Nouveau blocage américain à l'ONU sur un projet de déclaration sur le conflit israélo-palestinien

Publié le à Nations unies (Etats-Unis) (AFP)

Les Etats-Unis se sont opposés lundi, pour la troisième fois en une semaine, à l'adoption d'une déclaration du Conseil de sécurité de l'ONU appelant à "une cessation des violences" entre Israéliens et Palestiniens, poussant à la convocation mardi d'une nouvelle réunion d'urgence à huis clos.

Le texte rédigé par la Chine, la Tunisie et la Norvège avait été remis dimanche soir aux 15 membres du Conseil de sécurité pour approbation lundi. Les Etats-Unis ont indiqué qu'ils "ne pouvaient pas soutenir pour le moment une expression" du Conseil de sécurité, a dit à l'AFP un diplomate.

Selon d'autres sources, le Mexique et le Royaume-Uni ont proposé des amendements au texte sans toutefois s'opposer à une adoption.

Sur son compte Twitter, la mission diplomatique norvégienne a annoncé qu'une nouvelle réunion en urgence du Conseil de sécurité, à huis clos, se tiendrait mardi en milieu de journée. "La situation sur le terrain continue de se détériorer. Des civils innocents continuent d'être tués et blessés. Nous répétons: cessez le feu. Mettez fin aux hostilités maintenant", indique son message.

Il s'agira de la quatrième réunion du Conseil de sécurité depuis le 10 mai, sans qu'aucune position commune n'ait pu être arrêtée à cause des réticences américaines.

Interrogé sur le nouveau refus des Etats-Unis d'entériner un texte commun, le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, a souligné l'importance de l'affirmation d'une position unie du Conseil face au conflit. "Je voudrais vraiment réaffirmer la nécessité d'une voix très forte et unifiée du Conseil de sécurité qui, à notre avis, aura du poids", a-t-il dit lors de son point-presse quotidien.

L'Assemblée générale de l'ONU tiendra jeudi à 14H00 GMT un débat public en personne sur le conflit israélo-palestinien, a annoncé pour sa part le porte-parole de l'Assemblée générale de l'ONU, Brenden Varma. Selon des diplomates, cette session se tiendra à un niveau ministériel et plusieurs responsables gouvernementaux ont déjà annoncé vouloir y participer.

Cette session, qui ne devrait pas donner lieu à l'adoption d'un texte, a été demandée par le Niger et l'Algérie, en leur capacité respective de présidents en exercice de l'Organisation de la Coopération Islamique et du Groupe arabe à l'ONU, a précisé le porte-parole lors du même point-presse.

Le projet de texte soumis au Conseil de sécurité, obtenu par l'AFP, appelait à "la protection des civils, notamment les enfants", exprimait "la grave préoccupation" du Conseil face à la crise et critiquait les "possibles expulsions" de familles palestiniennes à Jérusalem-Est.

- "Pertinence du Conseil" -

La déclaration saluait aussi les efforts internationaux pour une désescalade, sans mentionner les Etats-Unis, et réitérait le soutien du Conseil à une solution négociée en faveur de deux Etats, Israël et la Palestine, vivant "côte à côte en paix" dans des "frontières reconnues et sécurisées".

En une semaine, le Conseil de sécurité a tenu trois réunions d'urgence sur le conflit, la dernière dimanche, sans parvenir à une position commune.

Premier soutien d'Israël, Washington, isolé, avait expliqué lors de ses deux premiers rejets considérer qu'un texte serait "contre-productif" vis-à-vis de ses efforts de médiation dans la région.

Lundi, lors d'une conférence de presse à Copenhague, le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken a assuré ne pas faire obstacle à la diplomatie, comme l'en a accusé la Chine, tout en demandant aux deux parties de "protéger les civils" et les enfants.

"La question est de savoir si une action donnée ou une déclaration donnée, en fait, en pratique, fera progresser les perspectives de mettre fin à la violence ou non, et c'est le jugement que nous devons faire à chaque fois", a-t-il dit.

Le refus des Etats-Unis d'accepter une position unie du Conseil de sécurité suscite l'incompréhension de leurs partenaires.

"Nous demandons simplement aux Etats-Unis de soutenir une déclaration du Conseil de sécurité qui dirait des choses similaires à celles qui sont dites bilatéralement par Washington", relève un ambassadeur sous couvert de l'anonymat.

Ce week-end, un autre ambassadeur avait déjà exprimé ses interrogations. "C'est un peu étrange si l'on pense à l'attente que nous avions tous d'un retour des Américains dans la diplomatie multilatérale", a-t-il dit à l'AFP, également sous couvert de l'anonymat.

"Nous avions pensé aussi que les Etats-Unis seraient désireux de montrer la pertinence du Conseil de sécurité dans des situations comme celle-ci", avait-il ajouté.

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