Larmes et souvenir d'un "héros" devant la cathédrale de Desmond Tutu

Publié le à Le Cap (AFP)

En route vers la plage ou avant un traditionnel barbecue en ce dimanche d'été austral au Cap, des Sud-Africains émus s’arrêtent devant la paroisse de l'ex-archevêque Desmond Tutu, dernière grande figure de la lutte contre l'apartheid, décédé dimanche.

"Il a tellement compté dans la lutte contre l'apartheid. Pour nous, les noirs...", confie à l'AFP Brent Goliath, 44 ans, avant d'éclater en sanglots.

Prix Nobel de la paix en 1984, Mgr Tutu s'est éteint peu après l'aube dans une maison de repos. Affaibli par un cancer, il avait 90 ans.

Sur toutes les chaînes de télévision du pays, des images du petit homme à la robe violette, dansant au côté du dalaï lama ou, hilare, en compagnie de son ami Nelson Mandela, tournent en boucle.

Tenant sa petite-fille par la main, Miriam Mokwadi, 67 ans, s'est rendue à la cathédrale du Cap: "C'est la vérité, Tutu était un héros. Il s'est battu pour nous. Nous sommes libres grâce à lui. Sans lui, notre pays aurait été perdu".

La nouvelle du décès de celui qui était considéré comme la conscience de l'Afrique du Sud est arrivée juste avant la messe. L'annonce a été faite pendant la célébration.

Rapidement, la police a bouclé le quartier. Un livre de condoléances a été disposé à l'extérieur de l'édifice, pour les derniers messages adressés à "The Arch", comme il est affectueusement surnommé dans le pays.

"Aussi triste que cela puisse être, cela apporte sans doute un certain soulagement à la famille, car le père Desmond a beaucoup souffert ces dernières semaines", a déclaré à la chaire le père Michael Weeder.

- Lumière violette -

Une photo en noir et blanc sur laquelle Tutu apparaît souriant, les mains jointes, a été accrochée sur un grillage. Des bouquets de fleurs ont commencé à y être suspendus par des fidèles ou des touristes de passage.

"Je suis née quasiment à la fin de l'apartheid mais toute ma famille parlait de Tutu et il faisait partie du programme d'histoire au lycée", raconte Amanda Xalabile, 30 ans, qui s'est arrêtée sur le chemin du parc, accompagnée de ses deux enfants.

Aucune cérémonie officielle n'est prévue dimanche. Mais la célèbre Montagne de la Table, qui domine la ville, devait être illuminée en violet à partir de 20H00 jusqu'aux funérailles dont la date doit être fixée.

Se serrant longuement les uns les autres dans les bras, les membres de la famille de Tutu se sont petit à petit rassemblés dans sa maison au Cap, sous surveillance policière.

Derrière un cordon de sécurité, une femme en short et débardeur, accompagnée de sa fille, tend un bouquet de fleurs. "Pour la famille", glisse-t-elle aux policiers.

Dans l'autre maison de Desmond Tutu à Soweto, les rideaux sont tirés. La demeure, située à quelques dizaines de mètres de la célèbre maison - transformée en musée - de Nelson Mandela, semble abandonnée. Seuls quelques groupes de jeunes branchés sont venus prendre un selfie.

Desmond Tutu s'était fait connaître aux pires heures du régime raciste de l'apartheid. Il a organisé des marches pacifiques contre la ségrégation et plaidé pour des sanctions internationales contre le régime blanc de Pretoria.

La dernière fois que le pays a eu de ses nouvelles, c'était lors des élections locales du 1er novembre. Loin des regards, il avait voté.

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