L'Ukraine au coeur du premier "discours sur l'état de l'Union" de Biden

Publié le à Washington (AFP)

Un discours sur la marche du monde autant que sur "l'état de l'Union": lors de son adresse solennelle au Congrès au Congrès, Joe Biden va s'efforcer mardi de rassurer une Amérique profondément préoccupée par la guerre en Ukraine.

Dans son "discours sur l'état de l'Union", par lequel le chef de l'exécutif rend compte chaque année au pouvoir législatif de son action, le président veut selon la Maison Blanche "parler directement aux Américains des progrès historiques que nous avons faits, du travail qui nous reste, et de son optimisme pour l'avenir".

Mais Joe Biden devra s'écarter de la tradition qui veut que ce discours, dont chaque mot est mille fois soupesé puis cent fois commenté, porte d'abord sur les questions nationales.

Selon un sondage de la chaîne CBS, les Américains veulent surtout l'entendre parler de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, avant l'économie ou le Covid-19.

"Nous demanderons des comptes à la Russie, et nos sanctions ont déjà un impact dévastateur", a tweeté mardi Joe Biden, après s'être entretenu avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky de l'"intensification" de l'offensive militaire russe.

De manière symbolique, son épouse Jill Biden a invité l'ambassadrice d'Ukraine aux Etats-Unis, Oksana Markarova, à écouter le discours à ses côtés au Capitole.

Le démocrate de 79 ans, qui avait promis en prenant le pouvoir de former autour des Etats-Unis une grande coalition des démocraties face aux régimes autoritaires, fera face à des parlementaires républicains dont certains lui reprochent de ne pas en faire assez face à Vladimir Poutine.

Joe Biden voudra au contraire marteler aux Américains que le pays est, avec lui, entre de bonnes mains.

Selon les derniers sondages, ils sont moins de 40% à en être convaincus, malgré la croissance forte, malgré le chômage plus bas, et malgré la pandémie qui semble desserrer son étau: le port du masque sera d'ailleurs facultatif lors du discours de Joe Biden au Capitole.

Rien de tout cela ne profite jusqu'ici au président ni aux démocrates, qui redoutent de perdre à l'automne leur très mince majorité au Congrès.

- Inflation et divisions -

Sur le plan économique, les ménages sont préoccupés par une inflation galopante.

Sur les grands sujets de société, l'avortement, les armes à feu, la lutte contre le racisme ou les discriminations sexuelles, les clivages partisans sont plus vifs que jamais.

Sur le plan politique, Donald Trump continue à chauffer ses partisans et le climat reste électrique. La police du Capitole a remis en place, avant le discours de Joe Biden, les barrières qui ont protégé l'édifice après son attaque en janvier 2021 par des partisans de l'ancien président républicain.

Pour apaiser le pays, le président avait promis de grandes législations transformatrices, sur les dépenses sociales et le droit électoral. Mais sa stratégie a buté sur une trop faible marge de manoeuvre parlementaire.

La Maison Blanche veut donc changer de direction. Mardi, Joe Biden devrait privilégier les sujets concrets et si possible consensuels.

La liste des invités de Jill Biden en donne un avant-goût.

Outre l'ambassadrice d'Ukraine, la Pemière dame aura à ses côté un jeune garçon diabétique, alors que la Maison Blanche bataille pour faire baisser le prix des médicaments.

Il y aura aussi là le patron du géant des composants informatiques Intel, dont les investissements massifs aux Etats-Unis sont censés symboliser les promesses de redémarrage technologique américain de Joe Biden.

A ses côtés, un ouvrier de la métallurgie et syndicaliste, pour incarner l'attachement du président aux "cols bleus".

Est aussi conviée la lanceuse d'alerte de Facebook Frances Haugen, quand l'administration Biden s'engage à combattre les effets néfastes des réseaux sociaux sur la santé mentale des jeunes Américains.

Une autre invitée représentera elle une cause chère au président. Il s'agit de la veuve d'un militaire mort d'un cancer, qui disait être tombé malade après avoir inhalé des fumées toxiques en Irak.

Joe Biden, dont le fils Beau, qui avait également servi en Irak, et qui est décédé d'une tumeur au cerveau en 2015, a promis de soutenir les anciens combattants exposés à des "burn pits", des feux dans lesquels étaient brûlés toutes sortes de déchets, y compris chimiques, dans les bases militaires américaines.

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