"Le magasin est déjà plein de monde!" Coup d'envoi des soldes mercredi

Publié le à Paris (AFP)

Reprise dynamique, fin des dernières jauges en magasin: "on a ouvert il y a cinq minutes, et le magasin est déjà plein de monde", confie un commerçant bordelais mercredi, au premier jour des soldes qui vont durer quatre semaines.

"Nous ne pratiquons pas de promotions en dehors des dates des soldes alors les clients sont au rendez-vous", explique Colas Michard, gérant du magasin indépendant Michard Ardillier situé rue Sainte-Catherine, considérée comme la plus longue artère commerçante d'Europe, à Bordeaux.

Une dizaine de clients patientaient à l'entrée avant l'ouverture des portes à 9H30. "Nous avons enregistré une baisse du chiffre d'affaires avec les fermetures successives", détaille encore le gérant. "Heureusement, la réouverture a été très bonne et on a déjà rattrapé une bonne partie depuis quelques semaines."

Rien à voir avec les images de l'été précédent, quand les consommateurs avaient globalement boudé les magasins, notamment ceux de l'habillement. "Il y a moins d'inquiétude" grâce notamment à la vaccination, souligne Yohann Petiot, directeur général de l'Alliance du commerce, qui représente les commerces d'habillement, de chaussures et de centre-ville.

Alain Griset, le ministre délégué aux PME, a noté au micro de Sud Radio "une envie de consommer", qui "se traduit réellement dans les faits".

- "Des rabais de 50%" -

Dans la matinée, cette envie a toutefois été frustrée pour Elyor Atlan, audioprothésiste de 25 ans: "Je suis très déçue, il n'y a rien, ce ne sont pas de bonnes soldes", peste-t-elle à la sortie d'une grande enseigne d'habillement espagnole, dans une grande artère commerçante de Lyon. "C'est le Covid et il y a seulement 7 euros de moins pour une première démarque", au point qu'elle a "prévu d'aller à Paris tellement il n'y a rien ici".

Francesco Ganneto, enseignant âgé de 48 ans, a lui trouvé son bonheur: "Je n'ai pas fait les soldes l'an dernier mais là, j'ai plus de budget", déclare-t-il, observant "des rabais de 50% dans les vitrines".

A Lyon toujours, la présidente de l'association des commerçants de la rue Victor Hugo, Kelly Ingargiola, s’inquiétait du "calme" dans la rue en début de matinée.

"Les soldes ont été repoussés (d'une semaine et dureront jusqu'au 27 juillet inclus, ndlr) et les vacances ont commencé", observe-t-elle.

A l'été 2020, les soldes avaient été décalés au coeur de l'été, causant du tort aux commerces situés dans les grandes villes comme Paris, largement vidées de leurs habitants et qui avaient souffert de l'absence des touristes internationaux.

- "Ecouler des stocks" -

Les disparités régionales pourraient être à nouveau observées, entre des zones où le commerce marche bien, notamment le front ouest de la France, et celles où l'absence de touristes internationaux et de certains (télé)travailleurs pèsent sur les ventes des magasins.

"On a quand même pas mal d'attentes sur ces quatre premiers jours de soldes. Nous travaillons très bien depuis un mois avec la réouverture le 19 mai. On a un peu compensé les pertes dues à la crise sanitaire mais je ne peux pas dire qu'on ait rattrapé quoi que ce soit. Les fermetures ont fait mal", nuance Reza Milot, gérant du magasin indépendant de vêtements pour femmes, Boutique Adélaïde, dans une rue du centre-ville historique de Bordeaux.

Les enseignes sont nombreuses à avoir déjà enclenché la machine à promotions, des plus grandes comme Amazon aux plus petites comme celle d'Aleftina Pabay, la propriétaire d'une boutique de vêtements lyonnaise, qui a pratiqué des "prix Covid à -20%" depuis le 19 mai.

Cela fait partie des raisons expliquant l'effritement de l'intérêt pour la période de soldes.

Le budget qu'y consacrent les consommateurs français baisse, selon le panéliste Kantar: de 215 euros en moyenne en 2016, il est tombé à 153 euros en 2020, soit une baisse de 41%. Dans le même temps, "le budget accordé aux promotions se développe", quoique modestement, de 251 à 262 euros.

Les commerçants attendent toutefois "beaucoup des soldes après cette période difficile du Covid-19", selon Bruno Tripon, président de l'association des commerçants des Grands Hommes. "L'enjeu, c'est d'écouler des stocks qui se sont accumulés avec les fermetures successives".

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