Le pass sanitaire entre en piste, Castex accélère sur la vaccination

Publié le à Paris (AFP)

"Préparez votre pass sanitaire": pour aller au cinéma, au musée ou dans des établissements sportifs, les Français doivent désormais présenter une preuve de vaccination ou un test Covid-19 négatif alors que le nombre des contaminations a bondi de 140% en une semaine.

"Dans la 4e vague, on y est", a reconnu le Premier ministre Jean Castex en lançant "un défi collectif" à la population pour qu'"on atteigne huit millions de vaccins" administrés dans les deux prochaines semaines.

C'est "un objectif très ambitieux" qui "montre que nous aurons compris la gravité de la situation", a-t-il ajouté sur TF1, en soulignant que 96% des 18.000 personnes contaminées recensées mardi n'étaient pas vaccinées.

Désormais, l'objectif du gouvernement est d'atteindre 50 millions de primo-vaccinés fin août, et non plus 40 millions, grâce notamment à l'ouverture de 5 millions de nouveaux rendez-vous "dans les 15 jours".

Intervenant sur TF1 à l'issue du Conseil de défense à l'Elysée, Jean Castex a cherché à rassurer sur l'application du pass sanitaire.

Depuis ce matin, ce dernier est exigé dans les lieux de loisirs et de culture rassemblant plus de 50 personnes, contre 1.000 auparavant, mais une tolérance d'"une semaine" sera accordée pour faire de la "pédagogie", selon le Premier ministre.

Viendra ensuite "le temps des sanctions".

Les responsables d'établissements culturels - comme les cafés et restaurants à partir de début août - devront le contrôler à l'entrée, mais Jean Castex a précisé qu'ils ne seront pas chargés de la "vérification de l'identité" des personnes qui les présentent, comme le réclamaient les professionnels.

Pour ces derniers, ces contrôles s'annoncent fastidieux. Comment gérer au cinéma du Grand Rex, à Paris, "1.200 personnes alors que les spectateurs arrivent un quart d'heure avant et qu'il faut 20 à 25 secondes pour contrôler chaque personne", s'interroge Richard Patry, le président de la Fédération Nationale des Cinémas Français.

- "vigilance forte" -

"Nous sommes satisfaits de ne pas avoir à faire les contrôles" d'identité, a réagi Didier Chenet, le président du syndicat des indépendants de l’hôtellerie-restauration (GNI). Tout en disant "ne pas comprendre pourquoi les terrasses, qui sont en extérieur, sont soumises au pass sanitaire".

La situation est particulièrement incertaine pour les discothèques --dont un tiers vient d'ouvrir--, qui sont "sous vigilance forte" en particulier dans les "départements où le taux d'incidence explose", selon Jean Castex.

Le Premier ministre a en outre indiqué qu'il n'y aurait "pas de pass sanitaire dans les établissements scolaires", même si l'exécutif entend accélérer la campagne vaccinale pour les 12-17 ans.

Sur toutes ces questions, le débat s'annonce vif à l'Assemblée nationale qui doit examiner à partir de 15h00 le projet de loi étendant le pass sanitaire et prévoyant l'obligation vaccinale pour les soignants, en vue d'une adoption express.

La droite laisse planer l'incertitude sur son vote, en voulant faire entendre sa voix face à la majorité, sans prêter le flanc à un procès en irresponsabilité.

L'opposition au texte est plus franche à gauche, mais diffère selon les groupes, avec une opposition franche de LFI.

Le RN a également décidé de voter contre car "le pass sanitaire est une atteinte aux libertés et à l'égalité entre les citoyens", selon Marine Le Pen.

"Nous sommes vigilants: il faut trouver la balance entre l'atteinte à la liberté d'aller et venir et la protection sanitaire de nos citoyens", a assuré sur France 2 Yaël Braun-Pivet, présidente de la commission des lois.

- "Intraitables" -

Après les manifestations de samedi, Jean Castex a également envoyé un message de fermeté envers ceux qui "en viennent à des actes de violence" en protestant contre la vaccination.

"Nous serons intraitables", a-t-il promis, en ciblant ceux qui "font allusion à l'étoile jaune ou à la Shoah, s'en prennent à des permanences parlementaires, mettent le feu à des centres de vaccination".

Sur le plan sanitaire, l'impact de la 4e vague sur le système hospitalier est encore "incertain", a reconnu le ministre de la Santé Olivier Véran, d'autant que la flambée des contaminations touche pour l'instant surtout les jeunes.

Mais "nous avons déjà une augmentation depuis 10 jours consécutifs du nombre d'admissions à l'hôpital" pour Covid, a-t-il mis en garde.

Alors qu'environ 16% des plus de 60 ans ne sont pas vaccinés" et que le variant Delta est beaucoup plus transmissible, "pour l'hôpital, la vague peut être de même ampleur que les précédentes", assure mercredi dans Libération Martin Hirsch, directeur général de l'AP-HP.

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