Le traité New Start prolongé, les défis russes commencent pour Biden

Publié le à Washington (AFP)

La prolongation du dernier traité de désarmement américano-russe New Start est devenue effective mercredi après avoir été validée par les Etats-Unis de Joe Biden, qui doit maintenant s'attaquer aux multiples "défis" posés par Moscou, à commencer par le sort de l'opposant russe Alexeï Navalny.

"En même temps que nous travaillons avec la Russie pour promouvoir les intérêts américains, nous allons aussi travailler pour faire rendre des comptes à la Russie pour ses actes antagonistes et ses violations des droits humains, en étroite coordination avec nos alliés et partenaires", a prévenu le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken.

Le communiqué annonçant l'extension de cet accord-clé pour cinq ans, jusqu'au 5 février 2026, déjà entérinée côté russe, résume bien le délicat équilibre entre dialogue et fermeté que tente de trouver l'administration Biden.

Alors que le nouveau président américain met en scène quotidiennement la signature de ses premières mesures, la prolongation très attendue du traité a été validée presque en catimini à deux jours de son expiration.

"Le président Biden s'est engagé à protéger les Américains des menaces nucléaires en rétablissant le leadership américain en matière de contrôle des armements et de non prolifération. Aujourd'hui, les Etats-Unis font un premier pas pour tenir cet engagement avec la prolongation du traité New Start avec la Fédération de Russie pour cinq ans", a dit Antony Blinken.

"Une compétition nucléaire sans limites nous mettrait tous en danger", a-t-il plaidé.

Signé en 2010, l'accord limite les arsenaux à un maximum de 1.550 ogives déployées pour chacun de ces deux pays, soit une réduction de près de 30% par rapport au plafond précédent fixé en 2002.

- L'heure des décisions approche -

Les négociations sur sa prolongation étaient restées dans l'impasse sous la présidence de Donald Trump.

L'extension officielle a été applaudie par le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg, qui a estimé que c'était "le début, pas la fin, d'un effort pour renforcer davantage le contrôle international des armements".

La Russie, qui avait promulgué dès vendredi une loi renouvelant New Start, a aussi salué la sauvegarde de cette "pierre angulaire de la sécurité internationale".

La diplomatie russe a prévenu, dans un communiqué, qu'il faudrait des "efforts significatifs" pour remettre sur les rails le dialogue entre les deux puissances adversaires sur ces sujets.

"C'est un début... Maintenant commence la tâche difficile pour la gestion des relations américano-russes", qui sont au plus bas depuis la fin de la Guerre froide il y a trente ans, a en effet résumé sur Twitter l'ex-diplomate américain Brett Bruen, qui dirige une société de conseil.

Tout d'abord sur le vaste terrain en jachère du désarmement.

Antony Blinken a expliqué que la prolongation de New Start offrait un répit pour tenter d'encadrer "l'ensemble des armes nucléaires" avec la Russie, mais aussi pour tenter de "réduire les dangers posés par l'arsenal nucléaire moderne et grandissant de la Chine" -- un objectif affiché en vain par Donald Trump.

Surtout, l'accord sur New Start n'empêche pas d'avoir "les yeux grands ouverts sur les défis que pose la Russie aux Etats-Unis et au monde", a assuré le secrétaire d'Etat américain.

Il intervient en effet en plein regain des tensions entre les Occidentaux et Moscou, après l'empoisonnement présumé, l'arrestation puis la condamnation à une peine de prison d'Alexeï Navalny.

Après une série de dénonciations très fermes, l'administration Biden va devoir rapidement montrer jusqu'où elle est prête à aller en termes de représailles et de sanctions, d'autant que le nouveau président américain a promis une fermeté en rupture avec la bienveillance souvent affichée par Donald Trump à l'égard du président russe Vladimir Poutine.

Pour l'instant, la diplomatie américaine renvoie à l'examen demandé par la Maison Blanche aux services de renseignement sur tout ce qu'elle reproche à Moscou, du sort d'Alexeï Navalny à la récente cyberattaque géante en passant par les ingérences électorales.

Mais l'heure des décisions approche, et déterminera probablement l'ampleur du bras de fer américano-russe pour les prochaines années.

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