Le préfet de la Sarthe ferme la mosquée d'Allonnes, soupçonnée de radicalisation

Publié le à Allonnes (France) (AFP)

Accusée de légitimer le terrorisme ou le recours au jihad armé, la mosquée d'Allonnes près du Mans, qui accueille environ 300 fidèles et une école coranique, va être fermée, a annoncé mercredi la préfecture de la Sarthe.

"Deux associations installées à Allonnes, +l'association allonnaise pour le Juste Milieu+ (AAJM) et +l'association Al Qalam+, gèrent un lieu de culte dénommé la +mosquée d’Allonnes+, accueillant environ 300 fidèles", explique la préfecture dans un communiqué.

"D'après des éléments recueillis, des prêches et l’activité de ce lieu de culte, fréquenté par des individus appartenant ou proches de la mouvance islamiste radicale, légitiment le recours au jihad armé, la mort en martyr, la commission d’actes de terrorisme et le recours à la violence, la haine et la discrimination ainsi que l’instauration de la charia", poursuit le communiqué.

Ce lieu abrite aussi une école coranique "accueillant environ 110 enfants devant lesquels a été valorisé le jihad armé et qui constitue donc un lieu d’endoctrinement", d'après la même source.

Aussi, "aux termes de la loi, l'ensemble de ces faits constitue des propos tenus, des idées et théories diffusées, ou des activités incitant à la violence, à la haine ou à la discrimination, provoquant à la commission d’actes de terrorisme ou faisant l’apologie de tels actes".

"Au regard de ces éléments, à la demande de M. le ministre de l’Intérieur, M. le préfet de la Sarthe a engagé une procédure de fermeture de ce lieu de culte", conclut le communiqué.

Les avoirs des deux associations gérant la mosquée et de certains de leurs dirigeants ont par ailleurs été gelés mardi "pour couper net toutes les activités de haine", a déclaré le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal à la sortie du Conseil des ministres.

"Nous sommes inflexibles face à l'islamisme, nous sommes intransigeants face à la haine et à la radicalisation", a-t-il commenté. "Quand on attaque la République elle doit répondre, elle doit répondre fort et donc nous avons engagé une procédure pour demander la fermeture de cette mosquée".

M. Attal a précisé qu'une décision définitive serait annoncée mercredi prochain, à l'issue d'une procédure contradictoire. "Une décision évidemment que nous attendons en confiance, étant donné le sérieux et la solidité du dossier dont nous disposons", a-t-il ajouté.

- Perquisition mardi -

Cette décision fait suite aux déclarations du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin dans les colonnes du Figaro fin septembre. Il avait annoncé avoir enclenché des procédures pour fermer six lieux de culte et dissoudre plusieurs associations, tous soupçonnés de faire la propagande de l'islamisme radical, situés dans la Sarthe, en Meurthe-et-Moselle, en Côte-d’Or, dans le Rhône ou encore dans le Gard.

Selon Gabriel Attal, "sur 89 lieux de culte susceptibles d'être radicalisés, d'entraîner la radicalisation, tous ont été contrôlés: un tiers ont été soit fermés, soit suspendus".

"Au total, plus de 650 lieux fréquentés par des fondamentalistes ont été fermés. Nous avons au cours de ce mandat dissous une dizaine de structures de culte, de mosquées, trois fois plus que sous les deux mandatures précédentes réunies", a-t-il souligné.

Devant la mosquée d'Allonnes, la situation était calme en milieu de journée, a constaté un photographe de l'AFP. Une affichette "mosquée fermée pour des raisons administratives" a été accrochée sur le bâtiment.

Contacté par l'AFP, le maire d'Allonnes Gilles Leproust (PCF) a lui indiqué avoir été informé par le préfet "d'une perquisition administrative hier matin (mardi) dans la mosquée".

"Je suis surpris car je n’ai eu aucun élément d’alerte du service compétent sur une situation telle qu’elle est décrite (dans le communiqué de la préfecture, ndlr). Je n’ai jamais eu d’éléments particuliers m’alertant sur tels ou tels comportements ou telle ou telle déclaration de prosélytisme", a ajouté l'élu communiste, maire depuis 2008.

M. Leproust, qui est également secrétaire général de l'Association des maires ville et banlieue de France, a rappelé que 50% de sa commune de quelque 11.000 habitants était placée en quartier prioritaire.

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