Le Nobel de la paix, une "lumière éclatante" pour tous les journalistes (Maria Ressa à l'AFP)

Publié le à Oslo (AFP)

Encore stupéfaite d'avoir remporté le Nobel de la paix au point de mimer la célèbre figure du tableau "Le Cri", la Philippine Maria Ressa a comparé vendredi le prix à une "lumière éclatante" pour tous les journalistes.

"Oh mon Dieu, non, jamais, jamais!", s'est esclaffée la journaliste de 58 ans, cofondatrice du site d'information Rappler, quand l'AFP lui a demandé si elle s'attendait à décrocher le Nobel qui va lui être remis ce vendredi.

"Depuis le moment où on me l'a dit jusqu'à aujourd'hui... Vous connaissez ce tableau +Le Cri+"?", a-t-elle dit en poussant un long cri et en portant les mains à son visage comme le personnage du tableau du peintre norvégien Edvard Munch.

Mme Ressa a été couronnée du Nobel début octobre conjointement avec le Russe Dmitiri Mouratov, rédacteur en chef du journal indépendant Novaïa Gazeta, pour leur combat pour la "sauvegarde de la liberté d'expression".

Les deux journalistes d'investigation, sous pression des autorités dans leurs pays respectifs, doivent recevoir leur prestigieuse récompense ce vendredi lors d'une cérémonie au format réduit, Covid oblige, qui commence à 13H00 (12H00 GMT) à l'Hôtel de ville d'Oslo.

"Cette lumière Nobel est aveuglante", a souligné Mme Ressa. "Il n'y a pas de lumière plus éclatante".

"Elle est pour tous les journalistes à travers le monde. Nous voyons le recul de la qualité du journalisme, de la sécurité des journalistes et de la qualité des démocraties au cours de la décennie", a-t-elle dit.

Aux manettes de Rappler, un site très critique du président philippin Rodrigo Duterte, Mme Ressa est l'objet de sept poursuites judiciaires dans son pays qui pourrait lui valoir au total selon elle une centaine d'années de prison.

Condamnée pour diffamation l'an dernier mais en liberté conditionnelle en attendant un jugement en appel, elle a été contrainte de demander à quatre tribunaux la permission d'aller chercher son Nobel en personne.

"Ca n'a jamais été une option" a répondu la journaliste, qui a aussi la nationalité américaine, à la question de savoir si elle avait envisagé de se réfugier à l'étranger.

"Si je devais partir à un moment où (notre travail) est le plus indispensable, je ne serais pas qui je suis ou alors je serais beaucoup plus faible que je ne pensais l'être", a-t-elle dit.

Une élection présidentielle pour désigner un successeur au président Duterte est prévue aux Philippines le 9 mai.

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