L1: Lyon perd un point, le match contre l'OM à rejouer à huis clos

Publié le à Paris (AFP)

Un point ferme retiré à l'OL et un match à rejouer, à Lyon mais à huis clos: la commission de discipline de la Ligue de football professionnel a reconnu mercredi la responsabilité du club lyonnais dans les incidents du match OL-OM, lors duquel Dimitri Payet avait été touché par une bouteille d'eau lancée par un supporter.

L'OL a également été sanctionné d'un autre match à huis clos, qui a déjà été purgé lors de la réception de Reims il y a une semaine (défaite 2-1).

"Tout acte de violence à l'encontre d'un acteur du jeu, surtout un joueur majeur, expose à une sanction en perte de points", a déclaré lors d'une conférence de presse le président de la commission de discipline Sébastien Deneux.

"Nous avons pris en considération les actions du club lyonnais immédiatement après les incidents, qui ont notamment permis l'identification de l'auteur du jet de bouteille et donné la possibilité de voir celui-ci sanctionné par la justice pénale", a-t-il cependant ajouté.

Le 21 novembre, le capitaine marseillais Dimitri Payet avait reçu une bouteille d'eau en pleine tête alors qu'il s'apprêtait à tirer un corner devant le virage occupé par des ultras lyonnais, où aucun filet de protection n'était installé. Le match, interrompu à 0-0 après seulement quatre minutes de jeu, n'avait jamais repris, au terme d'un imbroglio mêlant arbitre, clubs et représentants de l'État.

L'auteur du jet de projectile, interpellé, a été condamné par la justice à six mois de prison avec sursis en comparution immédiate.

- "inégalité de traitement" -

"Nous avons bien sûr considéré que le club était responsable des agissements des supporters présents dans son stade. Cette décision fait ressortir une responsabilité de l'OL, absolument", a encore expliqué M. Deneux.

Secoué par une vague d'incidents graves depuis cet été, le football français attendait fébrilement la décision de mercredi, alors que de nouvelles mesures gouvernementales sont espérées mi-décembre pour répondre à l'indignation générale, encore accrue par l'affaire OL-OM.

Elle a été mal accueillie par l'OL, qui "se réserve le droit de faire appel" et a regretté dans un communiqué "une très lourde sanction", qui "crée une inégalité de traitement sur une même saison", avec "des actes bien plus graves ayant entraîné des sanctions bien plus légères que celles décrétées contre l’Olympique Lyonnais."

La décision de mercredi n'est en effet pas anodine pour l'OL, 12e de Ligue 1 avec six points de retard sur le podium avant les sanctions annoncées. L'OL estime par ailleurs à plus de trois millions d'euros la perte financière engendrée par un match à huis clos.

Dans le camp lyonnais, on défendait la thèse de "l'acte individuel et isolé", que "personne ne peut anticiper ou empêcher", et on espérait éviter toute perte de point.

- la colère de l'OM -

Mais la décision rendue mercredi ne satisfera sans doute pas non plus l'OM, dont les avocats avaient demandé dans un document transmis à la commission et dont l'AFP a eu connaissance une peine "évidemment supérieure à deux points dont un avec sursis, la perte de points étant inévitable".

"Tout va bien jusqu'à ce que quelque chose de grave arrive… Continuez comme ça. Honte", a ainsi tweeté le défenseur marseillais Alvaro Gonzalez. Le maire de la ville, Benoît Payan, a de son côté jugé la décision "incompréhensible". "Les valeurs du football ne sont absolument pas respectées ce soir. Nous avons des raisons d’être en colère", a-t-il écrit sur Twitter.

Quelques minutes à peine après le début de la réunion de la commission de discipline au siège parisien de la LFP, la température était déjà brusquement montée avec la prise de parole du directeur de la communication de l'OM Jacques Cardoze, furieux de l'absence de représentant du club marseillais.

"Comme vous avez pu le constater, aucun dirigeant de l'OM n'a été invité à s'exprimer devant cette commission de discipline. Nous n'avons reçu aucune convocation. Nous estimons que cette commission de discipline aujourd'hui est illégitime, qu'il s'agit d'une parodie de justice", a déclaré le dirigeant marseillais devant plusieurs médias, dont l'AFP TV.

"C'est une honte pour le football français, nous ne reconnaissons pas cette commission de discipline", avait-il ajouté.

Le président de la commission Sébastien Deneux a réagi en se disant "assez surpris et sidéré de ce type de comportement, qui s'apparente à une pression."

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