La droite en passe de remporter les mairies d'Athènes et de Thessalonique

Publié le à Athènes (AFP)

L'opposition de droite Nouvelle-Démocratie, renforcée après sa victoire aux Européennes face à la gauche d'Alexis Tsipras, était dimanche en position de remporter les grandes mairies d'Athènes et de Thessalonique, au deuxième tour des élections locales en Grèce.

Après le revers cuisant de son parti Syriza aux Européennes - les conservateurs l'ayant devancé de 9,3 points - le Premier ministre Alexis Tsipras a annoncé des élections législatives anticipées pour le 7 juillet, trois mois plus tôt que prévu.

Outre cette victoire, la ND est arrivée en première position dans la majorité des treize régions du pays lors du premier tour des élections locales de dimanche dernier, organisé le même jour que les Européennes, le 26 mai.

Costas Bakoyannis, 41 ans, ancien gouverneur de la région du centre du pays, est favori pour la mairie d'Athènes, après avoir rassemblé 42% des voix au premier tour contre seulement 16% pour son rival de gauche Nassos Iliopoulos.

"Aujourd'hui Athènes ne change pas simplement de maire, la ville change d'ère", a lancé M. Costas Bakoyannis après avoir voté dimanche en début d'après-midi. Il a envoyé un message "d'unité" à tous les Athéniens "pour faire changer" leur ville.

Les bureaux de vote à travers le pays ont ouvert dimanche à 04H00 GMT et devaient fermer à 16H00 GMT. Les premiers résultats partiels étant atendus vers 19H00 GMT.

Appartenant à la troisième génération d'une famille politique grecque de droite, Costas Bakoyannis est le fils de Dora Bakoyannis, première femme élue maire d'Athènes, en 2003.

Il est aussi le petit-fils de l'ancien Premier ministre de droite Constantin Mitsotakis (1990-1993) et le neveu de l'actuel chef de Nouvelle-Démocratie (ND), Kyriakos Mitsotakis, principal rival d'Alexis Tsipras pour les prochaines législatives.

- La gauche sanctionnée -

Pour la région d'Attique, qui entoure la capitale, le conservateur Yiorgos Patoulis, ancien maire dans la banlieue du nord d'Athènes, est également en bonne position pour l'emporter après son score de 37,6% des voix au premier tour, contre 19,7% à sa rivale sortante Rena Dourou, soutenue par Syriza.

Dans la région de Thessalonique, l'ancien gouverneur conservateur Apostolos Tzitzikostas a été réélu dès le premier tour (62%).

A la mairie de Thessalonique, où les candidats de gauche ont été éliminés dès le premier tour, le duel opposait au deuxième tour les deux candidats de droite Nikolaos Tachiaos (ND) et Konstantinos Zervas (indépendant).

Le renforcement de la ND dans le nord du pays est imputé par des analystes à la résurgence des passions nationalistes après l'accord récent sur le nouveau nom de la Macédoine du Nord.

Kyriakos Mitsotakis s'y était farouchement opposé, attirant ainsi de nombreux électeurs persuadés que le nom "Macédoine" n'appartient qu'à l'héritage culturel grec.

Bastions habituels des conservateurs, Athènes et Thessalonique avaient rompu avec cette tradition en 2010 et 2014 en élisant des maires soutenus par le centre-gauche, Giorgos Kaminis et Yannis Boutaris.

C'était l'époque de la contestation des grands partis, ND et les socialistes du Pasok, tenus alors pour responsables de la crise.

Le maire sortant d'Athènes, Giorgos Kaminis sera candidat pour les législatives avec le Kinal (ex-Pasok) après avoir été placé samedi en tête de liste. Cette décision visant "à ouvrir le Kinal aux forces progressistes", selon sa dirigeante Fofi Gennimata, a provoqué la vive réaction d'Evangelos Venizelos, ancien chef du Pasok, qui a dans la foulée décidé de quitter son parti.

Après son effondrement lors de la crise (2010-2017), le Kinal a vu son score s'améliorer lors de Européennes, en occupant désormais la troisième position après la ND et Syriza.

La défaite de la gauche aux Européennes et aux élections locales intervient après quatre années au pouvoir d'Alexis Tsipras et la sortie du pays en août dernier des programmes d'aide des créanciers, UE et FMI.

Toutefois, la poursuite de l'austérité, le chômage qui atteint 18% - taux le plus élevé de la zone euro - et les taxes élevés lui ont valu de nombreuses critiques.

© 2019 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.