L'ex-président Saakachvili dit être rentré en Géorgie

Publié le à Tbilissi (AFP)

L'ex-président Mikheïl Saakachvili a déclaré vendredi être rentré en Géorgie après un exil de huit ans, malgré la menace des autorités de l'arrêter s'il revenait dans ce pays du Caucase plongé dans une longue crise politique.

"J'ai risqué ma vie et ma liberté pour rentrer", a lancé M. Saakachvili, 53 ans, dans une vidéo publiée sur son compte Facebook dans laquelle il dit se trouver dans la ville côtière géorgienne de Batoumi.

Toutefois, le ministère géorgien de l'Intérieur a assuré à la chaîne Formula TV que "Saakachvili n'avait pas franchi la frontière".

L'ancien dirigeant est un habitué des coups d'éclat. En 2017, il avait déjà franchi illégament à pied la frontière entre la Pologne et l'Ukraine -- où il avait également des problèmes judiciaires -- entouré d'une foule de partisans lors d'une scène rocambolesque.

Président de 2004 à 2013, Mikheïl Saakachvili avait annoncé, cette fois, son retour sur sa terre natale pour ce week-end, à l'occasion de la tenue samedi d'élections locales considérées comme un test pour le parti au pouvoir.

"J'appelle tout le monde à aller voter pour le Mouvement national uni (MNU)", le principal parti d'opposition dont il est le fondateur, a lancé M. Saakachvili dans la vidéo publiée vendredi.

Dans cet enregistrement, il se filme, souriant, capuche noire sur la tête, avec comme fond une ville de nuit.

Quelques minutes auparavant, il avait publié un message : "Bonjour. Je suis de retour en Géorgie après huit ans".

L'ex-président, en exil depuis 2013, avait publié lundi la photographie d'un billet d'avion à destination de Tbilissi pour samedi soir, jour des élections locales.

Si l'ex-chef de l'Etat "met le pied sur le sol géorgien, il sera immédiatement arrêté et emprisonné", avait averti le lendemain le Premier ministre Irakli Garibachvili.

Mikheïl Saakachvili est accusé par la justice géorgienne d'abus de pouvoir, une affaire qu'il juge politique.

- Personnage flamboyant -

Personnage polarisant, Mikheïl Saakachvili est pour ses partisans le héros de la "Révolution de la rose" de 2003 qui avait évincé en Géorgie les élites post-communistes.

Mais il est aussi l'homme de la défaite dans la guerre de 2008 contre la Russie, et ses détracteurs dénoncent son penchant autoritaire.

Après son départ de Géorgie en 2013, il a vécu un temps aux Etats-Unis avant d'entamer une nouvelle carrière politique en Ukraine. Il y dirigeait dernièrement une instance gouvernementale en charge des réformes.

La Géorgie est plongée dans une crise politique depuis l'année dernière, lorsque les partis d'opposition ont dénoncé des fraudes massives lors d'élections législatives remportées de justesse par le parti au pouvoir du Rêve géorgien.

En mai, le président du Conseil européen Charles Michel a négocié un accord de sortie de crise mais en juillet, le Rêve géorgien s'en est retiré unilatéralement, suscitant les critiques de l'Union européenne et des Etats-Unis.

Dans son message vidéo lundi, M. Saakachvili a insisté sur le fait que l'accord devait être respecté, qualifiant les élections locales de samedi de "référendum" contre Bidzina Ivanichvili, fondateur du Rêve géorgien et homme le plus riche du pays.

M. Ivanichvili assure s'être retiré de la vie politique quand ses détracteurs l'accusent eux d'être le vrai maître du gouvernement.

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