Malgré le covid-19, les Brésiliens ont voté aux municipales

Publié le à Sao Paulo (AFP)

Les bureaux de vote ont fermé dimanche au Brésil après des municipales sans incident dans l'immense pays latino-américain, un premier test électoral de l'ère Bolsonaro organisé dans l'ombre du coronavirus.

"Tout s'est déroulé de manière étrangement normale", a déclaré Luis Robert Barroso, président du Tribunal supérieur électoral au soir du 1er tour, alors que "nous sommes en pleine pandémie".

Si le vote est obligatoire, les 148 millions d'électeurs pouvaient s'en faire dispenser sur internet, alors que, selon un sondage, 27% d'entre eux s'étaient montrés inquiets de voter en raison du coronavirus, qui a tué 165.000 personnes au Brésil et menace le pays d'une deuxième vague.

En raison de la pandémie, la campagne pour l'élection des 5.569 maires et de leurs conseillers municipaux s'est déroulée sur les réseaux sociaux, et très peu sur le terrain.

Ce scrutin, dont les résultats sont attendus vers 22H00 (lundi 01H00 GMT), devrait confirmer le net virage à droite entamé avec l'élection il y a deux ans du président Jair Bolsonaro, et renforcer les partis conservateurs traditionnels.

Mais les candidats soutenus par le président d'extrême droite ont connu des fortunes diverses, selon de premiers sondages réalisés par l'institut Ibope à la sortie des bureaux de vote.

L'ancien pasteur néo-pentecôtiste Marcelo Crivella (Republicanos), maire impopulaire de Rio de Janeiro, a été largement devancé par son prédécesseur à la mairie Eduardo Paes (2009-2016) du parti DEM.

Selon Ibope, Paes remporterait 39% des voix et Crivella s'est qualifié de justesse pour le second tour du 29 novembre avec 20%.

Quant à un autre "poulain" de Bolsonaro, le présentateur de télévision Celso Russomanno, il n'a pas réusSi à se qualifier pour le 2e tour à Sao Paulo, la plus grande ville du pays.

C'est Guilherme Boulos, du Parti Socialisme et Liberté (PSOL - gauche), qui, avec 25% des voix, affontera Bruno Covas, l'actuel maire (PSDB - centre droit) de Sao Paulo, largement en tête avec 33% des voix, toujours selon l'Ibope.

"J'aime sa gestion, je pense qu'il mérite de continuer", a déclaré à l'AFP Rogerio Rosenthal, après avoir déposé son bulletin dans l'urne électronique pour le maire, qui a affronté à la fois l'épidémie dans le pire foyer au Brésil et un cancer.

- Progression de la droite -

M. Bolsonaro jouissant toujours du soutien de 40% des Brésiliens, les analystes tablent tout de même sur une nouvelle vague conservatrice, avec l'élection de candidats au discours sécuritaire, dont de nombreux ex-militaires

"On devrait assister à une consolidation de ce qu'on a vu en 2018, avec une progression des partis de droite ou de centre droit", déclare à l'AFP Oswaldo Amaral, politologue de l'Université de Campinas.

Il sera toutefois difficile de tirer des enseignements nationaux de ce scrutin pour le président qui n'est plus affilié à un parti depuis qu'il a quitté l'an dernier le PSL -- sa neuvième formation en 30 ans de carrière politique.

"Bolsonaro est le premier président sans parti au moment des municipales depuis le retour du Brésil à la démocratie (en 1985), donc ce sera compliqué de faire les comptes pour savoir si c'est une victoire ou une défaite" pour son camp, estime Felipe Nunes, politologue de l'Université Fédérale de Minas Gerais (UFMG).

- Des gains à gauche -

La gauche, tout en restant très divisée, pourrait enregistrer des gains non négligeables.

Le Parti des travailleurs (PT, gauche) de l'ex président Luiz Inacio Lula da Silva avait subi la pire défaite de son histoire en 2016 avec la perte de plus de 60% des municipalités conquises au précédent scrutin.

"C'est une élection historique et je pense que le PT va en ressortir très renforcé (...) et que nous allons remporter beaucoup de villes", a déclaré Lula, après avoir voté en matinée à Sao Bernardo do Campo, près de Sao Paulo.

Manuela D'Avila, du Parti Communiste du Brésil (PC do B) est bien placée pour enlever la ville de Porto Alegre.

La gauche est également en posture favorable à Recife, Fortalezza ou Belem, selon les sondages.

Ce scrutin, repoussé de six semaines en raison de la pandémie, a été marqué par une forte hausse des candidatures de Noirs, de femmes et de transsexuels.

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