Omicron: face à la grogne de sa majorité, le gouvernement britannique défend son tour de vis

Publié le à Londres (AFP)

Déjà empêtré dans une série de scandales, le gouvernement du Premier ministre britannique Boris Johnson chercheait mardi à calmer la fronde des députés de sa majorité contre les mesures visant à enrayer la flambée du variant Omicron.

Le Royaume-Uni, l'un des pays d'Europe les plus touchés par la pandémie avec presque 146.500 morts, est confronté à un "raz-de-marée", selon M. Johnson, de cas liés au nouveau variant très transmissible du coronavirus, qu'il tente d'endiguer avec une campagne de rappel vaccinal d'une ampleur sans précédent.

Pour éviter que les hôpitaux ne soient submergés dans les prochaines semaines, Boris Johnson a annoncé de nouvelles restrictions: port du masque en intérieur, tests quotidiens pour les cas contact, télétravail et passe sanitaire obligatoire dans les grands événements.

Mais une soixantaine de députés conservateurs menacent de s'opposer à certaines de ces mesures débattues mardi au Parlement, qu'ils jugent liberticides et néfastes pour l'économie. Si l'aide de l'opposition travailliste devrait permettre leur adoption, cette rébellion risque de fragiliser davantage un Premier ministre déjà sur la corde raide.

"Je suis convaincu que ces mesures sont équilibrées et proportionnées", a défendu le ministre de la Santé Sajid Javid devant les députés, soulignant que ces restrictions étaient "beaucoup moins" drastiques "que celles instaurées dans la plupart des pays d'Europe".

"Je peux assurer la Chambre que nous réexaminerons ces mesures et que nous ne les maintiendrons pas un jour de plus que nécessaire", a-t-il promis.

Afin de donner des assurances aux élus en colère contre le tour de vis, Sajid Javid a annoncé mettre fin dès mercredi aux très dures restrictions imposées aux arrivées de 11 pays africains, dont l'Afrique du Sud, évitant ainsi une coûteuse quarantaine à l'hôtel aux résidents britanniques qui en reviennent.

- Craintes pour Noël -

Cette révolte ne pourrait pas tomber plus mal pour Boris Johnson.

Deux ans après sa victoire électorale historique avec la promesse de réaliser le Brexit, le Premier ministre voit sa popularité dans les sondages s'effondrer et fait face à de nombreux appels à la démission après une série de scandales.

Les Britanniques lui reprochent une série d'événements tenus à Downing Street en décembre 2020, quand ils étaient priés de limiter à l'extrême leurs interactions sociales: un quiz en ligne auquel a participé Boris Johnson, entouré de collaborateurs, et une fête réunissant une partie du personnel.

Cette série de révélations liées aux règles sanitaires nuisent à sa crédibilité, au moment où il espère en imposer de nouvelles. Elles s'ajoutent aussi à des accusations de corruption et pourraient encourager les appels à un vote de défiance au sein du Parti conservateur.

Le Premier ministre a en effet été rappelé à l'ordre jeudi au sujet de la coûteuse rénovation de son logement à Downing Street, à l'aide d'un don privé.

Boris Johnson avait aussi suscité l'indignation en essayant de modifier les règles disciplinaires du Parlement au profit d'un député conservateur, Owen Paterson, menacé de sanctions pour conflit d'intérêts.

Une législative partielle prévue jeudi pour pourvoir le siège de M. Paterson, démissionnaire, prendra une tournure très symbolique.

Selon Robin Pettitt, spécialiste de la politique britannique, le bagou du Premier ministre - ancien journaliste et maire de Londres connu pour son style non conventionnel - pourrait lui permettre de surmonter un ou deux de ces scandales.

Mais si l'accumulation se poursuit, dit M. Pettitt à l'AFP, "le Parti conservateur a toujours été très impitoyable lorsqu'il s'agit de se débarrasser de dirigeants qui ne fonctionnaient pas".

En Écosse, qui édicte ses propres règles sanitaires, la Première ministre Nicola Sturgeon a aussi mis en garde contre une large augmentation des cas, indiquant que deux personnes portant le variant Omicron avaient déjà été hospitalisées.

"Nous ne vous demandons pas d'annuler ou changer vos projets pour Noël", a-t-elle affirmé, demandant toutefois aux Écossais de "limiter leurs interactions sociales à l'intérieur" à un maximum de trois foyers différents.

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