Nouvelle-Zélande: John Key, l'orphelin devenu multi-millionnaire

Publié le à Wellington (AFP)

John Key, le Premier ministre néo-zélandais sortant qui a remporté les législatives de samedi et va effectuer un troisième mandat, est un ancien banquier d'affaires, réputé pour sa ténacité et son ambition: fils d'une veuve désargentée, il est aujourd'hui multi-millionnaire.

Enfant, il caressait deux rêves: faire fortune et devenir Premier ministre.

A 53 ans, cet homme affable et souriant, élevé dans un logement social de Christchurch, la grande ville de l'Ile du Sud meurtrie par un séisme en 2011, a réussi, et le clame haut et fort.

"Ma carrière était prospère et, oui, effectivement, j'ai fait de l'argent. Mais je connais aussi l'autre rive, celle de la pauvreté", disait-il en 2008.

Avec une fortune de plusieurs dizaines de millions de dollars amassée en travaillant pour Merill Lynch, John Key pouvait se retirer ou poursuivre une brillante carrière au poste de directeur des marchés pour la banque d'investissement américaine.

Mais en 2001, il décide de réaliser son rêve de prendre les commandes de la Nouvelle-Zélande. Elu au parlement en 2002, il est nommé deux ans plus tard porte-parole pour les finances du Parti national (centre-droit), alors sous la responsabilité de Don Brash, un ancien directeur de la Banque centrale.

L'année suivante, alors que le Premier ministre travailliste Helen Clark remporte de justesse les élections législatives, John Key prend la direction du parti.

Il est finalement conduit à la tête du gouvernement en 2008 grâce à la victoire de sa formation aux législatives qui met fin à neuf ans de règne travailliste.

Avides d'alternance, les Néo-Zélandais ont certes refusé un quatrième mandat à Helen Clark, mais ils ont aussi succombé au charme décontracté de John Key.

L'humeur toujours affable de John Key n'éclipse pas une détermination d'acier et une capacité remarquable à apprendre chez cet homme qui a étudié à Harvard sans en sortir diplômé.

Ces qualités sont utiles dans l'adversité, et elles ont aidé les Néo-Zélandais à se relever des séismes qui ont dévasté Christchurch et fragilisé davantage l'économie du pays, affirme crânement John Key.

"J'ai toujours été un verre à moitié plein, plutôt qu'un verre à moitié vide (...). Je pense que cette personnalité aide la Nouvelle-Zélande à traverser des moments difficiles", avance-t-il.

Après six ans de pouvoir, sa cote de popularité frise toujours les 70%... Et c'est en économiste-en-chef qu'il s'est présenté à ces législatives dans son discours inaugural de campagne fin août: "L'économie croît. Les salaires augmentent. Le nombre de bénéficiaires de prestations sociales diminue. La criminalité chute. Et cette année, je suis fier de dire que les comptes du gouvernement seront excédentaires".

John Key a rencontré sur les bancs du collège celle qui est aujourd'hui son épouse, Bronagh, et la mère de ses deux enfants.

Occasionnellement, il pratique le golf. Selon des propos qu'auraient tenus sa soeur, dès l'âge de dix ans, John Key avait dans l'idée de pratiquer ce sport, qu'il jugeait utile pour réussir dans les affaires. Et naturellement, comme tout "Kiwi" qui se respecte, il aime le rugby.

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