L'Opus Dei: oeuvre catholique conservatrice reconnue mais redoutée

Publié le à Paris (AFP)

L'Opus Dei est une organisation catholique conservatrice pleinement reconnue par Rome mais toujours critiquée voire redoutée, dont les quelque 90.000 membres dans le monde, des laïcs dans leur immense majorité, pratiquent leur foi de manière stricte, dans une quête de "sainteté".

"L'Oeuvre de Dieu" - traduction de son nom latin - a été fondée en 1928 en Espagne par un jeune prêtre, Josémaria Escriva de Balaguer (1902-1975), convaincu que "la grande sainteté est dans les petits devoirs de chaque instant", comme il l'a écrit dans "Chemin", son best-seller aux 999 points de méditation.

D'où une vocation qui s'adresse essentiellement à des laïcs, des "numéraires" ou "agrégés" s'engageant au célibat et des "surnuméraires" mariés et élevant une famille, qui "cherchent Dieu dans la vie ordinaire", le travail.

L'Opus Dei ne manque pas de détracteurs, en particulier parmi ses anciens membres, auteurs de livres dénonçant un "culte de la personnalité" du fondateur, des "abus spirituels" voire une "emprise mentale" constituant des "dérives sectaires". Des accusations fermement rejetées par l'Oeuvre, mais qui ont nourri la légende noire d'une "sainte mafia" ayant le goût du secret, de l'argent et du pouvoir.

Aujourd'hui, l'Opus Dei compte près de 90.000 membres de 80 pays, principalement en Europe et en Amérique - dont 1.900 prêtres, recrutés parmi les "numéraires" - mais ne semble pas en plein essor. Son fief demeure l'Espagne, où vivent un tiers de ses membres et où certains ont joué un rôle politique important sous Franco et dans l'après-franquisme.

Si d'autres groupes conservateurs ont bénéficié de l'appui de Jean-Paul II, l'Opus Dei est le seul auquel a été accordé en 1982 le statut - unique - de prélature personnelle.

L'Oeuvre est ainsi devenue une sorte de "super-diocèse" sans territoire, régi à la fois par le droit canon et ses propres statuts et rendant compte au Saint-Siège.

Jean-Paul II a même canonisé Josémaria Escriva, en 2002. Quatre ans plus tôt, il avait accordé un statut d'"université pontificale" à son institut d'études à Rome. Et le successeur et premier collaborateur de Josémaria Escriva, Alvaro del Portillo, a été béatifié en 2014 par le pape François, qui vient de confier la direction de la salle de presse du Vatican à un "numéraire" de l'Opus Dei, l'Américain Greg Burke. Comme Jean-Paul II, qui avait fait de l'Espagnol Joaquin Navarro-Valls, autre laïc de l'Oeuvre, son porte-parole.

De tels signes donnent à l'Opus Dei des arguments pour rejeter la défiance ou la méfiance qu'elle suscite, parfois jusqu'au sein de l'Eglise.

L'Oeuvre avait été mise sous les projecteurs avec la sortie en 2003, trois ans avant le film, du polar ésotérique de Dan Brown "Da Vinci Code", dans lequel un évêque de l'Opus Dei commandait à un moine albinos de l'organisation de commettre des meurtres. La prélature, qui ne compte pas de moine, a eu beau jeu de démonter les incohérences de cette fiction.

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