Macron et Guterres inquiets d'un recul des droits des femmes dans le monde

Publié le à Paris (AFP)

Le président français Emmanuel Macron et le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres se sont inquiétés mercredi, en ouvrant un forum de l'ONU pour l'égalité femmes-hommes, du "vent mauvais" de "forces conservatrices et patriarcales" qui menacent les droits des femmes partout dans le monde.

"Je me revendique féministe", a souligné Emmanuel Macron, en dénonçant "un vent mauvais qui se remet à souffler dans beaucoup de sociétés, car des forces patriarcales veulent reprendre le pouvoir dans une internationale du conservatisme, et remettre en cause des décennies d'acquis".

Aux femmes "qui voulaient simplement être libres de conduire, qui revendiquent simplement de ne pas porter un voile ou d'avorter", "nous sommes là pour leur dire que leurs combats sont les nôtres", a-t-il ajouté.

Face à des "mouvement profonds portés par telle ou telle religion ou le détournement de religions, ou par un conservatisme", le président français a opposé "un universalisme concret" pour agir.

"C'est une bataille idéologique contre les forces conservatrices qui se développent un peu partout dans le monde et qui sont en train de remettre en cause l'acquis de (la conférence de) Pékin", a renchéri Antonio Guterres, en évoquant la précédente conférence de l'ONU sur le sujet, il y a 26 ans.

"Il y a encore dans le monde énormément de lois discriminatoires, il faut les abroger", a-t-il demandé, en critiquant "une culture qui reste largement patriarcale".

Il a dénoncé en particulier les biais sexistes de la société digitale et de l'intelligence artificielle, une industrie majoritairement masculine.

"La misogynie est dans la Silicon Valley, les algorithmes sont biaisés contre les femmes", a-t-il insisté, en citant l'exemple d'un couple d'Américains qui ouvrent un compte en banque, où le mari reçoit automatiquement un plafond de crédit plus élevé que son épouse.

Par visioconférence, la vice-présidente américaine Kamala Harris a aussi déclaré que "pour défendre la démocratie, nous devons lutter pour l’égalité hommes-femmes".

Tous ont aussi souligné que la pandémie avait particulièrement impacté les femmes et contribué à un recul de leurs droits, qu'il s'agisse de la déscolarisation des filles, d'une augmentation du nombre de femmes tombées dans la pauvreté ou des violences dans le foyer au moment des confinements.

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