Les ingrédients de la crise sociale au Chili

Publié le à Santiago du Chili (AFP)

Des inégalités sociales chroniques, des pensions de retraite réduites, des coûts de santé et d'éducation élevés, des scandales de corruption au sein de l'armée et de la police et des mesures visant à intimider les étudiants contestataires, tels sont les ingrédients de la grave crise sociale qui secoue le Chili.

- Inégalités chroniques -

La politique macro-économique qui y est suivie est régulièrement louée et le revenu annuel par habitant, plus de 20.000 dollars, demeure le plus élevé d'Amérique latine. Mais le Chili est le pays qui connaît les plus importantes inégalités en Amérique du Sud.

"Les inégalités de revenus au Chili sont supérieures de plus de 65% à la moyenne de l'OCDE", soulignait en 2018 l'Organisation de coopération et de développement économiques, dont ce pays est membre depuis 2010.

La fracture sociale entre une classe supérieure très riche, constituée par une vingtaine de familles seulement, et le reste de la population qui se contentait jusqu'à présent d'accéder à la consommation par le biais d'un endettement élevé est à la base de la soudaine explosion d'une colère contenue depuis des années.

"Il y a de plus en plus de personnes qui, quel que soit leur niveau de revenus, se sentent en dehors du pacte social", estime Marcelo Mella, un analyste politique à l'Université de Santiago.

- Des retraites réduites -

Héritier d'un système mis en place sous la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990), un régime par capitalisation totalement individualisé pour les salariés est en vigueur pour les retraites. Défendu par les partisans de l'ultra-libéralisme économique, il est un au coeur des revendications des manifestants.

Avec ce système, les pensions des retraités sont pour la plupart inférieures au salaire minimum (environ 370 euros), tandis que les fonds de pension accumulent de gros bénéfices chaque année, ce qui scandalise de nombreux Chiliens.

Il y a un an, le président conservateur Sebastian Piñera a proposé au Parlement une réforme du système, qui prévoit notamment une contribution des employeurs.

- Hausse des services de base -

La hausse du prix du ticket de métro, l'étincelle qui a déclenché la colère de la rue, s'ajoute à d'autres augmentations récentes des coûts des services de base.

Début octobre, le gouvernement a ainsi augmenté de 10,5% les tarifs de l'électricité.

Parallèlement, les médicaments restent les plus chers dans la région, alors que le système de santé, privatisé, ne couvre que 60% des frais médicaux.

- Scandales de corruption -

Autre sujet de mécontentement, la multiplication des affaires de corruption, dans une société qui s'est longtemps glorifiée de la transparence de sa vie publique.

Des institutions jusque-là jugées au-dessus de tout soupçon, comme l'armée et la police, sont au coeur de la tempête. Une affaire de détournement de 40 millions de dollars depuis 2006 secoue la police. Quant à l'armée, deux de ses derniers commandants en chef sont renvoyés devant la justice pour corruption.

De grandes entreprises sont également concernées, à l'image du papetier CMPC qui a accepté de verser une très importante amende après avoir reconnu s'être entendu avec d'autres entreprises pour augmenter le prix du papier toilette.

- Mesures d'intimidation contre les étudiants -

Après que de gigantesques manifestations d'étudiants contre un système éducatif à deux vitesses public-privé avaient fait trembler en 2011 le premier gouvernement de Sebastian Pinera (2010-2014), le mouvement étudiant n'a eu de cesse de dénoncer des campagnes visant à décrédibiliser ses actions.

Une loi a été approuvée fin 2018 par le Parlement qui permet d'expulser des établissements scolaires les élèves impliqués dans des troubles publics. Le gouvernement cherche désormais à autoriser les contrôles d'identité des jeunes à partir de 14 ans.

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