Les Salvadoriens élisent leur sixième président depuis la guerre civile

Publié le à San Salvador (AFP)

Les Salvadoriens élisent dimanche leur sixième président depuis la fin, en 1992, de la guerre civile qui a ensanglanté leur pays pendant 12 ans, avec une obligation de sobriété, la loi interdisant la consommation d'alcool.

Les bureaux de vote sont ouverts depuis 07H00 heure locale (13H00 GMT) et fermeront à 17H00 (23H00 GMT) pour un scrutin qui voit s'affronter trois candidats, dont deux jeunes loups de la politique, briguant un mandat présidentiel de cinq ans, non renouvelable.

Un peu plus de 5,2 millions d'électeurs sont appelés aux urnes et les résultats devraient être connus dans la soirée de dimanche, a déclaré le président du Tribunal suprême électoral Julio Olivo.

L'élection présidentielle se déroulait dimanche dans le calme et dans l'ambiance de fête habituelle dans de telles circonstances au Salvador. Arborant des vêtements aux couleurs des trois principaux partis en présence -bleu ciel, rouges ou tricolores-, des électeurs souriants se pressaient en longues files devant les bureaux de vote.

Dans deux quartiers populaires -Mejicanos et Ayutuxtepeque- où les graffitis sur les murs témoignent de la présence des gangs criminels, de jeunes électeurs expriment leur désir de pouvoir enfin vivre en sécurité.

"Honnêtement, ça fait peur d'aller dans la rue tout seul. On ne sait jamais ce qui peut vous arriver. C'est pourquoi je pense que, quel que soit le vainqueur de l'élection, il devra s'occuper de nous, les jeunes, pour que nous ayons plus de sécurité face à toute cette violence", explique à l'AFP Gabriela Solórzano, 19 ans.

"Il faut que cela s'améliore. Je veux pouvoir aller dans la rue sans penser que l'on peut me tuer uniquement parce que je suis dans un endroit où on ne me connaît pas", renchérit Rafael Vides, 23 ans.

Selon les derniers sondages autorisés, deux semaines avant le scrutin, l'ancien maire de San Salvador Nayib Bukele, 37 ans, fait la course en tête sous la bannière du parti conservateur Grande alliance pour l'unité (Gana). Il est talonné par le richissime homme d'affaires Carlos Calleja, 42 ans, le poulain du parti de droite Alliance républicaine nationaliste (Arena), majoritaire au Parlement.

Le président sortant Salvador Sanchez Ceren risque de voir perdre son dauphin. Candidat du parti de gauche Front Farabundo Martí pour la libération nationale (FMLN), l'ancien ministre des Affaires étrangères Hugo Martinez est relégué à une humiliante troisième place, après une décennie passée au pouvoir par l'ancienne guérilla.

- Enfant terrible -

Selon les derniers sondages, au moins la moitié des électeurs devraient se prononcer en faveur de Nayib Bukele pour briser enfin la double malédiction de la violence des bandes criminelles et de la misère.

Un second tour opposant les deux candidats arrivés en tête sera organisé le 10 mars si aucun n'obtient dimanche la majorité absolue des suffrages.

Si l'enfant terrible de la politique salvadorienne Nayib Bukele l'emporte, il devra pour gouverner nouer une alliance avec la majorité parlementaire de l'Arena, au moins jusqu'aux législatives de 2021.

Elu maire de San Salvador (2015-2018) sous la bannière du FMLN avant d'en être exclu, il cultive sa proximité avec la frange la plus jeune de l'électorat et promet le changement en rompant l'alternance au pouvoir de l'Arena et de l'ancienne guérilla.

- Violence endémique et misère -

Le premier défi à relever pour le prochain président sera celui de la violence des bandes criminelles, responsables de la quasi-totalité des 3.340 meurtres qui ont ensanglanté l'année dernière le Salvador. Avec un taux de 51 homicides pour 100.000 habitants, c'est l'un des pays les plus violents du monde en dehors des zones de guerre.

Quelque 54.000 membres des deux "maras" (gangs) toujours en activité (17.000 sont derrière les barreaux) font régner la terreur au Salvador en se livrant au racket, au trafic de drogue et aux assassinats.

Les différents gouvernements de gauche et de droite ont joué tour à tour de la répression et de la négociation avec les bandes criminelles, sans pouvoir en finir avec elles.

Cette violence endémique et la misère poussent chaque année des milliers de Salvadoriens à fuir leur pays. Ils ont été ainsi plus de 3.000 à prendre la route en "caravane" vers le rêve américain en octobre et novembre 2018, au grand dam du président Donald Trump.

L'économie désormais dollarisée marque le pas et 30,3% des 6,6 millions de Salvadoriens vivent en dessous du seuil de pauvreté.

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