins une dose".

- Une concurrence des bars ? -

La réouverture des discothèques a suscité des critiques, car les lieux en intérieur sont particulièrement à risque pour le Covid, qui se transmet notamment par les particules aériennes invisibles produites par la parole ou les cris des personnes infectées.

Alors que le variant Delta, plus contagieux que la souche originelle du virus, est en passe de devenir majoritaire en France selon le ministère de la Santé, l'épidémiologiste et membre du Conseil scientifique Arnaud Fontanet a assuré vendredi sur RTL que "les discothèques" étaient "clairement un endroit à risque par rapport à l'émergence de ce variant".

La Catalogne, qui avait rouvert ses discothèques le 21 juin dernier, vient d'ailleurs de les fermer à nouveau à cause d'une flambée épidémique.

"Nous serons très vigilants, et s'il fallait évidemment revenir en arrière parce que les choses se passaient mal, nous prendrions nos responsabilités", a pour sa part indiqué vendredi le ministre de la Santé Olivier Véran sur France Inter.

Malgré l'impatience du secteur, certains patrons ont finalement fait le choix d'attendre la rentrée pour rouvrir, considérant le protocole sanitaire comme trop contraignant, et estimant que la fréquentation allait surtout se concentrer sur les stations balnéaires et les lieux de vacances.

"Ce n'est pas la réouverture des boîtes de nuit, c'est la réouverture de 30% des discothèques parce que 70% ne pouvaient pas appliquer le protocole sanitaire parce qu'il est strict", a affirmé Olivier Véran.

Patrick Malvaës, président du Syndicat national des discothèques et lieux de loisirs (SNDLL), craint aussi que les gens ne préfèrent les bars et restaurants "à ambiance musicale", qui ne sont pas soumis aux mêmes contraintes.

L'Ubu Club, à Toulouse, fait partie de ceux qui resteront fermés. "En plus c'est les vacances, c'est la période où on travaille le moins, je n'ai pas envie de prendre le risque de rouvrir et de perdre les aides", dit à l'AFP son patron, Julien Lepreux.

Les discothèques ouvertes basculeront en effet vers une sortie progressive des aides, mais elles continueront à bénéficier du dispositif pour les coûts fixes. Celles qui resteront fermées verront leurs aides maintenues.

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