Mike Pompeo en Israël au premier jour d'une tournée au Moyen-Orient

Publié le à Jérusalem (AFP)

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a entamé lundi en Israël une tournée au Moyen-Orient pour tenter de convaincre des pays arabes de normaliser leurs relations avec l'Etat hébreu dans la foulée d'un accord avec les Emirats arabes unis.

Arrivé en Israël le visage barré d'un masque sanitaire aux couleurs du drapeau américain, M. Pompeo a commencé ses entretiens à Jérusalem avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui devaient être axés sur l'Iran et "l'approfondissement" des relations entre Israël et des pays arabes selon son porte-parole à Washington.

Il doit aussi s'entretenir avec son homologue Gabi Ashkenazi et le ministre de la Défense Benny Gantz.

Depuis l'annonce le 13 août de l'accord de normalisation entre les Emirats et Israël, conclu sous l'égide des Etats-Unis, les spéculations vont bon train sur les autres candidats possibles à une normalisation avec l'Etat hébreu: Bahreïn, Oman, Soudan?

Après Israël, M. Pompeo doit se rendre à Khartoum pour "exprimer son soutien à un approfondissement des relations Israël-Soudan" et à la "transition" politique dans ce pays qui a tourné la page en 2019 de trois décennies sous l'autocratie d'Omar el-Béchir, selon le porte-parole américain.

Puis il doit aller à Bahreïn et aux Emirats.

"Il y a de nombreux pays offrant des possibilités (de paix). Je ne veux nommer aucun en particulier (...) mais nous espérons des développements très rapidement, dans les semaines ou mois à venir", a déclaré ce week-end Ron Demer, ambassadeur israélien à Washington, sur la chaîne Al-Arabiya.

A la faveur de la normalisation, Israël et les Emirats ont dit vouloir multiplier les échanges commerciaux, la vente de pétrole émirati à Israël et de technologie israélienne aux Emirats, en plus de doper le secteur du tourisme, avec des projets de vols directs entre Tel-Aviv et Dubaï et Abou Dhabi.

M. Netanyahu a dit souhaiter que ces vols traversent l'espace aérien de l'Arabie saoudite mais le royaume saoudien a exclu tout accord avec Israël avant un règlement de paix israélo-palestinien.

- "Briser le silence" -

Le plan Trump pour le Moyen-Orient annoncé en janvier prévoit une coopération entre Israël et des pays arabes hostiles à l'Iran, ennemi juré de l'Etat hébreu, ainsi que l'annexion de pans de la Cisjordanie par Israël.

Les Emirats assurent que l'accord avec Israël prévoit de "mettre fin à toute annexion supplémentaire" en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967. M. Netanyahu affirme que l'annexion est simplement "reportée".

La direction palestinienne a dénoncé un "coup de poignard dans le dos" après l'accord conclu par les Emirats.

Les Palestiniens, du Fatah laïc de Mahmoud Abbas aux islamistes du Hamas, tentent de mobiliser des puissances régionales pour faire obstacle à la normalisation.

Au pouvoir à Gaza, territoire palestinien de deux millions d'habitants, le Hamas a appelé les leaders régionaux à "briser le silence" et faire pression sur Israël pour "mettre fin" au blocus imposé sur cette enclave.

La "normalisation" avec Israël contribue au "maintien des crimes et des violations" contre les Palestiniens, a-t-il soutenu, après de nouveaux échanges de tirs avec l'armée israélienne dans et autour de Gaza.

La normalisation "permettra de changer la trajectoire de la région, d'un passé d'hostilités et de conflits à un autre d'espoir, de paix et de prospérité", a plaidé Youssef al-Otaïba, ambassadeur des Emirats à Washington, dans une lettre publiée la semaine dernière en Une du journal Yediot Aharonot, le plus vendu en Israël.

Mais il a aussi prévenu que des "difficultés" pourraient survenir, sans toutefois remettre selon lui en cause l'accord.

- Supériorité technologique -

Un sujet reste particulièrement sensible pour Israël: la vente possible d'avions de combat F-35 par les Etats-Unis aux Emirats.

Ces derniers disposent d'une soixantaine de Mirage 2000, un avion de combat polyvalent, mais selon le New York Times l'administration Trump a "accéléré" son offensive pour vendre des F-35 de nouvelle génération aux Emirats.

Historiquement, Israël s'oppose à la vente de F-35 aux autres pays du Moyen-Orient, y compris à la Jordanie et à l'Egypte -pays avec lesquels il a signé des accords de paix-, car il veut maintenir sa supériorité technologique dans la région.

M. Netanyahu a soutenu que l'accord avec les Emirats n'incluait pas de clause concernant le F-35.

"Les Emiratis disent qu'il y a eu une promesse, Israël dit non (...) mais il y a des arrangements qui peuvent être réalisés pour satisfaire Israël", explique à l'AFP Joshua Teitelbaum, spécialiste du Golfe à l'université israélienne Bar-Ilan.

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