Le Mistral, navire polyvalent pour le transport et la projection de troupes

Publié le à Paris (AFP)

Les bâtiments de type Mistral, dont la France pourrait suspendre voire annuler la livraison de deux exemplaires à la Russie sur fond de crise ukrainienne, sont des navires de guerre polyvalents pouvant transporter des hélicoptères, des chars, ou accueillir un état-major embarqué.

La Marine française dispose de trois bâtiments de ce type appelés BPC (bâtiment de projection et de commandement) qui concentrent le meilleur de la technologie navale. Ce sont les plus gros navires de guerre français, après le porte-avions Charles-de-Gaulle.

La vente à la Russie de deux BPC, conclue en juin 2011, avait été évaluée à environ 1,2 milliard d'euros par le gouvernement français de l'époque. Le premier bâtiment à été baptisé Vladivostok, le second doit s'appeler Sébastopol, du nom du grand port de Crimée.

Longs de 199m pour 32m de large, les BPC de classe Mistral déplacent 21.600 tonnes. Leur pont de 5.200 m2 permet le stationnement et l'envol simultanés de six hélicoptères. Grâce à un hangar sous le pont, 16 hélicoptères peuvent être embarqués. Le navire peut recevoir quatre chalands de débarquement, ses hangars 13 chars et une centaine de véhicules. Ses hôpitaux comptent 69 lits, 900 m2 de locaux sont à la disposition des états-majors et 450 fantassins peuvent y loger.

Bâtiments de projection et de commandement, c'est-à-dire pouvant servir à débarquer des troupes sur un théâtre d'opérations, ils sont en outre équipés de deux moteurs électriques, alimentés par des moteurs diesel et orientables sur 360°, fabriqués par Rolls-Royce. Conjugués avec un propulseur d'étrave, ils offrent une capacité de manoeuvre exceptionnelle et permettent de se passer de gouvernail, en propulsant ces navires à une vitesse maximale de 19 noeuds.

Le pilote automatique et le système anti-incendies ont été empruntés aux technologies civiles, ce qui permet à ce type de bâtiment d'être moins coûteux que ses concurrents.

Le Mistral a été admis officiellement au service actif le 15 décembre 2006 dans la marine française. Mais dès l'été 2006, il avait démontré ses capacités en évacuant sur Chypre quelque 4.700 civils de Beyrouth, pris au piège du conflit entre Israël et le Hezbollah libanais.

La moitié arrière du Vladivostok a été construite par les chantiers navals russes OSK de Saint-Pétersbourg, tandis que les chantiers STX France de Saint-Nazaire, sous-traitant de DCNS, construisaient l'avant. Le Vladivostok et son jumeau en construction ont été adaptés par rapport aux premiers modèles français, pour tenir compte des spécificités de leur utilisation par la marine russe et permettre leur exploitation jusqu'à une température de -25 degrés.

La vente des deux bâtiments par la France à la Russie avait été considérée à Washington comme une menace pour la sécurité régionale.

"Aujourd?hui, le contrat avec la Russie se poursuit normalement", a toutefois indiqué mardi une source proche du dossier à l'AFP. "Il n?y pas de signal de reprogrammation de travaux", a-t-il ajouté.

DCNS, qui doit livrer le premier exemplaire à la Russie en octobre et le second l'année prochaine, réalise le chiffre d'affaires au fur et à mesure de la construction de ces bâtiments.

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