L1: Payet, le coup d'éclat

Publié le à Marseille (AFP)

Auteur jeudi face au PAOK Salonique d'un des buts de l'année, Dimitri Payet confirme match après match à quel point il est indispensable cette saison à l'OM; Jorge Sampaoli comptera encore sur lui dimanche face à Montpellier en clôture de la 31e journée de Ligue 1.

Le but a déjà été décrit, l'équilibre parfait à 20 mètres des cages, le relâchement absolu, le corps qui se penche vers la gauche à l'arrivée de la passe rapide et difficile de Under sur corner et puis le pied droit, qui n'est pas celui de M. Toulemonde, pour envoyer d'une demi-volée limpide et décroisée le ballon en pleine lucarne.

Mais les réactions des témoins plus ou moins proches disent aussi la beauté du geste du N.10 marseillais. A sa droite, Pol Lirola pose les deux mains sur sa tête. Cédric Bakambu, qui a dû se baisser pour ne pas être assommé par la frappe, se retourne et marque un temps d'arrêt, comme incrédule. Gerson et Under sont hilares et, en tribune, le président marseillais Pablo Longoria n'en croit pas ses yeux, bouche grande ouverte et mains derrière le crâne.

"Honnêtement, c'est le plus beau but que j'ai vu sur un terrain de foot. Sans doute que s'il la tente 100 fois, il va la rater 99 fois, mais c'est un but exceptionnel", a de son côté raconté vendredi Mattéo Guendouzi, des étoiles dans les yeux.

En plus de ce but de rêve, Payet a réussi jeudi un match extrêmement riche, avec sur l'ouverture du score une passe décisive pour Gerson, plusieurs gestes de classe qui ont fait se lever le Vélodrome et une disponibilité constante pour ses partenaires.

"Il a une vision du jeu extraordinaire, il sait dans quelles zones se positionner pour faire jouer les autres. Je crois aussi que c'est l'une des années où il prend le plus de plaisir, avec des joueurs de qualité autour de lui qui l'aident justement à prendre du plaisir", a aussi détaillé Guendouzi.

- L'idole -

Le capitaine est également celui qui avait su alerter sur certaines "têtes à dégonfler" quand l'OM a eu un coup de moins bien. Il a encore fait un constat lucide jeudi après le match, gagné seulement 2-1 face au PAOK alors que l'écart entre les deux équipes a souvent semblé immense.

"Malheureusement, ça ressemble à ce qu'on fait en Coupe d'Europe depuis le début de la saison. On domine, on a des occasions. On mène 2-0 à la mi-temps et on prend ce but en seconde période. On aurait pu en mettre un troisième voire un quatrième, mais on ne les met pas", a-t-il regretté.

Régulier à très haut niveau sur le terrain et impliqué dans la vie collective, Payet réussit à désormais 35 ans une saison pleine, bien plus consistante que la précédente, quand des rapports devenus difficiles avec André Villas-Boas et quelques écarts de poids le poussaient de temps en temps vers le banc de touche.

Jorge Sampaoli, lui, s'en prive le moins possible. Meneur de jeu, milieu décalé à gauche ou faux N.9, Payet est l'élément principal sur l'échiquier du technicien argentin. Et avec 13 buts et 12 passes décisives toutes compétitions confondues, le Réunionnais a justifié la confiance de son entraîneur, lui aussi époustouflé par le but de jeudi.

"C'est un but très difficile. La passe est rapide et le geste technique est impressionnant. Je ne crois pas avoir en tête d'autre but comme celui-là", a déclaré l'Argentin.

"Et le plus beau, c'est qu'il a été marqué par l'idole du club, l'idole de la ville, au Vélodrome. Ca marquera l'histoire de ce club."

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