Nouveau record de décès en Espagne dus au virus, qui se propage aux Etats-Unis

Publié le à Madrid (AFP)

La pandémie de Covid-19 se propage rapidement aux Etats-Unis, où Donald Trump a renoncé à isoler New York, tout en continuant ses ravages en Europe où l'on compte les deux tiers des 31.000 décès mondiaux et où l'Espagne a annoncé dimanche un nouveau record de plus de 800 morts en 24 heures.

Faute de vaccin ou de traitement éprouvé, plus de trois milliards de personnes sur tous les continents sont toujours confinées.

Entre samedi et dimanche, l'Espagne a enregistré 838 morts, nouveau chiffre record de décès en 24 heures, pour le troisième jour consécutif.

Le pays, qui compte désormais plus de 6.500 morts, va durcir ses règles de confinement en vigueur depuis la mi-mars, déjà parmi les plus strictes: un conseil des ministres extraordinaire doit approuver dimanche l'arrêt pour deux semaines de toutes les activités économiques "non essentielles", dont les salariés devront rester chez eux.

Pays le plus touché au monde, l'Italie recense depuis samedi plus de 10.000 morts (+889 en 24 heures). Cependant, le confinement commence à y montrer ses premiers effets, la contagion poursuivant son lent ralentissement.

"Dans tous les services d'urgences, on enregistre une réduction" des arrivées de patients, selon Giulio Gallera, responsable de la santé de la région septentrionale de Lombardie, la plus touchée, "dans quelques-uns, elle est légère, dans d'autres plus marquée".

Alors que le pays vit sa troisième semaine de confinement, le gouvernement va distribuer des bons alimentaires aux plus démunis, particulièrement touchés par l'arrêt de l'économie.

Sur l'île italienne de Sicile, des policiers sont positionnés devant les supermarchés pour prévenir tout pillage, depuis que des clients ont tenté de sortir sans payer d'un supermarché, expliquant ne plus avoir d'argent.

- "désespoir et solidarité" -

Outre-Atlantique, la propagation du virus s'accèlère fortement: le nombre de décès a doublé aux Etats-Unis depuis mercredi, franchissant la barre des 2.000 samedi.

Le pays compte le plus grand nombre de cas confirmés au monde - plus de 121.000 - dont près de la moitié dans l'Etat de New York (Nord-Est), que le président Trump a envisagé de placer, avec sa métropole emblématique, en quarantaine, ainsi que l'Etat voisin du New Jersey, avant d'y renoncer.

A la demande de M. Trump, le Centre de contrôle des maladies (CDC), autorité de santé nationale, a finalement demandé "instamment aux habitants de New York, du New Jersey et du Connecticut d'éviter tout voyage non essentiel (dans le pays) durant les 14 prochains jours, avec effet immédiat".

Un bébé de moins d'un an, une des plus jeunes victimes connues du Covid-19 qui épargne généralement les enfants, est par ailleurs décédé samedi, dans l'Etat américain de l'Illinois.

A New York, comme dans de nombreux endroits du monde, médecins et personnels soignants sont considérés comme des héros, en première ligne de cette "guerre" contre la pandémie, mais sont confrontés à une pénurie d'équipements.

"Il y a à la fois un sentiment de désespoir et de solidarité entre nous. Tout le monde a peur, on essaie de s'épauler", a confié à l'AFP Diana Torres, 33 ans, infirmière dans un hôpital new-yorkais.

Confrontée à un afflux de malades dans les hôpitaux et à une pénurie de matériel qui s'annonce, la France (2.314 morts, dont 319 ces dernières 24 heures) a commandé un milliard de masques et compte passer à 14.000 lits en services de réanimation contre 5.000 initialement.

- "Volontaires médicaux" -

L'épidémie s'accélère aussi au Royaume-Uni, où le bilan a franchi samedi soir la barre des 1.000 morts, avec 260 nouveaux décès en une seule journée.

"Nous savons que les choses vont s'aggraver avant qu'elles ne s'améliorent", a prévenu le Premier ministre Boris Johnson, lui-même contaminé, dans une lettre qui sera envoyée à ses concitoyens. Il les y exhorte à respecter le confinement général mis en place lundi soir pour trois semaines.

Les Britanniques doivent "se préparer à une longue période" de confinement, a pour sa part averti un des ses ministres, Michael Gove.

Les autorités iraniennes ont demandé à la population de rester confinée, et ont prévenu que les restrictions de déplacement allaient devoir être prolongées, alors que 123 décès supplémentaires ont été enregistrés en 24 heures dans le pays, l'un des plus touchés au monde avec plus de 2.600 décès.

La Chine, berceau de l'épidémie, dont elle semble avoir endigué la progression sur son territoire, a temporairement fermé depuis samedi ses frontières à la plupart des étrangers et réduit drastiquement ses vols internationaux pour prévenir un retour du coronavirus via des cas "importés".

La Russie, dernier pays de premier plan à n'avoir encore pris aucune mesure de confinement généralisé, bouclera ses frontières à partir de lundi, après avoir ordonné la fermeture des restaurants et de la plupart de ses commerces avant une semaine chômée. En conséquence, les rues de Moscou étaient inhabituellement désertes samedi.

A Moscou, pour aider les plus isolés, des volontaires se sont organisés. Pour la plupart étudiants en médecine, ils prennent les commandes par téléphone et apportent les courses à domicile.

Dans les pays les plus pauvres, notamment en Afrique, les restrictions de déplacement et d'activité sont compliquées à mettre en oeuvre et provoquent une vague d'exode urbain, notamment au Kenya et à Madagascar.

Des centaines de Malgaches partent à pied en file indienne, laissant derrière eux la capitale Antananarivo. "On a arrêté de travailler pour respecter la discipline du confinement, alors qu'on doit manger et nourrir nos enfants", explique Richard Rakotoarisoa, père de famille de 30 ans. "Pour moi, c'était être indiscipliné ou partir" d'Antananarivo.

En Afrique du Sud, la police a tiré samedi des balles en caoutchouc pour disperser des centaines de personnes qui se pressaient devant un commerce de Johannesburg, en violation du confinement.

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