Le point sur l'invasion russe de l'Ukraine

Publié le à Paris (AFP)

Situation sur le terrain, réactions internationales, sanctions: le point sur l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

- Le Pentagone table sur un conflit "prolongé" -

Le recentrage de l'effort de guerre russe sur le Donbass, dans l'est de l'Ukraine, où les forces russes feront face à une armée ukrainienne aguerrie, laisse présager un conflit "prolongé", qui pourrait durer des mois, a prévenu jeudi le Pentagone.

"Si de fait ils donnent la priorité à la région du Donbass, (...) une région où ils n'ont pas combattu depuis huit ans, une région où il y a beaucoup de soldats ukrainiens, qui sont très actifs, cela pourrait durer un moment", a déclaré à la presse le porte-parole du Pentagone, John Kirby.

- Biden "sceptique" sur un retrait partiel des troupes russes -

Le président américain Joe Biden s'est dit jeudi "sceptique" face aux annonces de la Russie sur un retrait partiel de ses troupes pour concentrer l'offensive en Ukraine sur la région du Donbass (est).

Il a par ailleurs estimé que Vladimir Poutine "semblait s'isoler", et a dit avoir "des indications selon lesquelles (le président russe) a limogé ou placé en résidence surveillée certains de ses conseillers", tout en disant ne pas avoir de "preuves irréfutables".

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a aussi avancé que les forces russes en Ukraine ne montrent "aucun élément concret" de recul ni de désengagement en dépit des récentes déclarations du Kremlin, jeudi dans une interview au Figaro.

- L'Otan s'attend à des offensives -

Les forces russes "ne se retirent pas, mais se repositionnent" en Ukraine et l'Otan s'attend à des "offensives supplémentaires" de la part de Moscou, a déclaré jeudi le secrétaire général de l'Alliance Jens Stoltenberg.

Selon lui, la Russie "essaie de renforcer son offensive sur la région du Donbass" et "maintient la pression sur Kiev et d'autres villes".

- Retrait russe de Tchernobyl -

Les troupes russes ont quitté la centrale de Tchernobyl qu'ils occupaient depuis le début de l'invasion de l'Ukraine le 24 février en emmenant des otages, ont annoncé jeudi soir les autorités ukrainiennes.

- Gaz: Poutine impose le paiement en roubles -

Dès le 1er avril, les acheteurs de gaz russe de pays "inamicaux" devront avoir des comptes en roubles, faute de quoi la Russie ne les livrera pas, a annoncé jeudi le président Poutine.

L'Allemagne et la France se "préparent" à un potentiel arrêt des importations de gaz russe, les Européens refusant le paiement en roubles exigé par Moscou, a réagi le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire.

Les pays européens continueront de payer le gaz russe en euros et dollars comme cela est "écrit dans les contrats", a assuré le chancelier allemand, Olaf Scholz.

- L'Opep+ ouvre un peu les vannes, Biden puise beaucoup dans les réserves stratégiques -

Les producteurs de pétrole de l'Opep+ ont annoncé, sans surprise, une nouvelle ouverture modeste de leurs vannes d'or noir, ignorant les appels à alléger la pression sur les prix induite par la guerre.

Le président américain, confronté à une inflation record minant sa popularité, a lui ordonné de puiser 1 million de barils par jour dans les réserves stratégiques de pétrole pendant six mois.

- Trêve annoncée à Marioupol -

Le gouvernement ukrainien devait envoyer jeudi 45 bus pour évacuer des civils depuis le port assiégé de Marioupol (sud-est), après que Moscou a annoncé une trêve pour permettre leur départ. Dix-sept bus sont déjà partis pour Marioupol, selon Kiev.

"Les forces armées russes vont rouvrir un couloir humanitaire de Marioupol à Zaporojie (à 220 km au nord-ouest) le 1er avril à partir de 10H00 heure de Moscou", soit 07H00 GMT, a déclaré le ministère russe de la Défense.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s'est dit prêt "à diriger" à partir de vendredi ces opérations d'évacuation en direction de la ville de Zaporojie, à 220 km au nord-ouest, à condition d'avoir les garanties nécessaires.

- Sanctions -

Washington a annoncé jeudi de nouvelles sanctions contre la Russie, visant cette fois le secteur technologique, afin, entre autres, d'empêcher le contournement des sanctions occidentales.

La Russie a elle annoncé interdire l'entrée sur son territoire aux dirigeants européens et à la majorité des eurodéputés, en réaction aux mesures punitives la visant.

- Depardieu dénonce "les folles dérives inacceptables" de Poutine -

L'acteur français Gérard Depardieu, qui avait fait l'éloge de Vladimir Poutine dans le passé, a dénoncé jeudi "les folles dérives inacceptables" du dirigeant russe, annonçant que la totalité des recettes de ses concerts prévus début avril dans un théâtre français "reviendra aux victimes ukrainiennes".

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