Le débat sur les armes immédiatement relancé aux Etats-Unis

Publié le à Washington (AFP)

L'effroyable fusillade dans une école primaire du Texas, qui a tué mardi 18 enfants et un adulte, a immédiatement relancé le débat sur les armes à feu aux Etats-Unis, sans aucune perspective de débouchés.

"Il est temps de transformer cette douleur en action" a exhorté mardi, lors d'une adresse à la nation, Joe Biden, "écœuré et fatigué" par ces fusillades à répétition.

"Nous devons bien expliquer cela à tous les élus de ce pays: il est temps d'agir" pour mieux réguler les armes en Amérique, a-t-il lancé, dénonçant au passage "ceux qui empêchent ou repoussent ou bloquent des lois de bon sens sur les armes à feu".

Peu avant lui, sa vice-présidente Kamala Harris avait lancé: "nous devons trouver le courage d'agir", s'adressant à un Congrès impuissant ou réticent à légiférer malgré la litanie des massacres.

Depuis l'hémicycle du Sénat américain, le sénateur américain Chris Murphy a fustigé que de tels événements, "cela ne se passe nulle part ailleurs qu'ici, aux Etats-Unis, et c'est un choix".

L'élu représente l'Etat du Connecticut, à jamais marqué par la fusillade de Sandy Hook, le 14 décembre 2012, quand un déséquilibré de 20 ans avait tué 26 personnes, dont vingt enfants âgés de 6 et 7 ans.

"C'est notre choix de laisser cela se produire", a-t-il assuré, suppliant ses collègues du Congrès de trouver un compromis pour passer une loi nationale ambitieuse sur la question.

- "Epidémie" -

A l'heure actuelle, cela paraît quasiment impossible.

Aux Etats-Unis, les fusillades sont un fléau récurrent que les gouvernements successifs ont jusqu'à présent été impuissants à endiguer, car de nombreux Américains restent très attachés à leurs armes.

30% des adultes possèdent au moins une arme à feu.

C'est notamment le cas au Texas, théâtre mardi du drame replongeant l'Amérique dans le cauchemar récurrent des fusillades en milieu scolaire: c'est l'un des Etats où il est le plus facile de se procurer une arme.

En 2015, le gouverneur de l'Etat, Greg Abbott disait même avoir "honte" que le Texas ne soit "que" le deuxième Etat en matière d'achats d'armes à feu.

Mardi soir, Joe Biden a une fois de plus appelé à des réformes. "Ne me dites pas qu'on ne peut rien faire contre ce carnage", a-t-il déclaré à propos du fléau récurrent des morts par armes à feu.

Défenseur de longue date d'un meilleur encadrement des armes, le président américain avait promis pendant sa campagne d'agir sur ce front.

En avril 2021, le dirigeant démocrate avait dévoilé un plan limité contre ce qu'il avait dénoncé être une "épidémie" de la violence des armes à feu. Mais sachant pertinemment qu'il n'est actuellement pas en position de faire adopter au Congrès des actions audacieuses sur ce sujet ultra-sensible, en raison de sa très courte majorité parlementaire, M. Biden ne s'est jusqu'ici contenté que de micro-mesures.

- "Politisation du débat" -

Aucune grande avancée n'a par exemple été annoncée sur le sujet de la vérification des antécédents judiciaires ou psychologiques des acheteurs d'armes individuelles, ce que des associations réclament depuis des années.

"Depuis trop longtemps, des membres du Congrès tiennent des propos creux après ces fusillades, tout en s'opposant à tous les efforts visant à sauver des vies", a dénoncé la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.

Réponse immédiate du camp républicain, par la voix du sénateur du Texas Ted Cruz, qui a alerté contre une "politisation du débat".

"Certains ont appelé à en profiter pour s'en prendre au deuxième amendement de citoyens qui respectent la loi", a-t-il dénoncé en référence à l'amendement de la Constitution qui garantit le droit du peuple de détenir et de porter des armes. "Nous avons vu par le passé que cela n'est pas efficace pour éviter ce genre de crimes", a assuré l'élu.

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