La Chine confine 13 millions d'habitants, l'Europe se protège face à Omicron

Publié le à Pékin (AFP)

La Chine a imposé un strict confinement jeudi aux 13 millions d'habitants de la ville de Xi'an, en raison d'un rebond de l'épidémie de Covid-19 dont le variant Omicron poursuit sa fulgurante progression dans le monde, entraînant de nouvelles restrictions en Europe.

Face au déferlement d'Omicron, le laboratoire suédo-britannique AstraZeneca a affirmé jeudi qu'une troisième dose de son vaccin contre le Covid-19 augmentait "significativement" le niveau d'anticorps contre ce variant.

Rues désertes, dépistage massif, quartiers bouclés: quelques dizaines de cas de coronavirus à Xi'an, dans le nord de la Chine, ont suffi aux autorités de Pékin pour verrouiller cette ville de 13 millions d'habitants, en vertu de leur politique draconienne de "zéro Covid" à l'approche de l'ouverture des Jeux Olympiques d'hiver le 4 février.

Tous les habitants de l'ancienne capitale chinoise doivent rester chez eux "sauf raison impérative", une seule personne par foyer étant autorisée à faire les courses tous les deux jours. Toutes les entreprises "non essentielles" ont dû fermer. Les habitants ne peuvent plus quitter la ville sans autorisation et l'ensemble de la population va être dépistée.

Ces mesures rappellent le confinement de 76 jours imposé début 2020 par les autorités à Wuhan, ville du centre de la Chine où le virus avait été détecté pour la première fois fin 2019.

Ailleurs dans le monde, le variant Omicron, très contagieux, constitue désormais 73% des nouvelles contaminations aux Etats-Unis.

Le Royaume-Uni a enregistré un record de 106.000 cas pour la seule journée de mercredi dans le pays parmi les plus durement touchés au monde (plus de 147.500 morts), qui tente d'accélérer la vaccination.

Jeudi, l'Ecosse a annoncé la fermeture des boîtes de nuit. L'Irlande du Nord et le Pays de Galles avaient déjà durci les restrictions. Pour l'Angleterre, le gouvernement de Boris Johnson temporise, s'appuyant notamment sur deux études montrant un risque d'hospitalisation plus faible avec le variant Omicron par rapport au Delta dominant jusqu'à récemment.

Le président Emmanuel Macron a appelé les Français à "prendre soin les uns des autres", notamment par des tests ou auto-tests avant de retrouver leurs proches pour les fêtes de fin d'année.

Avec l'arrivée du variant Omicron, 84.272 nouveaux cas de Covid-19 ont été confirmés mercredi en France et le ministre de la Santé Olivier Véran a estimé qu'"on dépassera très vraisemblablement les 100.000 contaminations par jour d’ici à la fin du mois".

- Couvre-feu en Catalogne -

L'Espagne a également enregistré un record de plus de 60.000 cas mercredi et va rendre à nouveau obligatoire le port du masque en extérieur à partir de Noël.

Jeudi, la justice espagnole a autorisé l'instauration d'un couvre-feu nocturne dans une grande partie de la Catalogne.

La Grèce a elle aussi annoncé jeudi que le port du masque serait obligatoire en intérieur comme à l'extérieur pendant les fêtes. Toutes les festivités publiques de Noël et du Nouvel An sont annulées et les voyageurs arrivant dans le pays sont invités à se faire tester.

De nouvelles mesures entrent en vigueur jeudi en Suède: le télétravail doit être privilégié et les événements publics réunissant plus de 500 personnes devront exiger un pass vaccinal.

Et à la veille de Noël, la première compagnie allemande Lufthansa a dû annuler plusieurs vols intercontinentaux, notamment vers l'Amérique du Nord, car trop de pilotes sont tombés malades. En France, des trains régionaux sont annulés, un phénomène qui reste cependant "marginal", a précisé la compagnie des chemins de fer SNCF.

- Moins d'hospitalisations -

"Omicron devient, ou est déjà devenu, dominant dans plusieurs pays y compris au Danemark, au Portugal et au Royaume-Uni, où les chiffres sont multipliés par deux tous les un jour et demi à trois jours, entraînant des taux inédits de transmission", a déclaré Hans Kluge, directeur de l'OMS pour l'Europe.

Selon de premières études venues d’Afrique du Sud, d’Ecosse et d’Angleterre ces derniers jours, Omicron semble entraîner moins d’hospitalisations que Delta.

Mais tout en jugeant cela positif, la communauté scientifique met en garde contre un effet d'optique. Car même s’il se confirme qu’Omicron est moins dangereux, il est beaucoup plus contagieux, y compris chez les gens vaccinés ou qui ont déjà eu le Covid.

Les conséquences pourraient donc être graves sur le plan collectif. Le nombre de cas, qui semble doubler tous les deux à trois jours, pourrait entraîner mécaniquement une hausse du nombre de patients hospitalisés –notamment les non vaccinés et les personnes dites fragiles (très âgées, ou immunodéprimées par exemple)— et une fois de plus submerger les systèmes de santé.

Même considéré pour le moment comme moins mortel, le variant Omicron pourrait donc théoriquement entraîner un grand nombre de décès.

La pandémie a fait au moins 5.376.527 morts dans le monde depuis fin 2019, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles jeudi. L'OMS estime que le bilan réel pourrait être deux à trois fois supérieur.

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