La France entend "ne pas baisser les bras" face au variant Delta

Publié le à Paris (AFP)

Le gouvernement entend "ne pas baisser les bras" face à la menace du très contagieux variant Delta et maintenir la pression sur la vaccination, sachant que le cap de la moitié de Français vaccinés en première dose contre le Covid-19 a été franchi mardi.

Le variant Delta (anciennement dit "indien") progresse et représente "20% des nouveaux cas" de Covid-19, le double de la semaine précédente, mais "on peut y échapper" avec la vaccination et un traçage serré, a assuré mardi le ministre de la Santé Olivier Véran sur franceinfo.

Mercredi dernier, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal avait chiffré la présence du variant Delta, apparu en Inde en avril, à entre 9 et 10% des nouveaux cas de Covid-19 en France.

Il progresse "en pourcentage et pas en valeur absolue car le nombre de cas baisse", a souligné le ministre.

Au niveau national, "pour l'instant, le taux d'incidence (nombre de nouveaux cas pour 100.000 habitants) continue de baisser, on est à 18, soit 20 à 30 fois moins que lors du pic", a expliqué le ministre à la veille de la levée de jauges dans des lieux clos (restaurants, cinéma, etc.).

Par conséquent, il "ne faut pas baisser les bras" face à un variant qui, "à l'heure actuelle, a plutôt tendance à décliner, y compris dans les Landes". Dans ce département où il est apparu en premier en France, le gouvernement a mené "un plan d'action très fort, de contact tracing (traçage des chaînes de transmission), de vaccination massive, et le taux d'incidence a baissé de 10% en quelques jours", a-t-il souligné.

- Delta, 90% fin août -

Néanmoins, Delta est "plus contagieux (environ 60% de plus que le variant britannique, Alpha) et il devient progressivement dominant", a rappelé M. Véran. C'est le cas au Royaume-Uni, en Russie ou en Australie.

Le Centre européen de prévention et contrôle des maladies estime que Delta représentera 90% des cas de Covid-19 fin août en Europe.

Dans la course de vitesse qui s'est engagée, l'arme principale reste la vaccination aux yeux de l'exécutif qui s'est fixé comme objectif 35 millions de Français (et 66% des adultes) complètement vaccinés ainsi que 40 millions (et 75% des adultes) de premières doses injectées pour la fin août.

Le cap de la moitié de Français primo-vaccinés a été franchi mardi soir avec 33,69 millions de personnes (50% de la population totale) ayant reçu au moins une dose et 22,26 millions dotées d'un schéma vaccinal complet.

Le gouvernement veut éviter une quatrième vague à l'automne. En tout cas, il cherche à la contenir et vise idéalement "zéro impact sanitaire, social et éducatif".

Pour cela, il faut continuer de vacciner à tour de bras, en particulier les personnes à comorbidités - couvertes aux deux tiers environ face à un objectif à plus de 80% - et les plus de 55 ans qui sont encore 4,8 millions à ne pas être protégés (contre 5 millions la semaine précédente), a indiqué mardi le ministère de la Santé lors d'un briefing.

- Route des vacances -

"On continue de progresser sur les plus âgés même si on est entré dans la phase du dernier kilomètre", a-t-on précisé de même source en citant des taux de première injection de 83% pour les plus de 70 ans, 80% pour les plus de 60 ans et 76% pour les plus de 50 ans.

"Le taux de vaccination monte encore mais pas suffisamment vite", a souligné M. Véran, confiant dans l'octroi d'ici à quelques jours d'un avis favorable de la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) pour communiquer aux médecins la liste de leurs patients non vaccinés.

Il a aussi évoqué la forte possibilité de rendre obligatoire la vaccination des soignants. Olivier Véran dit avoir écrit aux directeurs d'Ehpad où, selon le ministère, "les professionnels sont 57% à avoir reçu une première dose" et seulement 44% à être protégés complètement.

Pour donner un nouveau coup de pouce à la vaccination (quelque 100.000 rendez-vous ne trouvent pas preneur quotidiennement), le ministère a rappelé les dispositifs prévus sur la route des vacances.

Il y aura des "sensibilisations" sur les aires d'autoroutes et les agences de santé régionales établiront des "dispositifs exceptionnels", comme des "drives en nombre important" et des "barnums sur les lieux estivaux et de rassemblement".

"Le mot d'ordre, c'est de profiter des vacances pour amener un maximum de gens vers la vaccination, y compris en primo-injection", a-t-on indiqué au ministère.

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