"Partygate": Boris Johnson attendu de pied ferme pour s'expliquer devant le Parlement

Publié le à Londres (AFP)

Accusé d'avoir participé à une fête dans les jardins de Downing Street en plein confinement, le Premier ministre britannique Boris Johnson doit s'expliquer mercredi lors d'une séance de questions devant le Parlement sous extrême tension.

Pour le chef du gouvernement, le "partygate" fait de ce rendez-vous hebdomadaire à la chambre des Communes, attendu à 12H00 (locales et GMT), l'un des plus difficiles depuis son arrivée au pouvoir en juillet 2019.

Confronté à une série de révélations en fin d'année dernière sur des fêtes organisées dans les cercles du pouvoir au mépris des règles sanitaires pour lutter contre le coronavirus en 2020, Boris Johnson se trouve acculé pour dire s'il était oui ou non présent à un pot organisé le 20 mai, comme l'affirment nombre de médias britanniques.

"La question est simple", a souligné sur la BBC la numéro deux de l'opposition travailliste Angela Rayner pour qui, si Boris Johnson a "menti aux Britanniques, menti au Parlement et été présent à des fêtes pendant le confinement", "sa position est intenable".

La révélation lundi soir par la chaîne ITV d'un mail envoyé à une centaine de personnes par le secrétaire en chef du Premier ministre, Martin Reynolds, ne laisse aucune équivoque quant à la nature de l'événement tenu le 20 mai 2020. "Apportez vos bouteilles", lançait l'invitation qui appelait à "profiter du beau temps" lors d'un pot "avec distanciation sociale" dans les jardins de la résidence du Premier ministre.

Une trentaine ou quarantaine de personnes avaient répondu à l'invitation, selon la presse, dont le chef du gouvernement et sa fiancée Carrie qu'il a épousée peu après. A cette époque, seules deux personnes étaient autorisées à se retrouver en extérieur.

La colère gronde de plus en plus fort dans les rangs du parti conservateur, où selon les médias certains estiment que la question n'est plus de savoir si Boris Johnson va devoir quitter le pouvoir, mais quand.

- Appels à la démission -

"Johnson perd le soutien des Tories", titre mercredi le conservateur Daily Telegraph, mettant notamment en avant l'appel à la démission lancé par le chef de file du parti en Ecosse, Douglas Ross, s'il s'avère que Boris Johnson a enfreint les règles et trompé le Parlement.

Le Times résume la position de membres du gouvernement d'appeler Boris Johnson à dire qu'il est "désolé", faute de quoi il les "condamnera tous".

Le populaire Daily Mail se demande quant à lui si "la fête est finie pour le Premier ministre", soulignant que le dirigeant conservateur traverse la crise la plus grave.

Interrogé avant la révélation du mail, Boris Johnson s'était contenté lundi dans un sourire gêné de renvoyer à l'enquête interne en cours qui porte sur plusieurs rassemblements qui auraient été organisés entre mai et décembre 2020. Il ne s'est pas exprimé depuis.

Deux ans après sa victoire électorale historique, Boris Johnson a vu sa popularité, longtemps inoxydable, chuter ces derniers mois.

Outre les fêtes, sa réputation a été ternie par des soupçons de mensonge sur le financement de la luxueuse rénovation de son appartement de fonction, d'attribution de contrats entre amis durant la pandémie ou encore d'accusations de favoritisme.

S'il continue de refuser de partir, un vote de défiance au sein du parti, nécessitant 54 lettres pour être déclenché, suffirait à le renverser. Peu probable dans l'immédiat, cette option n'est cependant plus taboue chez les conservateurs, peu enclins à s'embarrasser de dirigeants dans la tourmente et qui pourraient lui préférer le ministre des Finances Rishi Sunak ou la cheffe de la diplomatie Liz Truss.

Si cette crise autour du respect des règles apparaît comme la plus grave Pour Boris Johnson, elle est loin d'être la première.

Il a déjà été confronté aux tempêtes provoquées par le déplacement à travers l'Angleterre en plein confinement de son ex-conseiller Dominic Cummings et son ex ministre de la Santé Matt Hancock avait dû démissionner après avoir été filmé embrassant une collaboratrice, au mépris des règles anti-Covid.

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