Michelle Obama donne de la voix, Trump attaque "Sleepy Joe"

Publié le à Milwaukee (Etats-Unis) (AFP)

La campagne présidentielle américaine rentre dans le vif du sujet: Michelle Obama monte lundi à la tribune - virtuelle - de la convention démocrate pour mettre son immense popularité au service de Joe Biden.

Le discours de l'ancienne Première dame des Etats-Unis, qui n'a jamais mâché ses mots contre Donald Trump, donnera le coup d'envoi d'une semaine au cours de laquelle les démocrates s'efforceront de présenter un front uni. Barack Obama s'exprimera lui mercredi.

En difficulté dans les sondages, Donald Trump multiplie lui, les déplacements, et les attaques frontales contre celui qu'il affuble systématiquement du surnom moqueur de "Sleepy Joe" ("Joe l'endormi").

Lors d'arrêts dans le Minnesota, il a ironisé sur une convention où les discours de nombre de ténors du parti sont enregistrés à l'avance. "Rien de très excitant !", a-t-il lancé dans les rires, portant son emblématique cravate rouge.

"Le 3 novembre sera l'élection la plus importante de l'histoire de notre pays", a-t-il estimé, affirmant que Joe Biden voulait "abolir" l'"American way of life" et transformer les Etats-Unis en "un pays socialiste ennuyeux".

Passé maître dans l'art de la contre-programmation, le milliardaire républicain devait s'exprimer en fin de journée depuis le Wisconsin, quelques heures seulement avant l'épouse de son prédécesseur démocrate.

L'année électorale a été bouleversée par la pandémie de nouveau coronavirus, une profonde crise économique et une vague historique de colère contre le racisme et les brutalités policières.

Oubliée l'ambiance traditionnelle de ces grand-messes politiques qui marquent tous les quatre ans le coup d'envoi officiel de la campagne, attirant des milliers de membres survoltés des deux partis.

Dans une décision exceptionnelle, les démocrates ont annoncé qu'en raison de "l'aggravation de la pandémie", aucun intervenant ne viendrait parler en personne à la convention prévue jusqu'à jeudi à Milwaukee, dans l'Etat-clé du Wisconsin.

Dans cette ville en bord du lac Michigan, le Wisconsin Center ne devrait accueillir qu'une activité très réduite.

"Ils ne viennent pas au Wisconsin, ils organisent ça virtuellement, ils n'aiment pas le Wisconsin", dénonçait auprès de l'AFP Carol Green, 67 ans, casquette pro-Trump vissée sur la tête.

C'est donc par vidéo interposée que Michelle Obama devrait donner le ton lundi soir.

Dans son livre "Devenir", publié en 2019, elle expliquait qu'elle ne pourrait jamais pardonner à Donald Trump d'avoir pendant des années alimenté une théorie du complot à la "xénophobie sous-jacente" visant à mettre en doute la citoyenneté américaine de son mari.

Durant la campagne de 2016, lorsque Hillary Clinton portait les couleurs démocrates, elle avait dénoncé, la voix tremblante de colère, dans un discours resté célèbre, l'attitude "effrayante" de Donald Trump envers les femmes.

- "Bernie" à la tribune -

Le discours de la candidate à la vice-présidence tout nouvellement désignée, Kamala Harris, 55 ans sera aussi très attendu mercredi.

Sénatrice, ex-procureure, cette fille d'immigrés jamaïcain et indienne est la première candidate à la vice-présidence noire et originaire du sud de l'Asie choisie par un grand parti.

Grand rival de Joe Biden dans la primaire, le sénateur indépendant Bernie Sanders fera un discours lundi soir et la jeune star du Congrès, Alexandria Ocasio-Cortez, aura droit à... une minute mardi.

Egalement au calendrier: l'ancien président Bill Clinton (mardi) et Hillary Clinton (mercredi).

La convention s'achèvera jeudi avec le discours Joe Biden qui, près d'un demi-siècle après sa première élection au Sénat, acceptera officiellement la nomination de son parti pour défier le milliardaire républicain.

Les démocrates n'avaient pas choisi le Wisconsin au hasard: Donald Trump avait créé la surprise en remportant en 2016 cet Etat avec une très courte avance, lui ouvrant les portes, avec d'autres victoires sur le fil dans des Etats du Midwest, de la Maison Blanche.

Beaucoup de "Wisconsinites" démocrates déplorent encore que Hillary Clinton n'y ait pas fait campagne.

S'il comprend les précautions sanitaires, Stephen Weiser, chef des démocrates du comté de Juneau, qui avait basculé en faveur de Donald Trump après avoir voté deux fois pour Barack Obama, s'inquiète d'une nouvelle absence de Joe Biden dans le Wisconsin d'ici le scrutin.

"Il faut qu'il vienne", déclare-t-il à l'AFP. Son équipe "devrait bien trouver le moyen qu'il vienne pour 24 heures, ou 10 heures, ou au moins quelque chose."

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