Pas de répit à Gaza, en Israël et en Cisjordanie, l'offensive diplomatique s'intensifie

Publié le à Gaza (Territoires palestiniens) (AFP)

Bombardements israéliens et salves de roquettes du Hamas palestinien ont fait des morts supplémentaires mardi, et les violences se sont ravivées en Cisjordanie, au moment où la communauté internationale intensifie ses efforts pour tenter de faire cesser l'escalade meurtrière.

Les Palestiniens de Cisjordanie ont organisé mardi une journée de grève générale et de "colère" en solidarité avec Gaza, qui a été très largement suivie. En marge de ces rassemblements, qui ont dégénéré en affrontements avec l'armée, deux Palestiniens ont été tués et des soldats israéliens blessés par balle.

Depuis le début du nouveau cycle de violences armées entre l'Etat hébreu et des groupes de Gaza le 10 mai, au moins 230 personnes, en grande majorité des Palestiniens, ont été tuées.

Les raids israéliens se sont poursuivis sur l'enclave palestinienne de la bande de Gaza, laissant de plus en plus d'immeubles éventrés, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Il n'y a plus d'électricité ni d'eau, plus de toit, les vitres et les portes sont cassées", a témoigné Kamal Harzallah, dont la maison a été détruite dans un bombardement.

A peine ouvert quelques heures, le point de passage de Kerem Shalom a été refermé mardi par Israël après des tirs d'obus palestiniens, faisant faire demi-tour aux camions de l'aide internationale chargés de vivres, de médicaments et d'essence.

La France a demandé mardi à Israël de "garantir l'accès rapide et sans entrave de l'aide à Gaza", après la fermeture de ce point de passage crucial, a indiqué le Premier ministre Jean Castex devant l'Assemblée nationale.

- 40.000 déplacés -

A la crise sécuritaire s'ajoute le risque d'une crise humanitaire, avec près de 40.000 Palestiniens déplacés et 2.500 personnes ayant perdu leur maison dans les bombardements, et un risque de pénurie alimentaire et sanitaire, selon les agences humanitaires internationales.

Côté israélien, deux ouvriers thaïlandais ont été tués dans l'après-midi par des tirs de missiles depuis Gaza vers le sud du pays, a annoncé la police.

En neuf jours, 3.500 roquettes ont été tirées dont environ 90% ont été interceptées par le système de défense anti-aérien israélien, selon l'armée.

Depuis le début des hostilités armées, 213 Palestiniens ont été tués à Gaza, dont au moins 61 enfants, et plus de 1.440 blessés, selon un bilan palestinien.

En Israël, douze personnes ont été tuées, dont un enfant, et 294 blessées par des tirs de roquettes.

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir une quatrième fois en urgence mardi, alors que les Etats-Unis refusent toujours l'adoption d'une déclaration appelant à "une cessation des violences".

Le président américain Joe Biden a exprimé pour la première fois son soutien à un "cessez-le feu", lors d'un nouvel entretien téléphonique lundi avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Nous continuerons le temps qu'il faudra pour ramener la tranquillité aux citoyens d'Israël", a toutefois martelé M. Netanyahu.

- Diplomatie "discrète" -

Le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, a menacé de tirer de nouvelles roquettes vers Tel-Aviv si l'aviation israélienne ne cessait "pas de cibler des civils", tandis que ses missiles visaient par dizaines le sud d'Israël.

L'armée israélienne a dit avoir ciblé ce qu'elle appelle "le métro" --des tunnels souterrains permettant selon Israël au mouvement islamiste de faire circuler ses munitions-- ainsi que des maisons de commandants du Hamas, affirmant que certaines servaient à "stocker des armes".

Sur le front diplomatique, le président palestinien Mahmoud Abbas a plaidé devant l'émissaire américain Hady Amr en visite en Cisjordanie pour une "intervention" de Washington.

La porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki a défendu l'approche diplomatique "discrète" mais "intensive" de Washington.

Plusieurs canaux de médiation ont été ouverts. Les présidents français et égyptien Emmanuel Macron et Abdel Fattah Al-Sissi, qui travaillent à une médiation, ont de nouveau discuté mardi avec en plus le roi Abdallah II de Jordanie, selon la présidence française. Une seconde médiation est également en cours, via l'ONU, aidé du Qatar et de l'Egypte.

Bruxelles compte se pencher à son tour sur le conflit, lors d'une visio-réunion d'urgence des ministres européens des Affaires étrangères prévue mardi.

Le conflit a éclaté après le tir d'un barrage de roquettes du Hamas sur Israël en solidarité avec les centaines de manifestants palestiniens blessés dans des heurts avec la police israélienne sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est. A l'origine des violences, la menace d'expulsion de familles palestiniennes au profit de colons israéliens dans ce secteur palestinien occupé par Israël depuis plus de 50 ans.

La dernière grande confrontation entre Israël et le Hamas remontait à l'été 2014. Le conflit de 51 jours avait ravagé la bande de Gaza et fait au moins 2.251 morts côté palestinien, pour la plupart des civils, et 74 côté israélien, quasiment tous des soldats.

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