Le calendrier autour des vaccins anti-Covid se dessine

Publié le à Francfort (AFP)

Les espoirs d'une parade contre le Covid-19 se précisent: la France a dit mardi envisager une campagne de vaccination pour le grand public au printemps et le régulateur européen s'est engagé à examiner des demandes d'autorisation pour deux vaccins dans les semaines à venir.

Le président français Emmanuel Macron prévoit "une première campagne très ciblée, avec des vaccins de première génération", réservée aux personnes les plus vulnérables début 2021, suivie d'une autre "plus large et plus grand public", qui s'ouvrira "quelque part entre avril et juin".

"Il ne s'agira pas d'une stratégie de vaccination obligatoire", a réaffirmé le chef de l'Etat.

Le même jour, l'Agence européenne des médicaments (EMA) a annoncé avoir reçu les demandes d'autorisation sur le continent de Pfizer/BioNTech et de Moderna pour leurs vaccins respectifs, qui affichent tous deux un taux d'efficacité proche de 95%.

Le régulateur devrait se prononcer sur le vaccin du tandem américano-allemand le 29 décembre "au plus tard" et sur celui du concurrent américain d'ici au 12 janvier.

De l'autre côté de l'Atlantique, l'Agence américaine des médicaments (FDA) a aussi été sollicitée par Pfizer/BioNTech et, depuis lundi, par Moderna.

En cas de feu vert, les deux vaccins pourraient être disponibles dès ce mois-ci aux Etats-Unis, pays qui paie le plus lourd tribut humain à la pandémie avec 268.103 morts.

- Motifs d'inquiétude -

Ces avancées sur le front des vaccins n'éclipsent pas les motifs d'inquiétude.

La pandémie ayant plongé des centaines de millions de personnes dans la pauvreté et des famines se profilant, l'ONU a lancé mardi un appel humanitaire record de 35 milliards de dollars (29 milliards d'euros) pour 2021.

"Le tableau que nous présentons est le plus sombre que nous ayons jamais exposé en matière de besoins humanitaires à venir", a souligné le responsable des Affaires humanitaires aux Nations unies, Mark Lowcock, en conférence de presse.

Avec le choc de la pandémie, le nombre des personnes ayant besoin d'aide humanitaire va atteindre un nouveau record: 235 millions, une augmentation de 40% en un an, selon les plans de réponse humanitaire coordonnés par l'organisation.

Si toutes étaient regroupées dans un seul pays, ce serait le cinquième plus peuplé du monde.

De son côté, l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) a revu à la baisse mardi sa prévision de croissance de l'économie mondiale en 2021, ramenée à 4,2% contre 5% prévus avant les confinements de l'automne.

Pour 2020, elle l'a en revanche révisée légèrement en hausse, avec une contraction attendue de 4,2% contre -4,5% auparavant.

"La perspective d'une sortie de crise s'est améliorée grâce aux (...) progrès réalisés dans la conception d'un vaccin efficace, mais les perspectives à court terme restent très incertaines, la reprise de l'activité étant de plus en plus hésitante", écrit-elle.

L'impact des restrictions suscite des inquiétudes au Royaume-Uni, où un nouveau système d'alerte locale doit remplacer mercredi le confinement en place depuis un mois.

"Nous devons être réalistes et nous devons accepter (...) qu'il n'y a pas encore de vaccin" en phase de déploiement, a déclaré le Premier ministre Boris Johnson, confronté à une rébellion de députés de son propre camp conservateur.

"D'ici là, nous ne pouvons pas nous permettre de nous relâcher, particulièrement durant les mois froids de l'hiver", a-t-il ajouté en ouvrant les débats à la Chambre des Communes mardi.

- Shopping à Dublin -

En Europe, où le rythme des contaminations a décéléré, quelques pays allègent leurs restrictions.

Les commerces ont rouvert mardi en Belgique même si le confinement partiel y reste en vigueur. Tout un symbole, la Tour Eiffel, elle, rouvrira au public à Paris le 16 décembre.

Surtout, l'Irlande, première en Europe à avoir opté pour un reconfinement le 22 octobre, a commencé à desserrer le carcan.

Magasins non essentiels, coiffeurs, salles de sport, musées, cinémas et lieux de cultes peuvent rouvrir depuis mardi et, vendredi, ce sera au tour des restaurants et des pubs servant à manger.

Sevrés de shopping pendant six semaines, les Dublinois, masques sur le nez, ont pris les magasins d'assaut pour faire leurs courses de Noël.

"On ne pourrait pas vraiment faire pire que ce à quoi on a été confronté", expliquait Ryan Kelly, co-propriétaire du salon de tatouage Heartbreak Social Club, qui avait ouvert une deuxième boutique la veille du confinement. Mais "en rouvrant aujourd'hui, on est très occupés!" se réjouissait-il.

Pour certains commerçants, il est cependant trop tard: dans le centre commercial George's Street Arcade, des volets sont restés fermés.

Si elles anticipent une hausse des nouveaux cas de Covid-19 dans les prochaines semaines, les autorités irlandaises disent espérer une "augmentation aussi faible que possible".

Un essor des contaminations est aussi attendu aux Etats-Unis après les célébrations de Thanksgiving marquées par les déplacements de millions de personnes.

"Ce que nous traversons actuellement aux Etats-Unis est vraiment la pire chose que nous ayons connue depuis dix mois", a déclaré le directeur de l'Institut américain des maladies infectieuses, Anthony Fauci, mardi à la BBC.

maladie fin décembre, selon un bilan établi mardi par l'AFP.

"Notre courbe affiche une pente très raide, si bien que chaque jour il semble que nous battions presque un nouveau record (...) Heureusement pour nous, le degré d'efficacité du vaccin est vraiment remarquable", a-t-il ajouté.

Au vu de la situation sanitaire, le Dr Fauci a déjà annoncé ne pas envisager un relâchement des recommandations à ne pas voyager ou des restrictions sanitaires avant Noël.

La pandémie du nouveau coronavirus a fait au moins 1.468.873 morts dans le monde depuis que le bureau de l'OMS en Chine a fait état de l'apparition de la maladie fin décembre, selon un bilan établi mardi par l'AFP.

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