Le point sur l'invasion de l'Ukraine par la Russie

Publié le à Paris (AFP)

Situation sur le terrain, réactions internationales, sanctions: le point sur l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

- L'armée russe occupe une centrale nucléaire ukrainienne -

L'armée russe occupait vendredi la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporojie (sud), la plus grande d'Europe, où des bombardements dans la nuit ont fait craindre une catastrophe.

Des tirs de chars russes contre la centrale ont mis le feu à un bâtiment de formation et à un laboratoire, mais aucune fuite radioactive n'a été constatée, ont indiqué les autorités ukrainiennes.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé Moscou de recourir à "la terreur nucléaire" et appelé à "une action européenne immédiate" pour "empêcher que l'Europe ne meure d'un désastre nucléaire".

- "Situation sans précédent" -

Face à "une situation sans précédent", le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a proposé de se rendre en Ukraine pour négocier une solution avec les Russes afin de garantir la sécurité des sites nucléaires.

"C'est la première fois qu'un conflit militaire a lieu dans un pays doté d'un large programme nucléaire", a-t-il dit.

Le G7 a demandé dans une déclaration vendredi à la Russie de stopper ses attaques près des centrales nucléaires.

"Toute attaque armée et toute menace contre des installations nucléaires utilisées à des fins pacifiques constituent une violation des principes de la Charte des Nations unies, du droit international (...)", selon une déclaration commune des pays du G7.

- L'armée russe poursuit sa progression -

Selon les Ukrainiens, les combats se poursuivaient vendredi à Tcherniguiv, au nord de Kiev où des frappes russes ont fait selon un nouveau bilan 47 morts la veille dans une zone résidentielle.

La situation était aussi devenue "un enfer" à Okhtyrka, et "critique" à Soumy, deux villes situées à quelque 350 km à l'est de Kiev, selon les autorités locales.

Quant au port stratégique de Marioupol (sud-est), la situation humanitaire est "terrible" après 40 heures de bombardements ininterrompus, y compris sur des écoles et des hôpitaux, a déclaré le maire-adjoint de la ville, Sergueï Orlov.

Plus de 1,2 million de personnes ont déjà fui le pays, selon l'ONU.

- L'Ukraine table sur un 3e round de négociations -

L'Ukraine table sur un troisième round des négociations avec la Russie ce weekend, a déclaré l'un des négociateurs ukrainiens, Mykhaïlo Podoliak, conseiller du chef de l'administration présidentielle.

Mais le président russe Vladimir Poutine a déclaré lors d'un entretien avec le chancelier allemand Olaf Scholz que le dialogue n'était possible que si "toutes les exigences russes" étaient acceptées.

Le chancelier allemand a exhorté le président russe à "cesser immédiatement tous les combats et à autoriser l'accès humanitaire dans les zones de combat".

- Pas de zone d'exclusion aérienne -

Les membres de l'Otan ont rejeté la demande de Kiev de créer une zone d'exclusion aérienne en Ukraine.

"La seule façon de mettre en œuvre une zone d'exclusion aérienne est d'envoyer des avions de chasse de l'Otan dans l'espace aérien de l'Ukraine, puis d'abattre des avions russes pour la faire respecter", a expliqué le secrétaire général de l'Alliance, Jens Stoltenberg.

"Nous pourrions nous retrouver avec une guerre totale en Europe", a-t-il souligné. "L'Otan est alliance défensive. Nous ne voulons pas être partie prenante au conflit en Ukraine", a-t-il insisté.

- Réunion du Conseil de sécurité de l'ONU -

Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunissait en urgence vendredi à la demande du Royaume-Uni afin d'étudier les conséquences des bombardements russes sur la centrale nucléaire de Zaporojie.

L'attaque d'un site nucléaire ukrainien a représenté "une immense menace pour toute l'Europe et le monde", y a affirmé l'ambassadrice américaine Linda Thomas-Greenfield.

La Russie a dénoncé "un mensonge", par la voix de son ambassadeur.

- La Russie punit les "informations mensongères" -

La Russie a mis vendredi sur les rails de lourdes sanctions pénales en cas de distribution d'"informations mensongères sur l'armée" et bloqué des médias, illustration du tour de vis intérieur qui accompagne l'invasion de l'Ukraine.

La BBC a annoncé suspendre le travail de ses journalistes de Russie pour assurer leur "sécurité".

Et le journal russe indépendant Novaïa Gazeta, dont le rédacteur en chef est le dernier Prix Nobel de la paix, a annoncé la suppression de certains de ses contenus liés à l'Ukraine afin d'éviter des sanctions.

- Violations des droits humains -

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a approuvé à une écrasante majorité une résolution en faveur d'une commission d'enquête internationale sur les violations des droits humains et du droit humanitaire en Ukraine.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba a accusé des soldats russes de "violer des femmes dans les villes ukrainiennes occupées", demandant la création d'un tribunal pénal spécial pour juger le "crime d'agression" commis par Vladimir Poutine.

L'armée russe a utilisé le 28 février à Kharkiv (est) des armes à sous-munitions, qui sont indistinctement létales à l'égard des populations civiles, et dont l'emploi pourrait constituer un crime de guerre, affirme l'organisation Human Rights Watch (HRW).

- Le gaz naturel européen dépasse 200 euros le mégawattheure -

Le conflit en Ukraine a fait grimper vendredi le prix du gaz naturel à un nouveau record historique en Europe.

La crainte de perturbation des exportations russes, qui fournissent 40% des importations de gaz européen, faisait grimper la référence du marché européen, le TTF néerlandais, à un nouveau record, à 213,895 euros le mégawattheure (MWh).

- Sanctions -

Le géant américain de l'informatique Microsoft a annoncé suspendre les "nouvelles ventes" de ses produits et services en Russie, rejoignant la longue liste des entreprises se désengageant au moins temporairement du pays.

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