Le porte-parole de la Confédération paysanne entendu par les gendarmes

Publié le à Saint-Étienne, 19 avr 2014 (AFP)

Le porte-parole national de la Convention paysanne, Laurent Pinatel, était entendu samedi matin à Saint-Etienne, sous le régime de la garde à vue, sur une action coup de poing dans la Somme en septembre 2013 d'opposants à la ferme usine des 1.000 vaches, a constaté un journaliste de l'AFP.

Son audition est menée par des gendarmes de la brigade criminelle d'Abbeville (Somme).

M. Pinatel, agriculteur à Saint-Genest-Lerpt (Loire), avait déjà été entendu sur cette affaire en novembre à Abbeville dans le cadre d'une enquête pour "vols et dégradation en réunion" ouverte par le parquet d'Amiens. Cette audition, qui avait duré sept heures, s'était également déroulée sous le régime de la garde à vue.

Cette nouvelle garde à vue à Saint-Etienne fait suite au refus de l'agriculteur de se rendre à une deuxième convocation le 18 mars dernier à Abbeville. Dans une lettre au procureur, M. Pinatel avait expliqué que ses "obligations" lui interdisaient de se rendre à deux reprises à Abbeville, "à 700 kms de (sa) ferme".

C'est sur son tracteur que le syndicaliste paysan est arrivé samedi matin à la gendarmerie où il est entré à O9H40. Il était accompagné d'une délégation d'agriculteurs, certains sur des tracteurs, et d'une vache.

Au total, une centaine d'éleveurs et de syndicalistes étaient rassemblés, en signe de soutien, devant la gendarmerie, proche du Stade Geoffroy-Guichard, dont les accès ont été bloqués par les forces de l'ordre.

Ils ont commencé à installer des tables et des chaises pour organiser à la mi-journée un banquet de soutien.

Dans une brève allocution avant de rentrer dans la gendarmerie, M. Pinatel a indiqué qu'il n'avait "rien à déclarer" aux enquêteurs, jugeant "intolérable que des participants à une action collective soient traités comme des terroristes".

Il a qualifié sa convocation de "ridicule", tout comme le fait de faire descendre à Saint-Etienne plusieurs enquêteurs de la gendarmerie d'Abbeville.

Sur le fond, M. Pinatel a une nouvelle fois violemment critiqué le projet de ferme laitière dite des 1.000 vaches dans la Somme, dénonçant un "projet mafieux dont les ramifications vont jusqu'au sommet de l'Etat" et un "permis de construire illégal".

Il a déploré qu'il n'y ait pas "de volonté politique d'arrêter ce projet industriel" et qu'il "corresponde même à la volonté du gouvernement". Selon la Confédération paysanne, la ferme usine de la Somme est "le symbole d'une industrialisation de l'agriculture qui fera disparaître les paysans".

Des rassemblements de soutien à M. Pinatel devaient être organisés également ce samedi à Abbeville et Millau, selon le syndicat.

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