Les temps forts de l'affaire Litvinenko

Publié le à Londres (AFP)

Les temps forts de l'affaire Alexandre Litvinenko, ex-espion russe empoisonné au polonium-210 en 2006 au Royaume-Uni, dont la Cour européenne des droits de l'homme a jugé mardi la Russie "responsable" de l'assassinat.

- Empoisonnement -

Le 1er novembre 2006, Alexandre Litvinenko rencontre dans un hôtel du centre de Londres deux Russes, Andreï Lougovoï, un ancien du KGB, et Dmitri Kovtoun, un homme d'affaires.

Auparavant, il a rencontré l'Italien Mario Scaramella qui lui a remis un document sur le meurtre de la journaliste russe d'opposition Anna Politkovskaïa.

Le soir même, M. Litvinenko commence à se sentir mal.

Il meurt le 23 novembre, à l'âge de 43 ans, après trois semaines d'agonie. Dans une lettre posthume, il accuse le président russe d'être responsable de sa mort. Vladimir Poutine dénonce une "provocation politique".

Selon l'Agence britannique de protection de la santé (HPA), M. Litvinenko a été empoisonné avec du polonium-210, une substance hautement radioactive. D'importantes traces du poison ont notamment été retrouvées au Millenium Hotel où il avait bu un thé avec les deux Russes.

- Poursuites et crise diplomatique -

Le 22 mai 2007, le parquet britannique entame des poursuites contre Andreï Lougovoï pour le meurtre de M. Litvinenko et réclame son extradition. Refus du parquet russe.

Le 31, M. Lougovoï affirme que M. Litvinenko était un agent des services secrets britanniques, ainsi que l'oligarque très controversé Boris Berezovski pour lequel il a travaillé, et met en cause le MI6 (renseignement britannique) dans son empoisonnement.

Le 15 juin, les services spéciaux russes (FSB) ouvrent une enquête pour espionnage sur la base des déclarations de M. Lougovoï.

Le 16 juillet, Londres annonce l'expulsion de quatre diplomates russes. Le 19, Moscou réplique avec l'expulsion de quatre diplomates britanniques, l'interruption de la coopération dans la lutte antiterroriste, et un arrêt des délivrances de visas aux fonctionnaires britanniques.

- Enquête publique -

En mai 2013, le magistrat britannique Robert Owen, chargé de mener l'enquête judiciaire, déplore de ne pas pouvoir se pencher sur le rôle de l'Etat russe, et appelle son gouvernement à déclencher à la place une "enquête publique" qui permettrait l'examen de documents secrets. Refus des autorités en juillet.

Le 22 juillet 2014, revirement du gouvernement britannique qui ordonne une "enquête publique" sur la mort de l'opposant russe. En février, la Haute Cour de Londres avait jugé que le ministère de l'Intérieur avait eu tort en refusant de lancer une telle enquête.

- Poutine mis en cause -

Le 21 janvier 2016, l'enquête publique conclut à la responsabilité de l'Etat russe dans la mort de M. Litvinenko, meurtre qui a été "probablement approuvé" par le président Vladimir Poutine. MM. Lougovoï, devenu parlementaire, et Kovtoun sont désignés nommément comme les exécutants du meurtre.

Selon le juge, une première dose plus faible de polonium aurait même été administrée à l'ex-agent le 16 octobre 2006, deux semaines avant la dose fatale.

Dans la foulée, le gouvernement britannique convoque l'ambassadeur de Russie à Londres et annonce le gel des avoirs des deux exécutants présumés. La police demande leur extradition pour les juger, ce à quoi Moscou s'est toujours refusé.

En janvier 2017, les deux hommes sont également visés par des sanctions américaines.

- La Russie "responsable" (CEDH) -

Le 21 septembre 2021, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), saisie par la veuve de M. Litvinenko, juge la Russie "responsable" de l'assassinat de l'ex-espion en exil.

La Russie est condamnée à verser 100.000 euros pour préjudice moral, une somme particulièrement élevée au regard de la jurisprudence de la Cour.

La Russie annonce ne pas reconnaître le jugement "infondé" de la CEDH.

© 2021 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

A lire également

Notre sélection d'annonces

Fil info