Le Japon prolonge l'état d'urgence à l'approche des JO, l'OMS homologue le vaccin Sinopharm

Publié le à Tokyo (AFP)

Le gouvernement japonais a prolongé vendredi jusqu'à fin mai l'état d'urgence dans plusieurs régions dont Tokyo qui doit accueillir les JO cet été, tandis que l'Inde reste confrontée à la plus forte flambée mondiale de coronavirus.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a par ailleurs donné vendredi son homologation d'urgence au vaccin contre le Covid Sinopharm. C'est le premier vaccin chinois à avoir reçu le feu vert de l'OMS, qui le recommande pour les personnes de 18 ans et plus.

L'Inde, suivie par le Brésil et les Etats-Unis, bat actuellement des records de mortalité, avec plus de 3.900 morts par jour. Son bilan total, que les experts jugent largement sous-évalué, frôle les 235.000 décès et les 21,5 millions de cas.

Avec 789.500 contaminations enregistrées quotidiennement dans le monde cette semaine, l'indicateur a légèrement baissé (-4% par rapport à la semaine précédente) pour la première fois en 10 semaines, seule l'Asie connaissant une accélération (+10%) dans le sillage de l'Inde.

La pandémie ralentit ailleurs : -25% en Afrique, -24% en Europe, -13% au Moyen-Orient, -12% aux Etats-Unis/Canada, -12% en Océanie et -8% en Amérique latine/Caraïbes.

- Les Japonais anti-JO -

Au Japon, l'état d'urgence, rétabli le 25 avril à Tokyo et dans trois autres départements, y sera prolongé jusqu'au 31 mai, alors qu'il devait initialement prendre fin mardi prochain et sera réinstauré dans deux autres départements.

La pandémie demeure limitée dans l'archipel nippon mais épuise le système hospitalier, d'autant que la vaccination avance très lentement.

La nouvelle flambée de contaminations menace les Jeux olympiques de Tokyo (23 juillet-8 août), déjà reportés d'un an. Les spectateurs en provenance de l'étranger sont exclus et leurs organisateurs doivent encore trancher la question du public japonais.

La présence attendue de plus de 10.000 athlètes de quelque 200 nations inquiète la majorité des Japonais, selon les sondages. Plus de 200.000 personnes ont déjà signé une pétition mise en circulation mercredi demandant l'annulation des JO.

Les laboratoires Pfizer et BioNTech ont promis de donner des vaccins aux participants, inégalement protégés selon les pays.

- Virus sur l'Everest -

Toujours en Asie, des patients continuent de mourir en Inde aux portes d'hôpitaux submergés, malgré l'aide internationale.

Selon les spécialistes, le pire est encore à venir, avec un pic épidémique atteint seulement d'ici à plusieurs semaines.

La situation se dégrade également chez les voisins de ce géant d'1,3 milliard d'habitants.

Au Népal, qui affronte une hausse soudaine et massive des contaminations, le Covid-19 menace la saison d'alpinisme et sévit déjà sur "le toit du monde" même - ce que le gouvernement nie.

La semaine dernière, l'alpiniste américaine Gina Marie Han-Lee a préféré abandonner. "Après la première journée, j'ai pris un hélicoptère pour quitter l'EBC (camp de base de l'Everest) et rentrer à Katmandou. La situation du Covid sur l'EBC est un véritable merdier", a-t-elle expliqué sur Facebook.

Au Pakistan, les autorités, craignant une dégradation à l'indienne, ont renforcé les restrictions - écoles et restaurants fermés, horaires d'ouverture des magasins réduits, armée en renfort - et interdit les déplacements à l'approche de l'Aïd el-Fitr, la fête marquant la fin du mois de jeûne du ramadan.

Mais elles ferment les yeux sur les rassemblements religieux, où la distanciation sociale est largement ignorée. "Il y a une telle crainte d'une réaction violente des groupes religieux", déplore Saeedullah Shah, chargé de superviser la lutte contre le Covid pour l'Association médicale islamique pakistanaise.

- Macron et les "Anglo-saxons" -

La fracture continue de se creuser entre les nations déshéritées, à la peine, et les pays riches bien mieux fournis en vaccin.

Ainsi, le bureau pour l'Afrique de l'OMS a mis en garde contre le risque d'une nouvelle vague de coronavirus à cause de retards croissants dans la vaccination sur ce continent qui ne représente plus que 1% des doses de vaccin administrées dans le monde, contre 2% il y a quelques semaines.

A l'occasion d'un sommet européen à Porto, le président français Emmanuel Macron a appelé vendredi "les Anglo-saxons" à arrêter de "bloquer" les exportations de vaccins et des ingrédients nécessaires pour les produire, ce qui permettrait de renforcer "la solidarité" mondiale.

Son pays, qui se déconfine lentement avec de hauts niveaux de circulation du virus, a étendu à sept pays supplémentaires (Turquie, Bangladesh, Sri Lanka, Pakistan, Népal, Emirats arabes unis, Qatar) une quarantaine obligatoire de 10 jours pour les voyageurs en arrivant.

En Allemagne, le ministre de la Santé Jens Spahn a estimé que son pays semblait avoir surmonté la troisième vague épidémique. "Le nombre des infections baisse à nouveau mais reste toujours à un niveau élevé", a-t-il toutefois nuancé.

Au Royaume-Uni, le gouvernement a annoncé la levée de l'interdiction des voyages à l'étranger et la mise en place d'un système de restrictions classant les pays en trois catégories en fonction de leur situation sanitaire.

Le soutien américain à une levée des brevets sur les vaccins contre le Covid a suscité un fort intérêt cette semaine, salué notamment par l'ONU, l'Union africaine, l'Organisation mondiale du commerce (OMC), l'Organisation mondiale de la santé, la France et la Russie.

L'Union européenne, jusqu'ici hostile à pareille initiative, s'est dite, par la voix de la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, "prête à discuter".

Sans surprise, le lobby pharmaceutique y est hostile, comme la Suisse où cette industrie pèse lourd.

Le Covid-19 a fait au moins 3.258.595 morts dans le monde et contaminé plus de 155.981.070 personnes depuis fin 2019, selon un bilan établi vendredi par l'AFP.

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