Mise en service d'un nouvel oléoduc controversé entre le Canada et les Etats-Unis

Publié le à Montréal (AFP)

Le nouvel oléoduc controversé du groupe Enbridge, baptisé "Line 3" et qui transportera du pétrole de l'ouest canadien vers le nord des Etats-Unis, va entrer en service vendredi après des années de construction.

"Nous sommes ravis de voir bientôt ce projet dans notre rétroviseur", a expliqué mercredi à l'AFP Mike Fernandez, vice-président d'Enbridge, ajoutant que "le processus a été long" pour cet oléoduc et soulignant qu'"il y a une demande" pour les hydrocarbures qu'il convoiera.

Plus tôt cette année, son chantier avait été brièvement bloqué aux Etats-Unis par des militants écologistes et des membres de la communauté autochtone, qui craignaient des fuites de pétrole dans les rivières.

"Avec une nouvelle tuyauterie de pointe à paroi plus épaisse, le pipeline assure un approvisionnement sûr et fiable aux raffineries américaines", a affirmé par communiqué l'entreprise, basée à Calgary, dans l'ouest du Canada.

La "Line 3" remplace un ancien oléoduc et devrait quasiment doubler sa capacité de transport de pétrole, à 760.000 barils de pétrole par jour. Elle suit le même tracé sur environ les deux tiers de sa longueur (1.765 km).

"C'est une nouvelle fantastique pour l'économie de l'Alberta et les milliers de travailleurs du secteur énergétique", s'est réjoui dans une vidéo publiée sur Twitter le premier ministre de cet Etat canadien, Jason Kenney, fervent défenseur de l'industrie pétrolière.

Il s'agit du "premier nouveau projet de pipeline canadien à être mis en service depuis 2010", a pour sa part noté sa ministre de l'Energie, Sonya Savage.

Les projets d'oléoducs en Amérique du Nord se sont récemment heurtés à une forte opposition car ils n'ont "plus d'acceptabilité sociale", selon Pierre-Olivier Pineau, professeur spécialisé en politiques énergétiques à HEC Montréal.

Mais la "Line 3" est un projet "moins controversé" et moins connu que, par exemple, Keystone XL, Trans Mountain ou encore Énergie Est, rappelle cet expert.

Pour Greenpeace, l'aboutissement de cet oléoduc est "un échec majeur" de l'administration Biden.

"La science est claire: nous devons mettre fin à tous nouveaux projets d'énergies fossiles si nous voulons limiter les impacts de la crise climatique", a réagi Janet Redman, directrice de la campagne climatique de l'ONG aux Etats-Unis.

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