Le variant Omicron risque de devenir majoritaire en Europe, l'Allemagne décide de restrictions drastiques

Publié le à Berlin (AFP)

L'Allemagne va imposer des restrictions drastiques aux non-vaccinés, s'apparentant à un quasi-confinement, alors qu'un vent de panique souffle dans le monde face au variant Omicron, qui risque de devenir majoritaire en Europe d'ici "les tout prochains mois", selon l'agence de l'Union européenne chargée des maladies.

La chancelière Angela Merkel a annoncé jeudi un durcissement des restrictions visant les personnes non vaccinées contre le Covid-19, qui n'auront plus accès aux commerces non essentiels, restaurants, lieux de culture ou de loisirs.

Ils devront aussi limiter leurs contacts, à domicile ou à l'extérieur.

Ces nouvelles mesures ont été prises à l'issue d'une réunion avec son successeur, Olaf Scholz, et les dirigeants des 16 régions du pays. Un projet de loi sur l'obligation vaccinale, à laquelle M. Scholz est favorable, sera soumis au parlement pour une entrée en vigueur en février ou mars.

En Norvège, le gouvernement a introduit jeudi de nouvelles restrictions sanitaires à Oslo et dans sa région après l'apparition d'un foyer présumé du variant parmi des dizaines de personnes pourtant toutes vaccinées, lors d'un repas de Noël.

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), basé à Stockholm, a de son côté indiqué que "les données préliminaires suggèrent un avantage substantiel" du nouveau variant sur le variant Delta jusqu'ici dominant.

Sur la base de ces modèles mathématiques, "Omicron pourrait causer plus de la moitié des infections provoquées par le virus SARS-CoV-2 dans l'Union européenne d'ici les tout prochains mois", a mis en garde l'agence jeudi.

Une discussion "doit être menée" sur l'obligation vaccinale dans les Etats membres de l'UE, a estimé mercredi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Car pour l'heure, a souligné à Genève le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, l'insuffisance de la couverture vaccinale contre le Covid et celle du niveau de dépistage constituent un mélange "toxique".

- "Question de choix" -

C'est "une recette parfaite pour que des variants se reproduisent et s'amplifient", a-t-il prévenu, soulignant que la fin de la pandémie est "une question de choix".

En Afrique du Sud, où a été annoncée l'identification du variant Omicron la semaine dernière, et où moins d'un quart de la population est vaccinée, les autorités ont décrit devant le Parlement une propagation "exponentielle" du virus. Le nouveau variant, manifestement très contagieux, étant déjà dominant.

Selon une chercheuse de l'Institut national sud-africain des maladies transmissibles (NICD), Anne von Gottberg, les anticorps issus d'une première infection au Covid-19 n'empêchent pas d'attraper à nouveau la maladie avec le variant Omicron.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a dénoncé les fermetures de frontières, les qualifiant d'une forme d'"apartheid" contre une Afrique pas suffisamment vaccinée.

L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a elle aussi estimé que la priorité demeurait de "s'assurer que les vaccins sont produits et distribués le plus rapidement possible à travers le monde".

Le variant Omicron a été repéré sur tous les continents, notamment en Europe, déjà confrontée avant son apparition à un fort rebond de l'épidémie.

Après de nombreux autres pays, l'Irlande, l'Islande, l'Inde ont à leur tour annoncé leur premier cas. La France a, elle, confirmé un premier cas sur son sol métropolitain.

Les Etats du Vieux continent ont décidé de durcir à nouveau les restrictions sanitaires: contrôles aux frontières, interdiction de voyager vers l'Afrique australe, masque obligatoire dans les transports et les magasins au Royaume-Uni, recommandation de vacciner les enfants vulnérables en France, etc.

- "Virus sans frontières" -

Les Etats-Unis ont annoncé jeudi des tests renforcés pour les voyageurs entrant sur leur territoire dès la semaine prochaine après avoir annoncé la veille leur premier cas de variant Omicron.

En Asie, le Japon, désormais fermé aux étrangers, a recensé deux cas du nouveau variant et demandé mercredi aux compagnies aériennes de suspendre les réservations à destination de son territoire pendant un mois.

Le Nigeria, le pays le plus peuplé d'Afrique, a également enregistré ses trois premiers cas, des personnes de retour d'Afrique du Sud, tout comme les trois premiers cas repérés au Brésil.

Un premier cas a été signalé en Arabie saoudite - chez un Saoudien rentré d'Afrique du Nord - ainsi qu'aux Emirats arabes unis.

Divers laboratoires, dont Moderna, AstraZeneca, Pfizer/BioNTech et Novavax, se sont dits confiants dans leur capacité à créer un nouveau vaccin contre Omicron. La Russie a, elle aussi, annoncé travailler sur une version de son Spoutnik V ciblant spécifiquement ce variant.

Jamais un variant du Covid-19 n'avait provoqué autant d'inquiétude depuis l'émergence de Delta, actuellement dominant et déjà très contagieux.

L'OMS juge "élevée" la "probabilité qu'Omicron se répande au niveau mondial", même si de nombreuses inconnues demeurent: contagiosité, efficacité des vaccins existants, gravité des symptômes. A ce jour cependant, aucun décès associé à Omicron n'a été signalé.

Le Covid-19 a fait au moins 5.223.072 morts dans le monde depuis son apparition fin 2019 en Chine, selon un comptage de l'AFP jeudi.

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