Les meetings de Trump, dernier baroud ou parade victorieuse?

Publié le à Newtown (Etats-Unis) (AFP)

Il les enchaîne au rythme de quatre par jour, ces réunions de campagne où il est accueilli en héros; à trois jours de l'élection présidentielle, Donald Trump continue à galvaniser inlassablement sa base, avec l'espoir de créer, une nouvelle fois, la surprise.

La température, de plus en plus basse à l'approche de l'hiver, n'y fait rien. Ils sont là, au bord de la route, sur le tarmac des aéroports, collés les uns aux autres, sans masque pour beaucoup.

La mécanique est tellement rodée que les trois premiers meetings de samedi, tous en Pennsylvanie, se ressemblaient quasiment trait pour trait.

Au point que même Fox News, la chaîne d'information à la ligne conservatrice, a interrompu le direct au milieu du troisième épisode.

Un quatrième était attendu, en début de soirée, à Montoursville, toujours en Pennsylvanie, Etat clé dans la course à la présidence.

Ces supporteurs, quasiment tous blancs, viennent assister à un spectacle qu'ils connaissent déjà.

Le chef de l'Etat y égrène ce qu'il considère comme les nombreuses réussites de son mandat, en y mêlant anecdotes, digressions, traits d'humour et critiques à foison, à la manière d'un animateur radio en roue libre.

Par moment, le troisième meeting s'est même transformé en numéro de stand-up, avec imitations et "punchlines" (plaisanteries qui rythment un numéro comique).

Pour finir, Donald Trump a gratifié les spectateurs ravis de sa fameuse chorégraphie sur "YMCA" de Village People, dont le chanteur lui a récemment demandé, sans succès de ne plus utiliser les titres du groupe.

- Jusqu'où ira "la vague"? -

Tout est si bien réglé que le public est devenu acteur de ces "rallies", et répond à son candidat du tac au tac.

"Lock him up!" ("Mettez-le en prison"), pour une référence un peu appuyée à Joe Biden. "Su-per-man!", lorsqu'il raconte avoir contracté le coronavirus. Et, à intervalles réguliers, "We love you!" et "U-S-A!"

"Ils ne parlent jamais de nos foules", a commencé Donald Trump en prenant le micro à Reading (Pennsylvanie), samedi après-midi, accusant les médias de ne pas restituer la ferveur de ses sympathisants.

"Et ils ne parlent pas non plus de celles de Joe +l'endormi+. Il y avait 12 personnes" à sa dernière réunion de campagne.

Le fait est que Joe Biden limite la capacité d'accueil de ses réunions publiques pour respecter les gestes barrière, avec des spectateurs dans leurs véhicules, en mode drive-in, offrant un contraste saisissant avec les meetings de Donald Trump.

En multipliant les étapes, le chef de l'Etat s'offre une série de bains de jouvence autant qu'il galvanise ses fidèles.

"On ne dirait pas quelqu'un qui va finir deuxième, vous ne pensez pas?", a lancé samedi le président américain à un public ravi qui lui a répondu par une clameur.

Pour l'ancien promoteur immobilier, une "vague" est en train de se former, dont les signes les plus lisibles sont ces réunions de campagne, les rassemblements massifs de bateaux à ses couleurs, les cortèges de voitures ou de motos.

La marée de pancartes plantées sur les pelouses de millions de maisons et le long des routes témoigne aussi d'une visibilité de terrain sans grand précédent dans l'histoire politique américaine.

Si les sondages le donnent battu avec une régularité sans faille depuis des mois, Donald Trump dit ne croire qu'en ce qu'il voit, cette "vague" rouge, couleur républicaine.

"Dans l'histoire, il n'y a jamais eu un mouvement comme celui-là", a-t-il encore martelé à Butler, où il a démarré son discours avec plus d'une heure de retard. "Mardi sera une journée historique. Je le sens."

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