Le premier procès aux assises de Nordahl Lelandais s'ouvre à Chambéry

Publié le à Chambéry (AFP)

Nordahl Lelandais prend place lundi dans le box des accusés à Chambéry pour répondre pendant une dizaine de jours du meurtre du jeune caporal Arthur Noyer en 2017, quelques mois avant l'enlèvement et la mort de la petite Maëlys.

L'ancien militaire de 38 ans, extrait de sa prison de Saint-Quentin Fallavier, est arrivé sous escorte à 08H30 au palais de justice vêtu d'une casquette foncée, d'une veste noire et portant une fine barbe grisonnante.

Prévue à partir de 10H00, la première comparution de l'ancien militaire de 38 ans devant la cour d'assises de Savoie polarise l'attention des médias et du grand public, que la dérive meurtrière d'un homme a priori sans histoires ne cesse de dérouter et d'intriguer.

Avant le procès, la famille d'Arthur Noyer avait demandé à tous les soutiens de la famille d’être "les plus dignes et les plus sereins possible dans la salle d'audience, naturellement, mais également au dehors", où quelques personnes attendaient, lundi matin, de pouvoir assister à l'audience.

A l'automne 2017, après la mise en cause de Nordahl Lelandais dans l'enlèvement de la petite Maëlys, en Isère, les enquêteurs savoyards faisaient le rapprochement avec la disparition d'Arthur Noyer, un chasseur alpin de 23 ans, quelques mois plus tôt.

Lors de la mise en examen de Nordahl Lelandais dans l'affaire Noyer, le procureur avait soulevé ouvertement une question: est-il lié à d'autres disparitions ?

Trois ans et des centaines de dossiers étudiés plus tard, aucun élément matériel connu ne vient accréditer cette thèse.

Quelque 120 journalistes ont été accrédités pour ce procès autour duquel le dispositif policier a été renforcé. Le procès Maëlys, lui, aura probablement lieu en 2022 à Grenoble.

- Serviable et manipulateur ? -

Après la sélection des jurés et un résumé de l'enquête lundi matin, l'audience de l'après-midi doit débuter avec l'examen de son parcours de vie.

Né le 18 février 1983 à Boulogne-Billancourt, près de Paris, Nordahl Lelandais arrive à sept ans en Savoie, où il coule une scolarité sans accroc notable jusqu'à un CAP mécanique qu'il ne terminera pas.

A 18 ans, il s'engage dans l'armée pour rejoindre le 132e bataillon cynophile de Suippes, dans la Marne. Il quittera l'armée comme caporal en 2005 pour infirmité, sans avoir convaincu ses supérieurs.

Il revient alors chez ses parents, à Domessin, et enchaîne les petits boulots. Décrit par sa famille comme serviable, les femmes avec qui il a eu des relations un peu durables pointent un homme tantôt très tendre, tantôt menteur, manipulateur, ont résumé les juges d'instruction.

Une expertise psychologique versée à l'instruction relève des "carences affectives" et une "surenchère des excitations" par l'alcool, les drogues ou le sexe.

Une seconde expertise citée dans le dossier Noyer exclut une altération de son discernement au moment des faits, mais souligne "une tendance à la mythomanie", une "très faible tolérance à la frustration" et une "incapacité à éprouver de la culpabilité".

- Coups "très violents" -

Dans la nuit du 11 au 12 avril 2017, Arthur Noyer, qui vient de passer la soirée en discothèque, est pris en stop par Nordahl Lelandais à Chambéry.

Ce dernier, qui vient de se faire éconduire par une partenaire sexuelle occasionnelle, a multiplié dans les heures précédentes les allez-retour dans le centre-ville. Pour les juges d'instruction, il était probablement en recherche d'une aventure charnelle.

Lors d'une halte sur un parking de la banlieue de Chambéry, les deux hommes en viennent aux mains pour un motif qui demeure flou. Nordahl Lelandais a reconnu en mars 2018 avoir donné des coups "très violents" à Arthur Noyer à la suite d'un premier coup donné par le militaire.

A l'issue de la bagarre, a-t-il raconté aux enquêteurs, le caporal Noyer est inanimé, Nordahl Lelandais glisse son corps dans le coffre de son Audi grise, roule une vingtaine de kilomètres puis le dépose sur le bas-côté d'une petite route de montagne.

Comme dans l'affaire Maëlys, l'accusé récuse toute intention de tuer, une version que n'ont pas retenue les juges d'instruction, qui l'on renvoyé pour homicide volontaire. Mais ils ont exclu, faute de preuve, une préméditation retenue préalablement lors de sa mise en examen pour assassinat.

Le verdict est attendu autour du 12 mai. L'accusé encourt trente ans de réclusion criminelle.

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