Les Bourses mondiales exultent, propulsées par l'annonce d'un vaccin efficace

Publié le à Paris (AFP)

Après avoir célébré la victoire du démocrate Joe Biden à l'élection présidentielle américaine, les Bourses mondiales exultaient avec l'annonce d'un vaccin efficace contre le Covid-19.

L'annonce en milieu de journée par les laboratoires Pfizer et Biontech que leur vaccin serait "efficace à 90%" contre le Covid-19, a propulsé les marchés européens en milieu de journée. Vers 11H20 GMT, Paris s'envolait de plus de 7%, Francfort de plus de 6%, Londres et Milan de plus de 5%.

Dans leur ensemble, les places européennes signaient leur meilleure performance sur une séance depuis six mois.

La même euphorie était sur le point de gagner les Etats-Unis, où le marché n'avait pas encore ouvert mais où l'indice Dow Jones s'annonçait en hausse de plus de 4%.

Les prix du pétrole accéléraient aussi fortement: vers 12H00 GMT (13H00 à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier bondissait de 6,39% par rapport à la clôture de vendredi, à 41,97 dollars.

"Cette nouvelle est énorme, on l'attend depuis très longtemps!", s'est enthousiasmé Daniel Larrouturou, gérant actions chez Dôm Finance, interrogé par l'AFP à Paris juste après l'annonce.

"C'est l'information de l'année, peut-être même de la décennie. Le vaccin contre le Coronavirus est trouvé", s'est enflammé à Francfort, Jochen Stanzl, analyste chez CMC Markets. "Presque rien ne pourrait être plus beau que cette information après quatre ans de divisions transatlantiques sous le gouvernement Trump."

Avant l'annonce qui faisait jubiler l'Europe, les marchés asiatiques et européens avaient savouré la victoire du démocrate Joe Biden à la présidentielle américaine. La Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei, qui avait déjà bondi de près de 6% sur l'ensemble de la semaine dernière, a clôturé en hausse de 2,12%.

Sur le marché de la dette, l'appétit pour le risque faisait s'écraser les taux souverains des pays considérés comme les plus risqués, à l'instar de la Grèce et l'Italie, dont les taux à dix ans ont atteint de nouveaux plus bas historiques, respectivement à 0,728% et 0,617%.

- Le bonheur des uns.... -

L'annonce profitait à tous les secteurs les plus affectés par les mesures de restrictions aux activités, à savoir le voyage, l'aéronautique, les banques.

Ainsi, la nouvelle a fait faire des bonds supersoniques à Airbus (+20%), IAG (+30%), Lufthansa (+30%), Rolls Royce (+29%) et Easyjet (+25%). Les valeurs financières n'en perdaient pas une miette: Société Générale (+16%), BNP Paribas (+14%).

A contrario, un coup de massue s'est abattu sur les entreprises qui avaient profité des mesures de confinement: sur le Dax, Delivery Hero (livraison de repas) était la seule valeur en rouge (-4,45%), au MDax (indice des valeurs moyennes allemandes) Hello Fresh (livraison de panier repas à cuisiner chez soi) perdait 18,2%. A Londres, Ocado chutait de 8,26% et Just Eat Takeaway de 7,14%

Cette annonce intervient alors que les Etats-Unis, comme l'Europe, font face à des records de nouvelles contaminations ces derniers jours et que l'accumulation de nouvelles restrictions pour faire face à cette deuxième vague pourrait sérieusement escamoter la reprise économique.

Par conséquent, la perspective d'une embellie sanitaire prenait le dessus sur la victoire de Joe Biden dont "les Bourses espèrent plus de prévisibilité et moins de volatilité", note M. Stanzl.

Les investisseurs ne doutent pas que Joe Biden deviendra le président américain en janvier même si Donald Trump ne veut pas concéder sa défaite jusqu'ici.

"Les investisseurs estiment que ses recours légaux ne représentent rien d'autre qu'une tentative de sauver la face" du président sortant, décrypte Joshua Mahony, analyste chez IG.

Au départ, les investisseurs craignaient une victoire démocrate, synonyme de hausses d’impôts sur les sociétés et de taxes sur les revenus du capital, mais ils parient désormais sur des mesures politiques modérées.

Car, "il semble probable que les Républicains gardent le contrôle du Sénat et si tel était le cas, il serait plus difficile pour l'administration Biden à la fois d'introduire une régulation renforcée pour les secteurs technologique et pharmaceutique mais aussi d'augmenter les impôts", observe David Madden, analyste pour CMC Markets.

Le dollar baissait de 0,07% face à l'euro, à 1,1882 dollar pour un euro, et le yen reculait de 1,00% face au dollar (104,41 yens) et de 1,10% face à l'euro (124,08 yens).

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