Le monde fête un deuxième nouvel An sous l'ombre du Covid

Publié le à Paris (AFP)

Le monde célèbre samedi le passage à la nouvelle année, avec des festivités annulées ou sévèrement encadrées pour cause de Covid, entamant une troisième année de pandémie sur fond d'explosion des contaminations et de timides signes d'espoir pour 2022.

Ces douze derniers mois ont vu l'arrivée d'un nouveau président américain, des rêves de démocratie s'évanouir de l'Afghanistan à la Birmanie en passant par Hong Kong ou la Russie, et les premiers Jeux olympiques sans spectateurs.

Mais c'est la pandémie qui a de nouveau régi le quotidien de la majeure partie de l'humanité. Officiellement, plus de 5,4 millions de personnes sont mortes depuis que le virus a été identifié pour la première fois en Chine en décembre 2019.

L'émergence du variant Omicron, particulièrement contagieux, à la fin de l'année 2021, a fait dépasser le million de cas quotidiens de coronavirus pour la première fois, selon un décompte de l'AFP.

La Grande-Bretagne, les Etats-Unis et même l'Australie, longtemps restée à l'abri de la pandémie, battent des records de nouveaux cas.

Et la France a annoncé à son tour jeudi qu'Omicron était désormais majoritaire sur son territoire. Toutefois, dans ses vœux à la nation, le président français Emmanuel Macron s'est déclaré "résolument optimiste", souhaitant que 2022 soit aussi "l'année de sortie de l'épidémie".

La distribution de vaccins à environ 60% de la population mondiale laisse entrevoir une lueur d'espoir, bien que certains pays pauvres n'y aient toujours qu'un accès limité et qu'une frange de la population y reste réticente.

- "Choses positives" -

Les îles Kiribati, dans le Pacifique, ont été les premières à célébrer la nouvelle année à partir de 10h00 GMT vendredi. Mais de Séoul à Paris, les festivités du Nouvel An ont, une nouvelle fois, été annulées ou limitées.

A Sydney, ville qui se vante habituellement d'être la "capitale mondiale du Nouvel An", la foule était inhabituellement peu nombreuse sur le port pour assister au traditionnel feu d'artifice.

"J'essaie juste de me concentrer sur les choses positives survenues cette année plutôt que sur les négatives", disait Melinda Howard, étudiante en médecine de 22 ans.

A Paris, où le traditionnel feu d'artifice de la Saint-Sylvestre a été annulé, des milliers de touristes et de badauds - beaucoup moins nombreux qu'avant la pandémie - ont déambulé sur les Champs Elysées, où les policiers contrôlaient le port du masque, à nouveau obligatoire.

"Tout est fermé aux Pays-Bas, donc on est mieux ici. Je vais rester jusqu'à minuit, voir les lumières, après on ne sait pas trop", explique Koen, un touriste néerlandais de 22 ans venu à Paris pour le réveillon avec sa petite amie.

En plein coeur de Madrid, le traditionnel rassemblement à la Puerta del Sol a réuni quelque 7.000 personnes pour avaler des grains de raisin au son des douze coups de minuit.

Si, à Mexico, plusieurs grands rassemblements ont été annulés, les célébrations à Rio de Janeiro, qui rassemblent habituellement trois millions de personnes sur la plage de Copacabana, ont été maintenues.

"Les gens n'ont qu'une envie, sortir de chez eux, célébrer la vie après une pandémie qui a obligé tout le monde à s'enfermer", a déclaré Francisco Rodrigues, 45 ans, serveur à Copacabana. Certains Brésiliens sont plus dubitatifs, dans un pays où la pandémie a tué près de 619.000 personnes, pire bilan au monde après celui des Etats-Unis.

A Dubaï (Emirats arabes unis), 36 feux d'artifice sur 29 sites ont embrasé la ville. Les fêtards se sont rassemblés dès le début de la soirée pour assister au spectacle de la plus haute tour du monde, la Burj Khalifa.

Aux Pays-Bas, les autorités ont interdit les feux d'artifice afin d'éviter que des blessures provoquées chaque Saint-Sylvestre par les fusées n'alourdissent la charge des services de santé. Mais un enfant de douze ans a été tué et un autre gravement blessé alors qu'ils regardaient apparemment un adulte tirer des feux d'artifice, a indiqué la police.

En Afrique du Sud, premier pays à avoir signalé le nouveau variant fin novembre, le couvre-feu nocturne en vigueur depuis 21 mois et qui s'était réduit aux heures comprises entre minuit et 4 heures a été levé.

- "Tsunami de cas"-

Durant l'année écoulée, nombre de pays ont hésité à rétablir les mesures drastiques de 2020, afin d'éviter une nouvelle récession économique. Mais 2021 a tout de même vu, en Europe et au-delà, une augmentation des manifestations contre les restrictions, tandis qu'une minorité hésitait encore à se faire vacciner.

Les experts espèrent que l'année 2022 marquera une nouvelle phase, moins meurtrière, de la pandémie. Mais l'Organisation mondiale de la santé prévoit de prochains mois éprouvants; son chef, Tedros Adhanom Ghebreyesus, disant redouter qu'Omicron "plus transmissible, circulant en même temps que Delta, entraîne un tsunami de cas".

L'année 2021 s'achève aussi par une montée des tensions géopolitiques, y compris en Europe avec la menace d'une intervention russe en Ukraine.

"Nous avons défendu fermement et constamment nos intérêts nationaux, la sécurité de notre pays et de nos citoyens", a souligné le président Vladimir Poutine dans ses vœux télévisés, déjà diffusés dans l'extrême-orient du pays, plus de 20 ans après s'être livré pour la première fois à l'exercice.

Il a évoqué l'épidémie de Covid, sans citer le chiffre de plus de 600.000 morts établi la veille par l'agence nationale des statistiques - deux fois plus que le chiffre communiqué par le gouvernement -, qui place le pays parmi les plus meurtris au monde.

Le président américain Joe Biden a de son côté appelé à l'unité pour la nouvelle année dans un message vidéo, au cours duquel il a également salué des Américains "extraordinaires".

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