Musulmans tués par une voiture-bélier au Canada: une "attaque terroriste" selon Trudeau

Publié le à Ottawa (AFP)

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a dénoncé mardi une "attaque terroriste" à caractère "islamophobe", après la mort dimanche soir de quatre membres d'une famille musulmane délibérément fauchés par le conducteur d'un pick-up à London, dans l'Ontario.

"Cette tuerie n'était pas un accident. C'était une attaque terroriste, motivée par la haine, au cœur de l'une de nos communautés", a commenté M. Trudeau lors d'un discours devant la Chambre des Communes.

L'auteur de l'attaque, arrêté peu après les faits, a été inculpé de quatre chefs de meurtre avec préméditation et plusieurs dirigeants de la communauté musulmane ont appelé la justice à qualifier cet acte de terrorisme.

Un garçon de neuf ans de cette même famille a également été hospitalisé dans un état grave à la suite de l'attaque, survenue dimanche soir dans la ville de London, à 200 km au sud-ouest de Toronto.

"On espère tous que le petit garçon pourra se remettre de ses blessures rapidement. Même si on sait qu'il vivra longtemps avec la tristesse, l'incompréhension et la colère causées par cette attaque lâche et islamophobe", a ajouté le chef du gouvernement canadien.

Le Premier ministre a rappelé que plusieurs attaques contre la communauté musulmane avaient été perpétrées au Canada depuis la fusillade de la mosquée de Québec qui avait fait six morts en 2017.

"Ils ont tous été visés en raison de leur foi musulmane", a-t-il souligné. "Ça se passe ici, au Canada, et ça doit cesser", a ajouté M. Trudeau, promettant notamment de renforcer la lutte contre les groupes racistes d'extrême-droite.

Aux Communes, les principaux dirigeants de partis ont condamné cette attaque et les actes d'"islamophobie" qui se sont multipliés ces dernières années dans ce pays longtemps réputé pour sa tolérance.

- Veillée funèbre -

Parmi eux, le dirigeant du parti d'opposition NPD, Jagmeet Singh, s'est montré le plus virulent.

"La réalité, c'est que notre Canada est un lieu de racisme et de violence, de génocide envers les peuples autochtones", a martelé M. Singh, qui est sikh. "C'est un endroit où les musulmans ne sont pas en sécurité", a-t-il ajouté, très ému.

Ce drame a provoqué émotion et colère au sein de la communauté musulmane canadienne. Une veillée funèbre est prévue mardi en début de soirée à la mosquée de London, en hommage aux victimes. MM. Trudeau et Singh ainsi que le chef de l'opposition conservatrice Erin O'Toole ont notamment prévu d'y participer.

La police de London avait affirmé lundi que le suspect, Nathaniel Veltman, 20 ans, avait délibérément foncé sur une famille musulmane avec son pick-up dans le cadre d'un acte "prémédité et planifié, motivé par la haine".

Dirigeants politiques et communautaires ont salué la mémoire d'une famille originaire du Pakistan et devenue partie intégrante de London, ville d'environ 500.000 habitants.

L'attaque a coûté la vie à trois générations d'une même famille: une grand-mère de 74 ans, un couple de 46 et 44 ans et leur fille de 15 ans. Un garçon de neuf ans a été hospitalisé dans un état grave, mais sa vie n'était pas en danger, selon les autorités.

Au carrefour où la famille a été fauchée dimanche soir, de nombreux passants ont déposé depuis lundi soir fleurs et peluches.

L'attaque a ravivé le souvenir douloureux d'une fusillade de masse dans une mosquée de Québec en janvier 2017, considérée comme l'une des pires attaques du genre dans un pays occidental, avant celle de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, en 2019.

Un suprémaciste canadien, Alexandre Bissonnette, âgé alors de 27 ans, avait ouvert le feu sur les fidèles rassemblés à la mosquée de Québec, tuant six personnes et en blessant grièvement cinq autres.

Le tireur a été condamné à la prison à vie.

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