May cherche de l'aide à Bruxelles pour faire passer l'accord de Brexit

Publié le à Bruxelles (AFP)

Rescapée d'un vote de défiance, Theresa May a reconnu jeudi qu'elle n'attendait pas de "percée immédiate" lors d'un sommet à Bruxelles, où elle est venue demander de nouvelles "assurances" à l'UE pour apaiser les craintes des députés britanniques sur l'accord de Brexit.

Ses homologues européens se sont dits prêts à "l'aider", mais pas à n'importe quel prix et surtout pas en rouvrant les négociations sur le traité de divorce âprement négocié pendant 17 mois. Ils menaient entre eux d'intenses tractations en coulisses pour évaluer ce qu'ils pourront lui offrir dans la soirée.

"Je ne m'attends pas à une percée immédiate, mais ce que j'espère, c'est que nous pourrons commencer à travailler aussi rapidement que possible sur les assurances nécessaires", a expliqué la Première ministre britannique à son arrivée au sommet, réuni pour deux jours à Bruxelles.

Les nouvelles garanties que demande Mme May concernent principalement le "backstop", cette solution imaginée dans l'accord de divorce pour éviter le retour d'une frontière physique entre les deux Irlandes. Et qui risque aux yeux de ses détracteurs d'arrimer indéfiniment le Royaume-Uni à l'UE.

- "Exercice de communication" -

Mme May doit s'exprimer dans l'après-midi devant ses homologues, qui se concerteront ensuite sans elle, dans la soirée. "Nous sommes prêts à aider", a lancé le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel, en croisant son homologue britannique devant la presse juste avant l'ouverture du sommet.

Le maître de cérémonie de ce Conseil européen, Donald Tusk, a lui aussi assuré que les dirigeants européens voulaient "aider" Mme May, mais sans bien savoir comment. "La marge est extrêmement étroite, ce sera un exercice de communication", a confié un haut diplomate d'un Etat membre.

"Nous allons entendre de la bouche (de Mme may) quelles sont ses idées", a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel, mais "je pense que l'accord de retrait a été très bien négocié", a-t-elle ajouté.

Selon des sources diplomatiques, les Européens préparaient jeudi après-midi un texte à publier dans la soirée pour apaiser les inquiétudes britanniques. Ils pourraient y écrire que le "backstop" ne "serait mis en place que pour une courte période et seulement pour le strict temps nécessaire", selon une version provisoire qui circulait à Bruxelles.

"Il y a le mot +temporaire+", mais "rien de tout cela n'est nouveau. Il n'y a pas de date pour la fin du backstop", a commenté une source diplomatique.

Le "filet de sécurité" au coeur des inquiétudes britanniques prévoit la création d'un "territoire douanier unique" englobant l'UE et le Royaume-Uni après la transition post-Brexit. Son but est d'éviter le retour d'une frontière physique entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord, qui mettrait en péril les accords de paix sur l'île.

Il ne s'appliquerait que si les négociations à venir sur les futures relations commerciales entre Londres et les 27 ne permettaient pas de garantir l'absence de frontière "dure" entre les deux Irlandes. Mais les "Brexiters" craignent que Londres ne retrouve jamais sa liberté commerciale.

Pour aider Mme May à répondre à ces craintes, il ne lui sera offert que des "clarifications ce soir", a déclaré le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, excluant de rouvrir une négociation sur la substance de l'accord de divorce.

"Je peux vous assurer que personne dans l'UE ne souhaite déclencher le +backstop+", a-t-il ajouté.

En plus de ce message, les Européens envisagent aussi selon une source diplomatique d'"examiner si de nouvelles assurances peuvent être fournies" ultérieurement, avec une valeur "juridiquement contraignante", toujours sans modifier l'accord de retrait.

L'idée serait que l'"on donne quelque chose à May aujourd'hui et en janvier peut-être plus", a expliqué cette même source pour décrire cette stratégie en deux temps. Mais d'autres pays, comme la France, la Belgique et l'Irlande sont réticents face à une tel scénario.

"Cela pose problème de donner implicitement l'impression qu'on pourrait ouvrir la porte à une modification ultérieure" de l'accord de divorce et d'ouvrir ainsi "une attente politique" impossible à satisfaire, a dit une source diplomatique.

- Vote en janvier -

Le gouvernement britannique a annoncé jeudi que le vote parlementaire sur l'accord de Brexit conclu avec l'UE aurait lieu en janvier, alors que plusieurs députés demandaient qu'il soit organisé la semaine prochaine.

Face à la perspective d'un cuisant échec, Theresa May avait annoncé lundi, à la dernière minute, le report du vote sur l'accord prévu le lendemain devant la chambre des Communes, vent debout contre le texte.

La dirigeante conservatrice a ensuite survécu mercredi à un vote de défiance organisé par son parti, en majorité hostile à l'accord de divorce qu'elle a négocié avec l'UE.

Mais une bonne partie de ses collègues (plus d'un tiers) a voté contre elle, laissant présager des difficultés persistantes avec son parlement pour ratifier l'accord sur le retrait britannique, programmé le 29 mars 2019.

Si le Brexit va une nouvelle fois susciter toute l'attention lors du sommet à Bruxelles, les chefs d'Etat ou de gouvernement débattront aussi d'autres sujets importants, dont certains toujours conflictuels comme les migrations.

Ils ont également prévu de faire un point sur les négociations du budget post-Brexit de l'UE pour 2021-2027, au coeur d'un intense bras de fer entre capitales européennes. Et ils devraient reconduire des sanctions contre la Russie pour l'annexion de la Crimée.

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