Les Etats-Unis face à l'embrasement du virus, l'Europe ne relâche pas la pression

Publié le à New York (AFP)

Face à l'explosion des cas de coronavirus dans tous les Etats-Unis, New York se préparait samedi à refermer ses écoles, au moment où les restrictions se multiplient dans le monde, y compris en Europe en dépit d'un léger mieux sur le front de l'épidémie.

Sur le vieux continent, les restrictions se multilplient, comme au Portugal qui a décidé d'un couvre-feu le week-end, entré en vigueur samedi. En Ukraine, ce sont les commerces non essentiels qui ferment samedi pour trois week-ends. Et en Autriche, le gouvernement pourrait annoncer samedi un durcissement des mesures déjà en vigueur.

Ailleurs dans le monde, le nombre de contaminations augmente sur tous les continents, à l'exception de l'Océanie. Au Liban, un confinement "total" du pays entre en vigueur samedi face à cette deuxième vague qui ne reflue toujours pas.

Mais c'est aux Etats-Unis que la situation apparaît préoccupante.

Ville américaine la plus touchée par la première vague au printemps, New York a jusqu'ici résisté à son retour en force. Mais le taux de positivité des tests - longtemps resté proche des 1% - augmente désormais quotidiennement et a dépassé vendredi pour la première fois le seuil critique des 3%.

Le maire Bill de Blasio, qui avait rouvert les écoles publiques fin septembre selon un modèle partiellement présentiel, a appelé les parents d'élèves à "se préparer" à leur fermeture lundi.

Le gouverneur de New York Andrew Cuomo avait déjà annoncé la fermeture dès 22H00 des bars et restaurants, une mesure entrée en vigueur vendredi et globalement bien acceptée dans une ville où le déconfinement a été très progressif et où ces établissements fermaient déjà pour la plupart avant minuit.

Le souvenir des camions-morgue et des tentes dressées devant les hôpitaux en mars-avril, avec plus de 23.000 morts recensés dans la métropole, est encore dans tous les esprits.

- Inquiétude avant Thanksgiving -

Le nombre de nouveaux cas quotidiens aux Etats-Unis ne cesse d'augmenter: il a approché les 189.000 entre jeudi et vendredi, pas loin du record enregistré en début de semaine.

Et près de 1.600 nouveaux décès ont été recensés, selon l'université Johns Hopkins, portant le total dans le pays à plus de 10,7 millions de cas et 244.200 morts.

Le nombre de malades du Covid-19 hospitalisés est aussi au plus haut depuis le début de la pandémie, à plus de 67.000, selon le Covid Tracking Project.

"Il va falloir qu'on ferme tout", a prévenu vendredi Michael Mina, épidémiologiste à Harvard, lors d'un point presse téléphonique. "Et si on ne ferme pas tout ou si on ne trouve pas autre chose à faire, Thanksgiving va conduire à une nouvelle explosion massive de cas".

Mais dans sa première intervention publique depuis l'annonce de sa défaite samedi à la présidentielle - qu'il refuse de reconnaître -, Donald Trump a fermement exclu cette hypothèse.

"Quoi qu'il se passe à l'avenir (...) cette administration n'imposera pas de confinement", a déclaré le président républicain. A la place, il a promis que la distribution des premières doses d'un vaccin pour les personnes à risque était "une affaire de semaines".

- Stabilisation en Europe -

Les Etats-Unis restent, de loin, le pays dont le bilan est le plus lourd en valeur absolue, devant le Brésil (164.737 morts), l'Inde (128.668), le Mexique (97.056), et le Royaume-Uni (50.928).

Mais avec 284.000 nouveaux cas quotidiens, l'Europe est toujours la région enregistrant la plus forte progression, même si les nouvelles contaminations semblent désormais stabilisées (+1%).

Les autorités écartent cependant presque partout l'idée d'un assouplissement de ces restrictions.

Malgré des signes de ralentissement en Allemagne, la chancelière Angela Merkel a ainsi estimé que l'épidémie allait a minima "nous occuper tout l'hiver".

La France, l'un des épicentres de la deuxième vague, constate elle aussi un ralentissement des contaminations. Mais il est trop "fragile" pour envisager une levée des restrictions le 1er décembre, a signifié le gouvernement, alors que 95% des capacités en réanimation sont occupées et que "le pic" de cette vague n'est pas encore atteint.

En Italie, la situation s'aggrave dans plusieurs des 20 régions du pays. Dans celle de Naples, notamment, les hôpitaux étaient débordés: on soignait parfois des patients directement dans leur voiture, tandis que d'autres agonisaient dans des ambulances.

Dans ce contexte, la décision du gouvernement chilien de rouvrir ses frontières aériennes aux ressortissants étrangers - avec l'espoir d'accueillir 300.000 touristes pendant l'été austral - a été immédiatement dénoncée comme "peu judicieuse" par l'Association médicale chilienne.

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